Fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Louis XVII, né Louis-Charles de France, est un prince français reconnu roi par les royalistes après l'exécution de son père. Mort à dix ans dans la prison du Temple en 1795, son décès a longtemps nourri une énigme historique.
Né au château de Versailles le 27 mars 1785, Louis-Charles de France reçoit à sa naissance le titre de duc de Normandie. Second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, il n'est pas destiné au trône, mais la mort de son frère aîné Louis-Joseph, le 4 juin 1789, fait de lui le dauphin de France. Son enfance se partage entre Versailles puis le palais des Tuileries, où la famille s'installe en octobre 1789. Confié à la gouvernante Louise-Élisabeth de Tourzel et au valet de chambre Jean-Baptiste Cléry, il perd son titre de prince royal après la journée du 10 août 1792, qui précède l'emprisonnement de la famille à la tour du Temple. Après l'exécution de son père, le 21 janvier 1793, les royalistes et les puissances étrangères le reconnaissent roi sous le nom de Louis XVII ; son oncle, le futur Louis XVIII, alors émigré, se proclame régent en son nom.
Par arrêté du Comité de salut public, Louis-Charles est séparé de sa mère le 3 juillet 1793 et confié au cordonnier Antoine Simon, chargé de lui faire renoncer à ses origines royales. Pendant le procès de Marie-Antoinette, on extorque à l'enfant une déclaration mettant en cause sa mère. Après le départ de Simon, début 1794, le jeune prisonnier reste isolé plusieurs mois dans des conditions d'hygiène déplorables. Le conventionnel Paul Barras, qui le visite, décrit un enfant mutique et affaibli. Atteint de tuberculose, il est examiné dans ses derniers mois par les médecins Pierre Joseph Desault puis Philippe-Jean Pelletan, secondé de Jean-Baptiste Dumangin. Il meurt le 8 juin 1795 dans sa cellule de la tour du Temple, à l'âge de dix ans, après près de trois ans de captivité.
1785 : naissance à Versailles, titré duc de Normandie
1789 : mort de son frère Louis-Joseph ; il devient dauphin de France, puis emménage aux Tuileries en octobre
1791 : la Constitution lui attribue le titre de prince royal
1792 : après le 10 août, la famille royale est emprisonnée à la tour du Temple
1793 : exécution de Louis XVI le 21 janvier ; séparé de sa mère et confié à Antoine Simon le 3 juillet ; exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre
1794 : isolement prolongé dans la tour après le départ de Simon
1795 : mort le 8 juin ; autopsie par Philippe-Jean Pelletan le 9 juin ; inhumation au cimetière Sainte-Marguerite le 10 juin
2000 : l'analyse ADN du cœur conservé confirme sa mort au Temple
2004 : dépôt du cœur à la basilique Saint-Denis le 8 juin
Louis-Charles de France est le troisième enfant de Louis XVI, roi de France, et de Marie-Antoinette, archiduchesse d'Autriche. Il a pour aînés sa sœur Marie-Thérèse, dite Madame Royale, et son frère Louis-Joseph, mort en 1789. Baptisé à Versailles, il a pour parrain son oncle Louis Stanislas Xavier, futur Louis XVIII, et pour marraine Marie-Caroline, reine de Naples. Surnommé « Chou d'amour » par sa mère, il est entouré d'une nombreuse maison, dont la gouvernante Gabrielle de Polignac, partie en émigration en 1789, et sa berceuse Agathe de Rambaud.
Des rumeurs contemporaines, jamais tranchées scientifiquement, ont prêté à Marie-Antoinette une liaison avec le gentilhomme suédois Axel de Fersen et mis en doute la paternité de Louis XVI ; ces allégations ressurgirent lors des menaces de procès en adultère portées par La Fayette. L'enfance de Louis-Charles est documentée par plusieurs portraits, notamment ceux d'Élisabeth Vigée Le Brun, qui le représenta auprès de sa mère et de sa sœur. Témoin malgré lui du procès de ses parents et de sa tante Madame Élisabeth, il devint après sa mort une figure récurrente des récits sur la Révolution française.
Louis XVII meurt le 8 juin 1795 dans sa cellule de la tour du Temple, d'une péritonite venue compliquer une tuberculose, le même mal qui avait emporté son frère aîné. Le lendemain, le chirurgien Philippe-Jean Pelletan pratique l'autopsie, assisté de Jean-Baptiste Dumangin, Pierre Lassus et Nicolas Jeanroy, et confirme le diagnostic. Prisonnier de la République, l'enfant ne reçoit aucun hommage officiel. Pelletan soustrait discrètement le cœur lors de l'autopsie. En 2000, les analyses d'ADN menées par Jean-Jacques Cassiman et Bernd Brinkmann établissent un lien maternel avec Marie-Antoinette ; pour l'historien Jean Tulard, elles attestent la mort du prince au Temple.
Louis-Charles est inhumé le 10 juin 1795 au cimetière Sainte-Marguerite, à Paris, dans une sépulture dont l'emplacement exact demeure incertain. La tour du Temple, lieu de sa captivité, est démolie sous Napoléon. Depuis le 8 juin 2004, son cœur repose dans une urne de cristal à la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France, lors d'une cérémonie présidée par Louis de Bourbon, duc d'Anjou.
1 - Surnommé « Chou d'amour » par sa mère Marie-Antoinette et par sa gouvernante Gabrielle de Polignac, Louis-Charles cultivait à Versailles un petit jardin sur la terrasse du Midi, dont il offrait les fleurs à la reine.
2 - Lors de l'autopsie du 9 juin 1795, le chirurgien Philippe-Jean Pelletan préleva discrètement le cœur de l'enfant et le conserva dans de l'alcool, geste qui allait alimenter deux siècles de débats sur l'identité du défunt.
3 - Le cœur connut un périple singulier : remis à l'archevêque de Paris Hyacinthe de Quélen, dispersé lors des Trois Glorieuses, il rejoignit finalement une urne de cristal à la basilique Saint-Denis.
4 - Plus de trente personnes se déclarèrent Louis XVII après 1795. Le plus connu, l'horloger prussien Karl-Wilhelm Naundorff, conserva des partisans jusqu'à la fin du XXe siècle, avant que l'ADN ne tranche la question.
5 - Dans Les Aventures de Huckleberry Finn (1884), Mark Twain met en scène un escroc se faisant passer pour le dauphin disparu de France, signe de l'écho international du mystère entourant Louis XVII.
- Métier(s) : prince de France, dauphin, roi titulaire (n'a jamais régné)
- Résidence principale : Versailles, puis Paris (Tuileries, prison du Temple)
- Relations de couple : sans objet (décédé à l'âge de dix ans)
- Enfants : aucun
- Distinctions : sans objet (décédé à l'âge de dix ans)
L'ambition ne vieillit pas.
L'exactitude est la politesse des rois.
Je mets les choses au pire, parce que je trouve que c'est là la vraie façon de raisonner.
L'ambition ne vieillit pas.
L'exactitude est la politesse des rois.
Je mets les choses au pire, parce que je trouve que c'est là la vraie façon de raisonner.