Cette année marque le bicentenaire de sa disparition.
Philippe Pinel, médecin aliéniste français né le 20 avril 1745 à Jonquières (Tarn), est reconnu comme le fondateur de la psychiatrie moderne pour avoir promu le traitement humain des malades mentaux. Son bicentenaire de décès est commémoré le 25 octobre 2026.
Né le 20 avril 1745 à Jonquières (Tarn), Philippe Pinel est le fils de Philippe François Pinel, maître chirurgien exerçant à Saint-Paul-Cap-de-Joux, et d'Élisabeth Dupuy, issue d'une famille languedocienne de médecins et chirurgiens. Après des études classiques au collège de Lavaur chez les Oratoriens, il entre au Collège de l'Esquile à Toulouse chez les Doctrinaires pour y étudier la théologie. Il renonce à la soutane en 1770, sans avoir prononcé de voeux ni reçu les ordres mineurs, et s'inscrit à la faculté de médecine de Toulouse. Reçu docteur en décembre 1773, il complète sa formation à Montpellier en 1774 sous la direction de Paul-Joseph Barthez. Arrivé à Paris en 1778, il subsiste d'abord en donnant des leçons de mathématiques et en traduisant des textes médicaux, notamment les Institutions de médecine pratique de William Cullen. En 1785, la prise en charge d'un ami atteint de manie aiguë déclenche son intérêt durable pour les maladies mentales.
Le 25 août 1793, Philippe Pinel est nommé médecin des aliénés à l'hôpital Bicêtre, sur proposition de Jacques-Guillaume Thouret et de Pierre Jean Georges Cabanis. Il y observe les pratiques de Jean-Baptiste Pussin, surveillant des aliénés reconnu pour sa bienveillance, et systématise un traitement moral fondé sur le dialogue et le respect de la raison du patient. En 1795, Pinel est nommé médecin-chef de l'Hospice de la Salpêtrière, poste conservé jusqu'à sa mort. Il publie en 1798 la Nosographie philosophique, première classification systématique des maladies mentales, puis en 1801 le Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale. En 1802, avec l'appui du ministre de l'Intérieur Jean-Antoine Chaptal, il fait muter Jean-Baptiste Pussin à la Salpêtrière. Élu membre de l'Académie des sciences en 1803 et fait chevalier de la Légion d'honneur, il devient médecin de Napoléon Bonaparte à partir de 1805. Jean-Étienne Esquirol lui succède à la Salpêtrière en 1810. Pinel est admis parmi les membres fondateurs de l'Académie nationale de médecine à sa création en 1820.
1745 : Naissance le 20 avril à Jonquières (Tarn)
1770 : Abandon des études de théologie ; inscription à la faculté de médecine de Toulouse
1773 : Doctorat de médecine à Toulouse (décembre)
1774 : Séjour d'études à Montpellier sous Paul-Joseph Barthez
1778 : Installation à Paris ; subsistance par leçons de mathématiques et traductions médicales
1784 : Deux mois de leçons de magnétisme animal avec Charles Deslon
1787 : Présentation à l'Académie des sciences d'un mémoire sur les mathématiques appliquées à la médecine
1793 : Nomination comme médecin des aliénés à l'hôpital Bicêtre (25 août)
1795 : Nomination comme médecin-chef de l'Hospice de la Salpêtrière et professeur de pathologie médicale
1798 : Publication de la Nosographie philosophique
1801 : Publication du Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale
1802 : Publication de La Médecine Clinique ; transfert de Jean-Baptiste Pussin à la Salpêtrière
1803 : Élection à l'Académie des sciences ; nomination chevalier de la Légion d'honneur
1805 : Nomination comme médecin de Napoléon Bonaparte ; refus du poste de médecin de cour
1826 : Décès le 25 octobre à Paris ; inhumation au cimetière du Père-Lachaise
Originaire d'une longue lignée médicale languedocienne, Philippe Pinel est le fils de Philippe François Pinel, chirurgien à Saint-Paul-Cap-de-Joux, et d'Élisabeth Dupuy, issue d'une famille comptant médecins, chirurgiens et apothicaires sur plusieurs générations. Il épouse Jeanne Vincent, avec laquelle il a trois fils : Scipion Pinel, qui devient psychiatre et prolonge l'oeuvre paternelle, et Charles Pinel, botaniste établi au Brésil. Son neveu Casimir Pinel est également psychiatre à Paris. Sa petite-nièce Marie-Adélaïde Pinel sera la mère du physicien Paul Langevin, illustrant la persistance de la vocation scientifique au sein de cette famille méridionale.
