Naissance
28 mai 1738
Saintes (17), France
Décès
26 mars 1814
Nationalité
Astrologie

Biographie

Joseph-Ignace Guillotin, médecin et homme politique français né en 1738 à Saintes, est connu pour avoir fait adopter sous la Révolution la décapitation mécanique comme mode unique d'exécution. Opposé à la peine de mort, il n'inventa pas la machine qui porta son nom contre son gré.


Parcours

Formé chez les jésuites de Bordeaux, où il obtient son baccalauréat après sept années d'études théologiques, Joseph-Ignace Guillotin enseigne d'abord au collège des Irlandais avant d'abandonner la soutane pour la médecine en 1763. Il étudie à Reims puis à Paris grâce à des bourses, devient docteur régent en 1770 et enseigne l'anatomie, la physiologie et la pathologie à la Faculté de médecine de Paris de 1778 à 1783. En cabinet, il partage avec Jean-Paul Marat la clientèle des frères du roi, le comte de Provence, futur Louis XVIII, et le comte d'Artois, futur Charles X. Initié à la franc-maçonnerie en 1772, il devient membre de la loge des Neuf Sœurs, où il côtoie les peintres Jean-Baptiste Greuze et Claude Joseph Vernet, et joue un rôle dans la formation du Grand Orient de France.

Élu député du tiers état de Paris aux États généraux de 1789, il propose la réunion des députés dans la salle du Jeu de paume lorsqu'ils trouvent leur salle fermée. Président du comité de salubrité de l'Assemblée constituante, il présente le 1er décembre 1789, avec l'appui de Mirabeau, un projet de réforme pénale instaurant l'égalité des peines et demandant une machine substituée à la main du bourreau. La loi de 1791 retient ce principe. L'appareil est mis au point en 1792 par le chirurgien Antoine Louis, et le voleur Nicolas Jacques Pelletier devient la première personne exécutée. Le journal royaliste Les Actes des Apôtres baptise l'engin « guillotine » contre la volonté du médecin, qui s'en désolera jusqu'à sa mort.


Repères chronologiques

1738 : naissance à Saintes, neuvième de treize enfants
1770 : reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris
1772 : initiation à la loge maçonnique la Parfaite Union d'Angoulême
1778 : enseigne l'anatomie et la pathologie à Paris jusqu'en 1783
1788 : rédaction de la Pétition des citoyens domiciliés à Paris
1789 : élu député du tiers état aux États généraux
1789 : discours du 1er décembre sur l'égalité des peines
1791 : adoption du principe de la décapitation unique dans le Code pénal
1792 : première exécution par la machine d'Antoine Louis
1794 : emprisonné sous la Terreur, puis libéré après le 9 Thermidor
1805 : préside le Comité central de vaccine, reçu par le pape Pie VII
1814 : mort à Paris d'une infection


Vie personnelle et engagements

Joseph-Ignace Guillotin est le neuvième des treize enfants de Joseph-Alexandre Guillotin, avocat en la Cour et conseiller du roi en l'élection de Saintes, et de Catherine-Agathe Martin. Une légende familiale veut qu'il soit né prématurément, sa mère ayant entendu les cris d'un condamné supplicié près d'une place de Saintes. Formé chez les jésuites de Bordeaux, il épouse à Paris, à la paroisse Saint-Victor, Marie Louise Saugrain, sœur du scientifique Antoine Saugrain. Le couple n'eut pas d'enfant. À sa mort, il laissa son épouse donataire universelle et sa sœur Marie-Marguerite-Agathe-Monique Guillotin pour seule héritière.

Engagé dans les cercles maçonniques empreints de rationalité comme celui des Philalèthes, Guillotin fréquente la loge des Neuf Sœurs aux côtés de figures intellectuelles de son temps. En 1784, Louis XVI le nomme dans une commission présidée par Benjamin Franklin chargée d'évaluer le magnétisme animal de Franz Anton Mesmer. Après la Révolution, il se consacre à la santé publique, propage la vaccination contre la variole et fonde la Société académique de médecine, ancêtre de l'Académie nationale de médecine.


