Né le 19 mai 1948 à Paris, Jean-François Delfraissy est un médecin et professeur d'immunologie clinique français, président du Comité consultatif national d'éthique depuis 2017 et ancien président du Conseil scientifique Covid-19, dont il fut le visage de mars 2020 à juillet 2022.
Jean-François Delfraissy effectue ses études secondaires au lycée Montaigne de Paris, puis ses classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand, avant d'intégrer l'université Paris VI Pierre et Marie Curie. Il y obtient un doctorat de médecine ainsi qu'un doctorat en biologie humaine à la faculté de médecine Saint-Antoine. Interne des hôpitaux de Paris de 1973 à 1978, il rejoint ensuite l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart comme chef de clinique-assistant en médecine interne, sous la direction du professeur Jean Dormont, qu'il décrit comme son mentor formateur. Au cours des années 1980, il s'investit dans la lutte contre le sida, alors maladie émergente. Il codirige avec Marc Tardieu une unité Inserm consacrée à l'immunologie antivirale, puis monte au Kremlin-Bicêtre des cohortes sida avec Daniel Schwartz et Alfred Spira. Maître de conférences puis professeur agrégé en immunologie clinique à la faculté de médecine de Paris-Sud, il devient en 1996 chef de service de médecine interne et immunologie clinique au CHU de Bicêtre, poste qu'il occupe jusqu'en 2013.
En 2005, Jean-François Delfraissy succède à Michel Kazatchkine à la direction de l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), qu'il dirige jusqu'à fin 2016. Il dirige en parallèle, à partir de 2008, l'Institut de microbiologie et maladies infectieuses de l'Inserm, devenu Institut d'immunologie, inflammation, infectiologie et microbiologie (I3M). En octobre 2014, le Premier ministre Manuel Valls le nomme coordinateur interministériel de la lutte contre Ebola en France et en Afrique de l'Ouest, à un moment où l'épidémie ravage la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia. Sa succession à l'ANRS est assurée en mars 2017 par François Dabis. En novembre 2016, il est annoncé pour remplacer Jean Claude Ameisen à la tête du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), fonction qu'il prend officiellement le 4 janvier 2017. Le 11 mars 2020, le ministre Olivier Véran le nomme président du Conseil scientifique Covid-19, créé pour éclairer la décision publique pendant la pandémie.
La présidence du Conseil scientifique Covid-19 par Jean-François Delfraissy a suscité des critiques publiques pendant la pandémie. En octobre 2020, une tribune publiée dans Le Parisien et cosignée par trente-cinq chercheurs reproche au Conseil scientifique une communication jugée anxiogène et culpabilisante, et demande sa refonte. Auditionné au Sénat la même année, Jean-François Delfraissy défend l'indépendance de l'instance et rejette l'idée d'un troisième pouvoir médical. À l'issue de la dissolution du Conseil scientifique le 31 juillet 2022, il reconnaît publiquement dans Le Parisien et sur franceinfo deux regrets majeurs : l'isolement des personnes âgées en Ehpad lors du déconfinement de juin 2020 et l'absence de comité citoyen consultatif.
1948 : naissance à Paris, dans le 8e arrondissement
1972 : mariage avec Chantal Layac, pharmacienne hospitalière
1973 : début de l'internat des hôpitaux de Paris
1978 : chef de clinique-assistant à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart
1996 : chef de service de médecine interne et immunologie clinique au CHU Bicêtre
1998 : chevalier de la Légion d'honneur
2005 : directeur de l'ANRS, succédant à Michel Kazatchkine
2008 : directeur de l'Institut de microbiologie et maladies infectieuses de l'Inserm
2014 : coordinateur interministériel de la lutte contre Ebola, nommé par Manuel Valls
2017 : prise de fonction à la présidence du Comité consultatif national d'éthique
2019 : Prix d'Honneur de l'Inserm
2020 : nomination à la présidence du Conseil scientifique Covid-19 par Olivier Véran
2021 : promotion au grade de commandeur de la Légion d'honneur
2022 : dissolution du Conseil scientifique le 31 juillet
2023 : publication de Un médecin au front aux éditions du Seuil
Jean-François Delfraissy est le fils d'Auguste Delfraissy, médecin ORL, et de Madeleine Lassalle. Ses racines familiales sont ancrées dans le Cantal, comme l'évoque la page de discussion de sa notice Wikipédia, alimentée par des biographies dans le Who's Who. Il effectue sa scolarité secondaire au lycée Montaigne de Paris, puis ses classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand, avant d'intégrer la faculté de médecine Saint-Antoine de l'université Paris VI Pierre et Marie Curie. Le 10 août 1972, il épouse Chantal Layac, pharmacienne hospitalière, avec laquelle il a deux filles. Son nom complet d'état civil, mentionné dans le Who's Who in France, est Jean-François Pierre Abel Théodore Delfraissy.
