Napoléon François Charles Joseph Bonaparte, fils unique de Napoléon Ier et de Marie-Louise d'Autriche, est né le 20 mars 1811 à Paris. Titré roi de Rome dès la naissance, il ne régna jamais effectivement et mourut de la tuberculose à Vienne en 1832, à 21 ans.
Napoléon François Charles Joseph Bonaparte naît le 20 mars 1811 au palais des Tuileries à Paris, fils unique de Napoléon Ier et de Marie-Louise d'Autriche. Sa naissance est annoncée par 101 coups de canon sur ordre de l'Empereur. Il est aussitôt titré roi de Rome, titre évoquant l'héritage du Saint-Empire romain germanique. Baptisé le 9 juin 1811 à Notre-Dame de Paris, il a pour parrains son grand-père maternel l'empereur François Ier d'Autriche, représenté par son frère Ferdinand, grand-duc de Wurtzbourg, et son oncle paternel Joseph Bonaparte, roi d'Espagne ; pour marraines sa grand-mère paternelle Letizia Bonaparte et sa tante Hortense de Beauharnais. Sa gouvernante, la comtesse de Montesquiou, surnommée "maman Quiou" par l'enfant, dirige sa maison dès avant sa naissance. Napoléon Ier n'a pu partager avec son fils qu'environ dix-huit mois au total, répartis sur cinq périodes séparées par les campagnes militaires. La dernière entrevue entre le père et le fils a lieu le 24 janvier 1814, avant la campagne de France.
Lors des Cent-Jours, en 1815, Napoléon Ier abdique une seconde fois en faveur de son fils sous le nom de Napoléon II, mais la commission gouvernementale présidée par Joseph Fouché ne le proclame pas officiellement, et Louis XVIII rentre à Paris au bout de deux semaines. Instruit à Vienne par plusieurs professeurs, dont Philippe Taglioni pour la danse, l'adolescent accède à la grande bibliothèque impériale, où il lit notamment le Memorial de Sainte-Helene. Il entre dans l'armée autrichienne : son grand-père le nomme caporal en 1822, puis capitaine en 1828. En 1830, lors de la révolution de Juillet, son nom est scandé dans les rues de Paris et sa candidature au trône de Belgique est un moment évoquée, mais Klemens von Metternich, chancelier d'Autriche, s'y oppose fermement. Il atteint le grade de lieutenant-colonel au régiment Lamezan-Salins.
1811 : naissance le 20 mars au palais des Tuileries à Paris ; titré roi de Rome
1811 : baptême solennel le 9 juin en la cathédrale Notre-Dame de Paris
1814 : première abdication de Napoléon Ier le 4 avril ; l'enfant quitte la France avec sa mère pour Vienne
1814 : traité de Fontainebleau : il est nommé prince de Parme
1815 : lors des Cent-Jours, Napoléon Ier abdique en sa faveur sous le nom de Napoléon II ; règne théorique de deux semaines sans proclamation officielle
1818 : son grand-père François Ier d'Autriche lui confère le titre de duc de Reichstadt
1821 : mort de Napoléon Ier à Sainte-Hélène ; le duc de Reichstadt devient l'héritier présomptif de la succession bonapartiste
1822 : nommé caporal par l'empereur d'Autriche lors d'un repas de famille
1828 : nommé capitaine dans un régiment de chasseurs tyroliens
1830 : lors de la révolution de Juillet, des voix réclament son avènement à Paris ; sa candidature au trône de Belgique est écartée par Metternich
1832 : aggravation de la tuberculose dès janvier ; déclaré perdu en avril par ses médecins
1832 : mort le 22 juillet au palais de Schönbrunn à Vienne, à l'âge de 21 ans
1900 : Edmond Rostand crée la pièce L'Aiglon au théâtre Sarah-Bernhardt à Paris, avec Sarah Bernhardt dans le rôle-titre
1940 : le 15 décembre, Adolf Hitler ordonne le transfert de ses restes aux Invalides à Paris, lors d'une cérémonie nocturne
Napoléon II est le fils unique de Napoléon Ier, premier empereur des Français, et de Marie-Louise d'Autriche, fille de l'empereur François Ier d'Autriche. Par sa mère, il est petit-fils de l'Empereur d'Autriche et arrière-petit-cousin de Marie-Antoinette et de Louis XVI. Sa gouvernante, la comtesse de Montesquiou, assume l'essentiel de son éducation de 1811 à 1814. Après l'exil, sa mère, devenue duchesse de Parme, séjourne peu auprès de lui et contracte un second mariage avec Adam Albert von Neipperg, dont naît la branche des princes de Montenuovo.