Contexte du décès

Joseph-Ignace Guillotin meurt le 26 mars 1814 à son domicile parisien, situé à l'époque au numéro 333 de la rue Saint-Honoré, au coin de la rue de La Sourdière. Contrairement à une légende tenace, il n'est pas exécuté par sa propre machine, confusion née de l'exécution d'un médecin lyonnais homonyme sans lien de parenté. La cause de sa mort est une infection, un anthrax à l'épaule gauche, à l'âge de 75 ans. Deux jours après son décès, Edme-Claude Bourru, ancien doyen de la Faculté de médecine de Paris, prononce son éloge funèbre.


Lieux de mémoire

Joseph-Ignace Guillotin est inhumé dans une concession temporaire au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Sa tombe, située dans l'actuelle 8e division, a depuis longtemps disparu. Sa ville natale de Saintes, en Charente-Maritime, entretient sa mémoire.


Anecdotes

1 - En 1788, Guillotin lance ce qui est présenté comme la première pétition de l'histoire de France, la Pétition des citoyens domiciliés à Paris, réclamant le doublement de la représentation du tiers état.
2 - C'est en s'inspirant des théâtres anatomiques que Guillotin suggéra de réunir les députés dans une salle en demi-cercle, idée à l'origine de l'hémicycle parlementaire.
3 - Victor Hugo résuma son sort par une formule restée célèbre, opposant son destin à celui de Christophe Colomb, incapable d'attacher son nom à sa découverte là où Guillotin ne pouvait détacher le sien.
4 - En 1805, à la tête du Comité central de vaccine, il fut reçu en audience particulière par le pape Pie VII.
5 - Sa famille finit par changer de nom pour échapper à l'association avec la machine.
6 - Il qualifiait l'engin auquel son nom restait attaché de « tache involontaire de sa vie ».


Points clés

- Métier(s) : médecin, professeur d'anatomie, homme politique
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : épouse Marie Louise Saugrain
- Enfants : aucun
- Distinctions : fondateur de la Société académique de médecine, président du Comité central de vaccine


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Citation

« Avec ma machine, je vous fais sauter la tête en un clin d'œil, et vous ne souffrez point. »

— Discours à l'Assemblée nationale constituante, 1er décembre 1789

« Avec ma machine, je vous fais sauter la tête en un clin d'œil, et vous ne souffrez point. »

— Discours à l'Assemblée nationale constituante, 1er décembre 1789

Questions autour de Joseph-Ignace Guillotin

Joseph-Ignace Guillotin a-t-il inventé la guillotine ?
Non. Joseph-Ignace Guillotin a proposé le principe d'une exécution mécanique égalitaire, mais l'appareil fut conçu en 1792 par le chirurgien Antoine Louis.
Pourquoi la guillotine porte-t-elle le nom de Joseph-Ignace Guillotin ?
Le journal royaliste Les Actes des Apôtres baptisa l'engin « guillotine » contre sa volonté, par dérision, et le surnom resta attaché à son nom.
Joseph-Ignace Guillotin était-il favorable à la peine de mort ?
Non. Il y était opposé et espérait que l'exécution mécanique, plus humaine et égalitaire, ouvrirait la voie à une future abolition.
Joseph-Ignace Guillotin a-t-il été guillotiné ?
Non, c'est une légende. Il est mort chez lui d'une infection en 1814. La confusion vient d'un médecin lyonnais homonyme exécuté par la guillotine.
Quel rôle politique a joué Joseph-Ignace Guillotin pendant la Révolution ?
Élu député du tiers état de Paris en 1789, il proposa le serment du Jeu de paume et fit adopter le principe de l'égalité des peines.
Qui est né le même jour que Joseph-Ignace Guillotin ?
Francis Joyon, Alexandre Lacazette, Ian Fleming, Romain Duris et Jean-Pierre Léaud sont nés le 28 mai comme Joseph-Ignace Guillotin.
À quel âge est mort Joseph-Ignace Guillotin ?
Joseph-Ignace Guillotin est mort à 75 ans, le 26 mars 1814.
Qui est mort le même jour que Joseph-Ignace Guillotin ?
David Packard, Daniel Ceccaldi, Philippe Bruneau, Ahmed Sékou Touré et David Lloyd George sont morts le 26 mars comme Joseph-Ignace Guillotin.
Quels médecins français sont du signe Gémeaux comme Joseph-Ignace Guillotin ?
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