Son parcours est marqué par un engagement de longue date auprès des associations de lutte contre le sida, notamment AIDES et Sidaction, dont il préside le conseil scientifique avec la Fondation pour la recherche médicale entre 1999 et 2003. Il revendique l'influence intellectuelle du professeur Jean Dormont, son maître à Clamart, et a collaboré tout au long de sa carrière avec Marc Tardieu, Daniel Schwartz et Alfred Spira. Il participe également au Programme d'études démocratiques de l'École normale supérieure aux côtés de Laurent Berger, Philippe Etienne, Claire Thoury et Laurence Tubiana.
1 - Son nom complet d'état civil comporte quatre prénoms : Jean-François Pierre Abel Théodore Delfraissy, selon le Who's Who in France édition 2015 cité par Wikipédia et l'article de Libération signé Éric Favereau.
2 - Avant de présider le Conseil scientifique Covid-19, Jean-François Delfraissy avait déjà géré deux crises sanitaires majeures : l'épidémie de sida des années 1980 comme clinicien, puis la riposte française à Ebola en 2014-2015 comme coordinateur interministériel.
3 - À la tête de l'ANRS, il a internationalisé la recherche française contre le VIH en pilotant le programme ESTHER au Cambodge et le site ANRS « Asie du Sud-Est », étendant l'action de l'agence aux pays à ressources limitées.
4 - Selon les Annales des Mines, ses publications scientifiques cumulent environ 500 articles dans des revues à comité de lecture, pour un facteur H de 74 et environ 21 000 citations, principalement consacrés au VIH, à l'immunologie clinique et à la médecine interne.
5 - Il cosigne Un médecin au front avec le journaliste Denis Lafay, ouvrage de 320 pages paru au Seuil le 6 octobre 2023, dans lequel il revient sur les coulisses du Conseil scientifique, y compris le « cas Raoult ».
- Métier(s) : médecin, professeur d'immunologie clinique, président du Comité consultatif national d'éthique
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : marié depuis 1972 à Chantal Layac, pharmacienne hospitalière
- Enfants : deux filles
- Distinctions : commandeur de la Légion d'honneur (2021), officier de l'ordre national du Mérite (2005), Prix d'Honneur Inserm (2019)
« On ne quitte pas un navire quand les choses vont mal. »
— Audition au Sénat, 24 mars 2021, citée par Le Quotidien du Médecin
« Ce comité a été construit pour éclairer, et en aucune façon pour décider. »
— Audition au Sénat sur la gestion de la crise sanitaire, 2020
« Au nom de la santé, en croyant bien faire, nous, tous, directeurs d'Ehpad, administrations, on a fait passer la santé avant l'humanité. »
— Entretien franceinfo, 31 juillet 2022
« Ça me suivra tout au long de ma vie. En juin 2020, lors du déconfinement dans les Ehpad, on a mis la santé avant tout, au détriment, peut-être, d'une forme d'humanité. »
— Entretien au Parisien, 30 juillet 2022
« On ne quitte pas un navire quand les choses vont mal. »
— Audition au Sénat, 24 mars 2021, citée par Le Quotidien du Médecin
« Ce comité a été construit pour éclairer, et en aucune façon pour décider. »
— Audition au Sénat sur la gestion de la crise sanitaire, 2020
« Au nom de la santé, en croyant bien faire, nous, tous, directeurs d'Ehpad, administrations, on a fait passer la santé avant l'humanité. »
— Entretien franceinfo, 31 juillet 2022
« Ça me suivra tout au long de ma vie. En juin 2020, lors du déconfinement dans les Ehpad, on a mis la santé avant tout, au détriment, peut-être, d'une forme d'humanité. »
— Entretien au Parisien, 30 juillet 2022