Georges Cuvier, né Jean Léopold Nicolas Frédéric Cuvier le 23 août 1769 à Montbéliard et mort le 13 mai 1832 à Paris, est un anatomiste et zoologiste français. Fondateur de l'anatomie comparée et de la paléontologie des vertébrés, il a établi le premier la réalité scientifique de l'extinction des espèces.
Issu d'une famille luthérienne modeste de Montbéliard, fils de Jean-Georges Cuvier, officier du régiment de Waldner, et de Clémentine Chatel, Georges Cuvier étudie à partir de 1784 à l'Académie Caroline de Stuttgart, où il suit les cours du botaniste Johann Simon von Kerner. Précepteur en Normandie chez la famille du comte d'Héricy à partir de 1788, il dissèque mollusques et poissons sur la côte du pays de Caux. Ses travaux parviennent à Henri Alexandre Tessier, qui les transmet à Étienne Geoffroy Saint-Hilaire. Appelé à Paris en 1795, il intègre le Muséum national d'histoire naturelle où il collabore avec Jean-Claude Mertrud puis Louis Jean-Marie Daubenton. En 1796, il est nommé professeur à l'École centrale du Panthéon et entre à l'Institut de France.
Nommé professeur au Collège de France en 1800, il succède à Mertrud en 1802 à la chaire d'anatomie comparée du Muséum, qu'il conserve jusqu'à sa mort. Il y installe son cabinet d'anatomie comparée, ouvert au public en 1806. Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences pour les sciences physiques à partir de 1803, il publie en 1812 ses Recherches sur les ossements fossiles de quadrupèdes, puis en 1817 Le Règne animal distribué d'après son organisation, ouvrage de classification fondé sur quatre embranchements. Il décrit notamment les genres Palaeotherium, Pterodactylus et Megatherium. Avec Achille Valenciennes, il entame en 1828 l'Histoire naturelle des poissons, achevée à titre posthume.
Cuvier a justifié le racisme scientifique de son époque. Dans ses Recherches sur les ossements fossiles de 1812, il qualifie les Africains noirs de « plus dégradée des races humaines ». Après la mort de Saartjie Baartman, dite la « Vénus hottentote », en 1815, il dissèque son corps, en réalise un moulage, puis prélève et conserve le squelette, le cerveau et les organes génitaux, exposés à partir de 1817 à la galerie d'anatomie comparée. Ces restes sont restitués à l'Afrique du Sud en août 2002 et inhumés à Hankey. Sa mainmise sur l'Académie des sciences, où il bloque l'accès des partisans de Jean-Baptiste de Lamarck, est documentée par Pietro Corsi et tenue pour responsable du retard pris par l'évolutionnisme en France.
1769 : naissance le 23 août à Montbéliard, alors rattaché au duché de Wurtemberg
1784 : entrée à l'Académie Caroline de Stuttgart
1788 : précepteur en Normandie chez la famille d'Héricy
1795 : arrivée à Paris et entrée au Muséum national d'histoire naturelle
1796 : professeur à l'École centrale du Panthéon, membre de l'Institut de France
1800 : nommé professeur au Collège de France
1802 : titulaire de la chaire d'anatomie comparée du Muséum, inspecteur de l'instruction publique
1803 : secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences pour les sciences physiques
1804 : mariage avec Anne Marie Sophie Loquet de Trazay
1812 : publication des Recherches sur les ossements fossiles de quadrupèdes
1814 : nommé conseiller d'État
1817 : publication du Règne animal distribué d'après son organisation
1818 : élu à l'Académie française
1830 : controverse publique avec Étienne Geoffroy Saint-Hilaire devant l'Académie des sciences, du 15 février au 29 mars
1831 : élevé à la pairie de France par Louis-Philippe
1832 : mort le 13 mai à Paris
Georges Cuvier naît dans une famille luthérienne d'origine modeste : son père Jean-Georges Cuvier (1715-1795) est officier du régiment de Waldner, sa mère Clémentine Chatel (1736-1792) supervise son instruction précoce. Il est le frère aîné de Frédéric Cuvier, naturaliste lui-même attaché au Muséum. Après ses études au collège de Montbéliard, il intègre l'Académie Caroline de Stuttgart, où il acquiert l'allemand. Le 2 février 1804, il épouse Anne Marie Sophie Loquet de Trazay (1768-1849), veuve de Louis Philippe Alexandre Duvaucel, fermier général guillotiné en 1794. Le couple a quatre enfants ; trois meurent en bas âge, et Clémentine, la dernière, s'éteint en 1827 à dix-huit ans.
