Naissance
Pouchkine, Russie
Nationalité
Astrologie

Biographie

Avant-dernier souverain de la dynastie Romanov, Nicolas II est le dernier empereur de toutes les Russies, qui régna de 1894 à son abdication en 1917. Son règne, marqué par la révolution de 1905, la Première Guerre mondiale et la révolution de Février, s'acheva par son exécution à Iekaterinbourg en 1918.


Parcours

Nicolas Alexandrovitch Romanov naît le 18 mai 1868 à Tsarskoïe Selo, près de Saint-Pétersbourg, fils aîné du tsarévitch Alexandre, futur Alexandre III, et de la princesse Dagmar de Danemark, devenue tsarine sous le nom de Marie Feodorovna. Il devient héritier du trône à douze ans, à la mort de son grand-père Alexandre II en 1881. De 1885 à 1890, il suit les enseignements de juristes et d'économistes à l'université impériale de Saint-Pétersbourg, sans passer d'examens, sous la tutelle notamment du procureur du Saint-Synode Constantin Pobedonostsev, théoricien de l'autocratie. Le futur Premier ministre Serge Witte avait proposé à Alexandre III d'associer son fils aux travaux du Transsibérien, proposition refusée par l'empereur. Nicolas accède au trône le 1er novembre 1894 à la mort de son père.

Couronné le 26 mai 1896 à la cathédrale de la Dormition du Kremlin, son règne s'ouvre sur la catastrophe de la Khodynka, où une bousculade lors des festivités tue plus d'un millier de personnes. Sur le plan économique, Nicolas II hérite d'une dynamique d'industrialisation portée par le ministre des Finances Serge Witte, puis par Piotr Stolypine, président du Conseil à partir de 1906. La Russie devient l'une des premières puissances économiques mondiales et connaît un essor culturel qualifié d'« âge d'argent ». La défaite face au Japon en 1905, la révolution de la même année et le « Dimanche rouge » l'obligent à concéder le manifeste d'octobre, qui crée la Douma. Après l'assassinat de Stolypine en 1911, le pouvoir glisse vers Vladimir Kokovtsov, puis vers des ministres réactionnaires.


Controverse

Le surnom de « Nicolas le Sanglant » lui est attribué après le Dimanche rouge du 9 (22) janvier 1905 : la troupe ouvre le feu sur une manifestation pacifique d'ouvriers menée par le pope Gueorgui Gapone devant le palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg, faisant selon les estimations entre 200 et plus d'un millier de morts. L'ordre de tirer n'émane pas directement de l'empereur, alors à Tsarskoïe Selo, mais du grand-duc Vladimir Alexandrovitch, commandant du district militaire. Nicolas II ne sanctionne pas son oncle et alloue 50 000 roubles aux victimes, geste perçu comme une insulte par l'opinion. Son règne est également marqué par l'influence controversée du starets Grigori Raspoutine sur la famille impériale, à laquelle il est présenté en 1905 par Militza de Monténégro, et par le soutien apporté aux organisations nationalistes telles que l'Union du peuple russe.


Repères chronologiques

1868 : naissance à Tsarskoïe Selo, près de Saint-Pétersbourg
1881 : devient tsarévitch à la mort de son grand-père Alexandre II
1894 : accède au trône le 1er novembre, épouse Alix de Hesse le 26 novembre
1896 : couronnement à Moscou le 26 mai et catastrophe de la Khodynka
1898 : appel à la conférence internationale de paix qui aboutira à la conférence de La Haye
1904 : naissance du tsarévitch Alexis, atteint d'hémophilie ; début de la guerre russo-japonaise
1905 : Dimanche rouge le 22 janvier ; défaite face au Japon ; manifeste d'octobre instituant la Douma
1906 : promulgation des lois fondamentales ; nomination de Piotr Stolypine à la présidence du Conseil
1913 : célébrations du tricentenaire de la dynastie Romanov
1914 : entrée de la Russie dans la Première Guerre mondiale
1915 : prend personnellement le commandement suprême des armées en août
1916 : assassinat de Raspoutine en décembre par un groupe mené par le prince Félix Youssoupoff
1917 : abdique à Pskov le 15 mars en faveur de son frère Michel, qui refuse la couronne
1918 : exécuté avec sa famille à Iekaterinbourg dans la nuit du 16 au 17 juillet


Vie personnelle et engagements

Nicolas est le fils d'Alexandre III, tsar de Russie de 1881 à 1894, et de Marie Feodorovna, née princesse Dagmar de Danemark et fille du roi Christian IX. Par sa mère, il est le cousin germain du roi George V du Royaume-Uni, sa tante Alexandra de Danemark ayant épousé Édouard VII. Il rencontre pour la première fois en 1884 sa cousine éloignée Alix de Hesse-Darmstadt, petite-fille de la reine Victoria et fille du grand-duc Louis IV de Hesse. Il l'épouse le 26 novembre 1894, peu après la mort d'Alexandre III. Convertie à l'orthodoxie, elle prend le nom d'Alexandra Feodorovna. Le couple a cinq enfants : Olga (1895), Tatiana (1897), Maria (1899), Anastasia (1901) et Alexis (1904).

Le précepteur des cinq enfants impériaux est le Suisse Pierre Gilliard, qui partage la captivité de la famille jusqu'à Iekaterinbourg. Le couple impérial vit dans une relative simplicité au palais Alexandre de Tsarskoïe Selo et entretient une correspondance familiale dense avec les cours européennes, notamment avec l'empereur Guillaume II d'Allemagne et le roi George V. L'hémophilie d'Alexis, diagnostiquée à sa naissance, conditionne durablement la vie privée du couple et favorise l'entrée dans leur intimité de Grigori Raspoutine, présenté à la cour en 1905. Nicolas II promeut la conférence internationale de la paix de La Haye en 1899.