Proche de la Société des Idéologues, Pinel fréquente le salon d'Anne-Catherine Helvétius à Auteuil, où il lie connaissance avec Pierre Jean Georges Cabanis et le Marquis de Condorcet. Durant la Terreur, il s'efforce de protéger Condorcet en lui trouvant refuge dans Paris. Sa curiosité intellectuelle déborde le champ médical : en 1784, il suit les leçons de magnétisme animal de Charles Deslon, disciple de Franz Anton Mesmer, et s'intéresse à la zoologie, décrivant en 1792 le genre Martes. Son nom sera mentionné aux côtés de Georges Cuvier pour la chaire d'anatomie comparée au Jardin des plantes.
Philippe Pinel décède le 25 octobre 1826 à Paris, à l'Hospice de la Salpêtrière où il avait exercé pendant trente et un ans. Une source médicale attribue le décès à une pneumonie. Ses obsèques rassemblent de nombreux confrères ; Georges Cuvier lui rend hommage à l'Académie des sciences et Jean-Étienne Esquirol, son successeur à la Salpêtrière, prononce un éloge public. À l'occasion du bicentenaire, la Société Médico-Psychologique organise le 23 octobre 2026 à l'Académie nationale de médecine une journée d'étude intitulée "De Pinel à aujourd'hui - 200 ans de Liberté pour les patients".
Philippe Pinel est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans la 18e division. Une statue du sculpteur Ludovic Durand, érigée en 1885 devant l'Hospice de la Salpêtrière, est déplacée en 2023 sur la place Pinel dans le 13e arrondissement de Paris, à la suite des travaux de la gare d'Austerlitz. Un centre hospitalier porte son nom à Amiens, et l'Institut Philippe-Pinel de Montréal est spécialisé en psychiatrie légale.
1 - La suppression des chaînes à Bicêtre est couramment attribuée à Pinel, mais l'acte fut en réalité accompli par Jean-Baptiste Pussin en 1797. L'historien Fabrice Lascar a montré que la légende fut construite par son fils Scipion Pinel et par Jean-Étienne Esquirol.
2 - En corrigeant l'épreuve d'un de ses ouvrages, Pinel note en marge à l'intention du typographe : "Il faut guillemeter tous les alinéas." Le compositeur transforme l'instruction en phrase imprimée : "Il faut guillotiner tous les aliénés."
3 - Zoologiste reconnu, Pinel décrit en 1792 le genre Martes (martres et fouines). En 1777, la Société royale de Montpellier avait accueilli son mémoire zoologique ; son nom sera mentionné à l'égal de Georges Cuvier pour la chaire d'anatomie comparée au Jardin des plantes.
4 - En janvier 1793, Pinel figure parmi les médecins requis pour assister à l'exécution de Louis XVI à la guillotine, une expérience qui le marque selon les témoignages de ses contemporains.
5 - Curieux des théories médicales alternatives, Pinel suit en 1784 pendant deux mois les leçons de magnétisme animal de Charles Deslon, médecin personnel du comte d'Artois et disciple de Franz Anton Mesmer, avant de s'en distancer au profit de méthodes cliniques.
- Métier(s) : Médecin, aliéniste, zoologiste
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Jeanne Vincent (épouse)
- Enfants : Scipion Pinel, Charles Pinel
- Distinctions : Chevalier de la Légion d'honneur ; membre de l'Académie des sciences (1803) ; membre fondateur de l'Académie nationale de médecine (1820)
14 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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Pussin était un homme de grande bienveillance envers les malades, doué d'une force considérable et d'un esprit observateur.
— Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale (1801), p. 201
Les aliénés, loin d'être des coupables qu'il fallait punir, étaient des malades dont l'état pénible méritait tous les égards dus à l'humanité souffrante.
— Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale (1801), cité dans Retronews.fr, 17 mai 2021