Cuvier tient un salon hebdomadaire le samedi soir dans sa bibliothèque du Jardin des plantes, fréquenté par Stendhal — alors lié à sa belle-fille Sophie Duvaucel — et par Alexander von Humboldt. Il accueille de jeunes savants méritants, dont Stéphane Ajasson de Grandsagne. Honoré de Balzac, qui le cite dans La Peau de chagrin, prend ensuite parti contre lui dans la controverse contre Geoffroy Saint-Hilaire. À partir de 1822, Cuvier dirige les facultés de théologie protestante de Strasbourg et Montauban ; en 1828, il est nommé directeur des cultes non catholiques sous le régime concordataire. Charles X l'élève au rang de baron héréditaire.
Georges Cuvier s'éteint à Paris le 13 mai 1832, à l'âge de soixante-deux ans, en pleine épidémie de choléra qui frappe alors la capitale. Contrairement à une idée répandue, il n'est pas emporté par le choléra : l'autopsie pratiquée par Mathieu Orfila, doyen de la Faculté de médecine, par André Marie Constant Duméril et par son disciple Achille Valenciennes, ne permet pas d'établir la cause exacte du décès. Quelques jours plus tôt, il avait encore prononcé devant le Collège de France une leçon d'ouverture sur l'histoire des sciences naturelles. Sur son lit de mort, il désigne Pierre Flourens comme son successeur au secrétariat perpétuel de l'Académie des sciences. Ses obsèques sont célébrées selon le rite protestant.
Georges Cuvier est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise, dans la huitième division. Sa ville natale de Montbéliard conserve sa maison rue Cuvier ainsi que le musée Cuvier d'archéologie et d'histoire naturelle. David d'Angers réalise sa statue, dont la version finale est installée au Jardin des plantes à Paris. Une fontaine commémorative, la fontaine Cuvier, jouxte le Muséum.
1 - Cuvier refuse en 1798 d'accompagner Napoléon Bonaparte lors de l'expédition d'Égypte, préférant poursuivre ses travaux d'anatomie comparée au Muséum. Les momies de chats rapportées par Étienne Geoffroy Saint-Hilaire lui serviront pourtant d'argument contre la transformation des espèces.
2 - Le nom de Georges Cuvier figure parmi les soixante-douze noms de savants gravés sur la tour Eiffel par Gustave Eiffel, sur la face tournée vers le Trocadéro, en hommage à la science française du XIXe siècle.
3 - C'est Cuvier qui baptise « jurassique » la période moyenne de l'ère secondaire, en référence aux couches sédimentaires du massif du Jura qu'il avait étudiées personnellement.
4 - Pour mener de front ses recherches, il avait fait aligner dans sa galerie d'anatomie comparée une douzaine de paillasses afin de conduire simultanément, avec ses assistants, autant d'études distinctes. Alexander von Humboldt témoigne de cette méthode de travail.
5 - Stendhal, qui fréquentait son salon en raison de sa relation avec sa belle-fille Sophie Duvaucel, surnommait cette dernière « Mlle Mamouth » par allusion aux mammouths que Cuvier avait reconstitués.
- Métier(s) : anatomiste, zoologiste, paléontologue, administrateur public
- Résidence principale : Paris, logement de fonction au Jardin des plantes
- Relations de couple : marié en 1804 à Anne Marie Sophie Loquet de Trazay
- Enfants : quatre enfants, tous décédés avant lui
- Distinctions : Grand officier de la Légion d'honneur, baron héréditaire, pair de France, membre de l'Académie française, membre étranger de la Royal Society
64 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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« Plus la fonction est importante, plus l'organe correspondant est constant. »
— Leçons d'anatomie comparée, 1800-1805
« Nous n'apercevons aucune nécessité d'une échelle des êtres, ni d'une unité de composition. »
— Article « Nature », Dictionnaire des sciences naturelles, 1825
« Plus la fonction est importante, plus l'organe correspondant est constant. »
— Leçons d'anatomie comparée, 1800-1805
« Nous n'apercevons aucune nécessité d'une échelle des êtres, ni d'une unité de composition. »
— Article « Nature », Dictionnaire des sciences naturelles, 1825