Contexte du décès

Détenu après son abdication au palais Alexandre de Tsarskoïe Selo, Nicolas II est transféré en août 1917 à Tobolsk, en Sibérie occidentale, puis en avril 1918 à Iekaterinbourg, dans la villa Ipatiev, surnommée « maison à destination spéciale ». Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, sur ordre du Soviet de l'Oural validé par Iakov Sverdlov, il est exécuté dans la cave de la maison par un détachement de bolcheviks dirigé par Iakov Iourovski, avec son épouse Alexandra Feodorovna, ses cinq enfants, le médecin Evgueni Botkine et trois domestiques. Les corps sont brûlés et les restes dissimulés dans un puits de mine de la région.


Lieux de mémoire

Les restes de Nicolas II, d'Alexandra et de trois de leurs filles, exhumés en 1991, sont inhumés le 17 juillet 1998 dans la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg. L'église sur le Sang versé, édifiée à Iekaterinbourg sur l'emplacement de la villa Ipatiev démolie en 1977, est consacrée en 2003. La famille impériale est canonisée le 20 août 2000 par le Concile de l'Église orthodoxe russe.


Anecdotes

1 - Polyglotte, Nicolas II parlait couramment le russe, le français, l'allemand et l'anglais. Selon ses contemporains, il maîtrisait l'anglais aussi bien que sa langue maternelle.
2 - Sa scolarité fut atypique : il assistait à des cours universitaires sans jamais passer d'examen, l'étiquette impériale interdisant qu'un précepteur reprenne un grand-duc.
3 - Doté d'une mémoire prodigieuse signalée par son ministre de la Guerre Alexandre Roediger, il pouvait citer le numéro et le nom de chaque régiment de son armée ainsi que les états de service de nombreux officiers de la Garde.
4 - Dirigeant de la « Chasse impériale », branche du ministère de la Cour dédiée à son loisir, il y pratiquait régulièrement la chasse, qu'il consignait dans son journal intime tenu quotidiennement de l'adolescence jusqu'en 1918.
5 - À l'initiative de son manifeste de 1898, il est considéré comme l'un des promoteurs de la première conférence internationale de la paix, tenue à La Haye en 1899, à l'origine du droit international humanitaire moderne.
6 - Lors de son abdication signée à Pskov le 15 mars 1917 à 15h05 dans le wagon-salon de son train impérial, il renonça au trône pour lui et pour son fils, contrairement à son intention initiale, après que le médecin Sergueï Fiodorov lui eut confirmé l'incurabilité de l'hémophilie d'Alexis.


Points clés

- Métier(s) : empereur de Russie, roi de Pologne et grand-duc de Finlande de 1894 à 1917
- Résidence principale : palais Alexandre de Tsarskoïe Selo, près de Saint-Pétersbourg
- Relations de couple : époux d'Alexandra Feodorovna, née Alix de Hesse-Darmstadt, à partir du 26 novembre 1894
- Enfants : Olga (1895), Tatiana (1897), Maria (1899), Anastasia (1901), Alexis (1904)
- Distinctions : canonisé comme martyr par l'Église orthodoxe russe le 20 août 2000


Publicité

Célébrités liées

4 relations
Explorer

Autres empereurs

Questions autour de Nicolas II

Quel est le vrai nom de Nicolas II ?
Son nom complet est Nicolas Alexandrovitch Romanov. Il est connu sous le nom de règne de Nicolas II en tant qu'empereur de toutes les Russies.
Pourquoi Nicolas II a-t-il abdiqué ?
Confronté à la révolution de Février 1917, à la défaite militaire et à la pression de son état-major, Nicolas II abdique à Pskov le 15 mars 1917 en faveur de son frère Michel, qui refuse la couronne le lendemain.
Comment Nicolas II est-il mort ?
Nicolas II est exécuté par arme à feu dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 dans la cave de la villa Ipatiev à Iekaterinbourg, avec son épouse, ses cinq enfants et quatre proches, par un détachement de bolcheviks dirigé par Iakov Iourovski.
Combien d'enfants a eu Nicolas II ?
Nicolas II et Alexandra Feodorovna ont eu cinq enfants : quatre filles (Olga, Tatiana, Maria, Anastasia) et un fils, le tsarévitch Alexis, atteint d'hémophilie.
Quel était le surnom de Nicolas II ?
Il est surnommé « Nicolas le Sanglant » (Nikolaï Krovavy) par ses opposants après la répression du Dimanche rouge en janvier 1905, qui fit plusieurs centaines de morts à Saint-Pétersbourg.
Où Nicolas II est-il enterré ?
Les restes de Nicolas II, exhumés en 1991, sont inhumés depuis le 17 juillet 1998 dans la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg.
Nicolas II a-t-il été canonisé ?
Oui. Le 20 août 2000, le Concile de l'Église orthodoxe russe canonise Nicolas II et sa famille comme martyrs, en la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.
Qui est né le même jour que Nicolas II ?
Jean-Pierre Savelli, Chow Yun-fat, Jack Johnson, Sandra et Jari Kurri sont nés le 18 mai comme Nicolas II.
À quel âge est mort Nicolas II ?
Nicolas II est mort à 50 ans, le 17 juillet 1918.
Qui est mort le même jour que Nicolas II ?
Quels noblesse et royautés sont du signe Taureau comme Nicolas II ?
Lien copié dans le presse-papier !