Marie-Amélie de Bourbon-Siciles est une princesse napolitaine née en 1782, devenue reine des Français de 1830 à 1848 par son mariage avec Louis-Philippe Ier. Dernière souveraine portant le titre royal en France, elle incarne la fin d'une époque monarchique marquée par la Révolution de 1848, vivant ensuite trente ans d'exil britannique dans la discrétion et la dignité.
Maria Amalia Teresa di Borbone naît le 26 avril 1782 au Palais royal de Caserte, dixième des dix-huit enfants du roi Ferdinand Ier de Naples et de Sicile et de l'archiduchesse Marie-Caroline d'Autriche. Nièce de Marie-Antoinette, elle reçoit une éducation princière typique de son rang : maîtrise du français, notions d'histoire et de généalogie, arts d'agrément, maintien de cour et pratique assidue de la charité chrétienne. Les guerres napoléoniennes bouleversent son enfance, contraignant la famille royale à se réfugier en Sicile sous la protection de la flotte britannique.
Elle épouse le 25 novembre 1809 à Palerme son lointain cousin Louis-Philippe d'Orléans, fils du duc d'Orléans guillotiné durant la Terreur. Cette union, brillante pour un prince d'une branche cadette vivant en exil depuis vingt ans, suscite quelques réticences initiales de Marie-Caroline, inquiète du passé jacobin de la famille d'Orléans. Les premiers enfants du couple naissent en Sicile avant que la Restauration de 1814 ne permette leur retour en France. Installée au Palais-Royal à Paris, Marie-Amélie assiste à la chute de Charles X en 1830 et à l'accession de son époux au trône sous le nom de Louis-Philippe Ier. Elle désapprouve cette acceptation de la couronne, demeurant fidèle à la branche aînée des Bourbons et redoutant qu'on qualifie son mari d'usurpateur.
Durant les dix-huit années de règne, elle remplit son rôle de reine avec dignité malgré ses convictions légitimistes. En 1837, elle inaugure avec ses fils la première ligne ferroviaire transportant des voyageurs en France, entre Paris et Saint-Germain-en-Laye, le roi étant retenu par des ministres craignant pour sa sécurité. En 1845, elle découvre la station thermale des Bains d'Arles, probablement invitée par Boniface de Castellane, gouverneur militaire du Var, et en devient une ardente propagandiste, donnant son nom à la ville rebaptisée Amélie-les-Bains. La Révolution de 1848 contraint la famille royale à l'exil en Angleterre. Installée à Claremont House dans le Surrey sous le pseudonyme de comtesse de Neuilly, Marie-Amélie survit seize ans à son époux décédé en 1850.
Marie-Amélie épouse en 1809 Louis-Philippe d'Orléans, avec qui elle partage un mariage stable malgré les turbulences politiques. Le couple donne naissance à dix enfants entre 1810 et 1824. Ferdinand-Philippe, prince royal et duc d'Orléans, épouse en 1837 Hélène de Mecklembourg-Schwerin avant de mourir accidentellement en 1842. Louise, reine des Belges par son mariage en 1832 avec Léopold Ier, décède en 1850. Marie épouse en 1837 le duc Alexandre de Wurtemberg et meurt prématurément en 1839. Le duc de Nemours épouse en 1840 Victoire de Saxe-Cobourg-Kohary. Clémentine épouse en 1843 Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary. Le prince de Joinville épouse en 1843 Françoise de Bragance. Le duc d'Aumale épouse en 1844 Marie-Caroline de Bourbon-Siciles. Le duc de Montpensier épouse en 1846 Louise-Fernande de Bourbon, infante d'Espagne. Deux enfants meurent en bas âge, Louis en 1818 et François en 1828.
Profondément attachée à sa famille, Marie-Amélie consacre ses années d'exil à ses petits-enfants et arrière-petits-enfants, devenant une figure centrale après la disparition de plusieurs de ses enfants. Elle demande à son petit-fils Léopold, futur Léopold II de Belgique, de prénommer sa fille aînée Louise en hommage à sa mère décédée en 1850. Sa petite-fille Charlotte de Belgique épouse en 1864 l'archiduc Maximilien d'Autriche, frère de François-Joseph Ier, couple qui reçoit la couronne impériale du Mexique avec le soutien de Napoléon III. Cette aventure tourne à la tragédie après la mort de Marie-Amélie : Charlotte sombre dans la folie, Maximilien est fusillé en 1867. Le peintre Franz Xaver Winterhalter réalise plusieurs portraits de la reine en deuil après 1850, aujourd'hui exposés au Musée de la vie romantique, au Château d'Eu et au Musée Condé.
Marie-Amélie meurt le 24 mars 1866 à Claremont House dans le Surrey, à l'âge de 83 ans. Son petit-fils Léopold, duc de Brabant, profondément affecté par la disparition de sa grand-mère, la suit de peu dans la tombe. Elle est inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, auprès de son époux décédé seize ans plus tôt. En 1876, leurs dépouilles sont rapatriées en France et transférées dans la chapelle royale Saint-Louis de Dreux, nécropole de la Maison d'Orléans. Le sculpteur Henri de Triqueti réalise leur monument funéraire commun, sobre et digne, reflétant la discrétion qui marqua leurs dernières années.
Marie-Amélie naît au Palais royal de Caserte, résidence des rois de Naples. Elle passe son enfance en Sicile durant l'exil de sa famille, résidant au Palais des Normands de Palerme sous protection britannique. Après son mariage en 1809, elle vit à Palerme jusqu'en 1814. De retour en France, elle s'installe au Palais-Royal à Paris, résidence principale du duc d'Orléans puis de la famille royale. Le Château d'Eu en Seine-Maritime et le Château de Neuilly servent de résidences secondaires. En 1848, la famille s'exile en Angleterre et s'établit à Claremont House dans le Surrey, demeure où elle passe les dix-huit dernières années de sa vie. Sa dépouille repose aujourd'hui dans la chapelle royale Saint-Louis de Dreux, nécropole dynastique des Orléans en Eure-et-Loir. La ville d'Amélie-les-Bains-Palalda dans les Pyrénées-Orientales porte son nom depuis 1845, témoignant de son attachement à cette station thermale.