Charles X, roi de France et de Navarre né le 9 octobre 1757 à Versailles et décédé le 6 novembre 1836 à Görz (aujourd’hui Gorizia, en Italie), fut le dernier souverain de la branche aînée des Bourbons, dont le règne s’acheva avec la Révolution de Juillet 1830.
Charles-Philippe de France, comte d’Artois, est le petit-fils de Louis XV et le frère cadet de Louis XVI et du futur Louis XVIII. Il reçoit une éducation soignée à la cour de Versailles, orientée vers la diplomatie et les arts militaires. Très tôt, il se montre proche du parti monarchiste et attaché à l’absolutisme royal. Durant la Révolution française, il émigre dès 1789 et devient l’un des principaux chefs du mouvement contre-révolutionnaire en exil. De 1791 à 1814, il vit successivement en Angleterre, en Allemagne et en Italie, œuvrant à la restauration des Bourbons sur le trône de France.
À la chute de Napoléon en 1814, il revient en France avec son frère Louis XVIII. Il exerce une influence conservatrice durant la Restauration et s’oppose à la Charte constitutionnelle. À la mort de son frère en 1824, il devient roi sous le nom de Charles X. Son règne est marqué par une politique de retour à la monarchie traditionnelle : rétablissement de certains privilèges de l’Église, indemnisation des émigrés, renforcement de la censure. Ces choix provoquent une forte opposition libérale. La promulgation des ordonnances de Juillet 1830, restreignant la liberté de la presse et dissolvant la Chambre, déclenche une insurrection à Paris. Le 2 août 1830, Charles X abdique en faveur de son petit-fils Henri, duc de Bordeaux, avant de partir en exil.
1789 : émigration à la suite des premiers événements révolutionnaires.
1814 : retour en France lors de la Première Restauration.
1824 : avènement au trône sous le nom de Charles X.
1825 : sacre à Reims, marquant la continuité monarchique des Bourbons.
1830 : promulgation des ordonnances de Juillet et abdication forcée.
1832 : départ pour l’exil définitif en Autriche.
1836 : mort à Görz, dans l’Empire d’Autriche.
Charles X épouse en 1773 Marie-Thérèse de Savoie, fille du roi Victor-Amédée III. De cette union naissent deux fils : Louis-Antoine, duc d’Angoulême, et Charles-Ferdinand, duc de Berry. Fidèle à la foi catholique, il entretient une étroite relation avec le clergé et les ordres religieux. Son entourage, majoritairement issu de la noblesse d’Ancien Régime, contribue à renforcer son image de souverain réactionnaire. Il reste marqué par l’exécution de son frère Louis XVI et par les violences révolutionnaires, qu’il considère comme une rupture définitive de l’ordre monarchique.
En exil, il conserve une cour réduite mais disciplinée, d’abord en Angleterre puis en Autriche. Il se montre attentif à l’éducation de son petit-fils, le duc de Bordeaux, qu’il espère voir un jour restaurer sur le trône. Ses convictions demeurent fermes : attachement à la monarchie héréditaire, à la religion et au pouvoir d’État. Cependant, plusieurs témoignages rapportent qu’il vécut ses dernières années dans une relative sérénité, convaincu d’avoir servi sa foi et sa lignée.
Charles X repose dans la crypte du couvent franciscain de Castagnevizzas, près de Nova Gorica (Slovénie actuelle). Son tombeau est aujourd’hui intégré au monastère de Kostanjevica, lieu de pèlerinage monarchiste. Des cérémonies commémoratives y sont organisées chaque année par des associations françaises dédiées à la mémoire des Bourbons.
Charles X meurt le 6 novembre 1836 à Görz (Empire d’Autriche) à l’âge de 79 ans, des suites du choléra. En exil depuis 1830, il s’était réfugié avec sa famille dans un ancien couvent franciscain. Son enterrement eut lieu dans la simplicité religieuse, en présence de quelques fidèles royalistes. Sa mort marque la fin officielle de la branche aînée des Bourbons régnant sur la France.
1 - Lors de son sacre à Reims en 1825, Charles X fit rétablir plusieurs rites médiévaux, dont l’onction royale, absente depuis plus de trente ans.
2 - Après son abdication, il voyagea incognito sous le nom de « comte de Ponthieu » avant de rejoindre l’Angleterre.
3 - Son exil en Autriche fut partagé avec plusieurs membres de sa famille, dont le duc d’Angoulême et la duchesse de Berry, qui tenta une brève insurrection royaliste en 1832.
4 - Il fut l’un des derniers souverains français à être sacré selon la tradition religieuse de l’Ancien Régime, ce qui contribua à son image d’homme d’un autre temps.
- Métier(s) : roi de France et de Navarre
- Résidence principale : Versailles, puis exil à Görz (Empire d’Autriche)
- Relations : Marie-Thérèse de Savoie (épouse 1773-1805)
- Enfants : Louis-Antoine (1775-1844), Charles-Ferdinand (1778-1820)
- Distinctions : dernier roi de la branche aînée des Bourbons, sacré à Reims en 1825