A Vienne, le duc de Reichstadt est proche de son grand-père l'empereur François Ier d'Autriche et de l'archiduchesse Sophie, épouse de l'archiduc François-Charles et future mère de François-Joseph Ier d'Autriche. Son ami le plus intime au cours de ses dernières années est le diplomate autrichien Anton von Prokesch-Osten, dont les mémoires constituent une source directe sur sa personnalité. Il meurt sans s'être marié et sans descendance. La mort de son père Napoléon Ier à Sainte-Hélène en 1821 le place formellement à la tête de la succession bonapartiste.
Dès le début de l'année 1832, l'état de santé du duc de Reichstadt se dégrade rapidement, avec de multiples congestions pulmonaires et des pneumonies. Son médecin personnel, le docteur Malfatti, assisté par les docteurs Raiman et Vichrer, le traite initialement pour une affection hépatique alors qu'il est atteint de tuberculose. En avril 1832, les médecins le déclarent perdu. Sa mère Marie-Louise, prévenue, ne rejoint Vienne que le 24 juin 1832. Il meurt le 22 juillet 1832 au palais de Schönbrunn, à 21 ans, sans s'être marié et sans descendance. Victor Hugo lui consacre en août 1832 le poème Napoleon II inclus dans les Chants du crépuscule, où il lui attribue pour la première fois le surnom d'"Aiglon".
Napoléon II est inhumé le 22 juillet 1832 dans la crypte des Capucins (Kapuzinergruft) de Vienne, nécropole des Habsbourg. En décembre 1940, Adolf Hitler ordonne le transfert de ses restes aux Invalides à Paris, lors d'une cérémonie nocturne des 14 et 15 décembre. Sa tombe se trouve aujourd'hui dans la cella de la galerie entourant le tombeau de Napoléon Ier, portant l'inscription "Napoleon II - Roi de Rome".
1 - Lors de sa naissance le 20 mars 1811, le protocole stipulait que 21 coups de canon signaleraient la naissance d'une fille ; la salve s'arrêta au 22e coup, confirmant aux Parisiens l'arrivée d'un héritier mâle.
2 - A son premier anniversaire, en 1812, la comtesse de Montesquiou lui offrit "un cavalier lancier polonais roulant et mouvant" afin d'éveiller très tôt chez l'héritier de l'Empire le goût des choses militaires.
3 - Durant l'été 1822, nommé caporal par son grand-père François Ier d'Autriche, l'enfant de onze ans apparut en uniforme au repas familial, prenant la dernière place de table pour laisser la préséance aux généraux.
4 - Pour réapprendre le français à la bibliothèque impériale de Vienne, le duc de Reichstadt lut les lettres de Madame de Sévigné, avant de découvrir l'épopée de son père dans les ouvrages napoléoniens.
5 - La tombe actuelle aux Invalides occupe un emplacement autrefois réservé aux objets personnels de l'Empereur : père et fils ne sont séparés, dans la crypte, que par l'épaisseur d'une paroi de pierre.
- Métier(s) : prince impérial de France, roi de Rome, duc de Reichstadt, officier dans l'armée autrichienne
- Résidence principale : Vienne (Autriche)
- Relations de couple : aucune alliance documentée
- Enfants : aucun
- Distinctions : titre de duc de Reichstadt (1818, lettres patentes de François Ier d'Autriche)
Ma tombe sera près de mon berceau !
— Paroles rapportées lors du retour du berceau de vermeil offert par la ville de Paris, 1832 (source : Gallica, Vie du duc de Reichstadt)
Si les circonstances le permettent, je désire reposer auprès de mon père.
— Note griffonnée par le duc de Reichstadt au seuil de la mort, 1832 (source : napoleon.org, article sur le retour des cendres de l'Aiglon)
Ma naissance et ma mort, voilà toute mon histoire. Entre mon berceau et ma tombe, il y a un grand zéro.
— Paroles rapportées par plusieurs témoins dont le diplomate Anton von Prokesch-Osten, avril 1832, lors de l'aggravation de sa maladie (source : histoire-en-citations.fr et Gallica, Vie du duc de Reichstadt)