Résumé biographique
Figure marquante du cinéma et de la télévision français des années 1960 à 1980, Alice Sapritch est une actrice d’origine arménienne née à Istanbul, passée par le théâtre classique, la télévision et le cinéma populaire, connue pour ses rôles dramatiques comme pour ses comédies et ses apparitions médiatiques très exposées.
Parcours
Née en 1916 à Ortaköy, près d’Istanbul, Alice Sapritch grandit dans une famille arménienne confrontée à de fortes difficultés financières. Après une jeunesse partagée entre la Turquie et Bruxelles, elle s’installe à Paris à l’adolescence, où elle est d’abord modèle pour des artistes, notamment le sculpteur Charles Despiau. Elle se forme au Cours Simon puis entre au Conservatoire national d’art dramatique, où elle obtient un second accessit de tragédie en 1941 et débute sur scène dans Hamlet . À partir des années 1950, elle enchaîne les seconds rôles au cinéma avant de trouver une large notoriété grâce aux dramatiques télévisées, puis au succès de La Folie des grandeurs au début des années 1970. Elle alterne ensuite téléfilms, comédies de cinéma, théâtre, chansons et ouvrages autobiographiques.
Repères de carrière
29 juillet 1916 : Naissance à Ortaköy, près d’Istanbul (Empire ottoman), dans une famille d’origine arménienne.
1941 : Débuts au théâtre dans Hamlet , dans le rôle de la reine Gertrude, après sa formation au Conservatoire.
1950 : Premiers pas au cinéma avec Le Tampon du capiston , dont le scénario est signé par Guillaume Hanoteau.
1958 : Apparitions dans Premier mai et Le Joueur , qui installent sa présence dans le cinéma français.
1960 : Rôles dans Les Scélérats , La Menace , Le Testament d’Orphée et Tirez sur le pianiste .
1965-1968 : Interprétations remarquées dans des adaptations télévisées comme Destins , Le Chevalier des Touches et Le Curé de village .
1971 : Rôle de Folcoche dans le téléfilm Vipère au poing , adaptation du roman d’Hervé Bazin.
1971 : Interprète Doña Juana dans La Folie des grandeurs de Gérard Oury, aux côtés de Louis de Funès et Yves Montand.
1972-1974 : Participation à plusieurs comédies, notamment Les Joyeux Lurons , Les Vacanciers , Le Plumard en folie , Le Führer en folie et Gross Paris .
1975 : Enregistre un album de chansons, réédité par la suite, et poursuit ses prestations dans les émissions de variétés.
1979 : Rôle dans Les Sœurs Brontë d’André Téchiné.
1983 : Tient un rôle dans le téléfilm Un bon petit diable .
1986 : Interprète le rôle-titre dans le téléfilm L’Affaire Marie Besnard et reçoit un 7 d’or de la meilleure comédienne de fiction.
1989 : Dernier grand rôle télévisé dans Catherine de Médicis d’Yves-André Hubert.
24 mars 1990 : Décès à 73 ans à Paris (VIe).
Vie personnelle et engagements
D’origine arménienne, Alice Sapritch grandit dans un contexte familial instable, marqué par les dettes de jeu de son père, professeur de français. Après l’exil familial hors de Turquie et des études poursuivies à Bruxelles, elle s’installe seule à Paris, où elle choisit la carrière théâtrale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle entretient une relation avec l’écrivain Robert Brasillach. À la Libération, elle rencontre Guillaume Hanoteau, écrivain et journaliste, qu’elle épouse en 1950 avant un divorce prononcé en 1971. Elle n’a pas d’enfant. Très liée à la communauté arménienne, elle participe à des rassemblements de la diaspora. Elle compte notamment parmi ses proches l’écrivain et critique Jean-Louis Bory, qu’elle visite régulièrement en maison de repos, et s’implique dans la vie culturelle par ses livres, ses interviews et ses participations à des émissions radiophoniques et télévisées.
Anecdotes
1 – À son arrivée à Paris, adolescente, elle pose comme modèle pour des artistes, dont le sculpteur Charles Despiau, avant même d’entrer au Cours Simon.
2 – Elle se fait connaître du grand public radiophonique en participant régulièrement à l’émission Les Grosses Têtes , où sa réplique « T’occupe ! » devient récurrente.
3 – Dans La Folie des grandeurs , son strip-tease burlesque de Doña Juana reste l’une des scènes les plus souvent citées de sa filmographie.
4 – Elle tourne au début des années 1980 plusieurs spots publicitaires pour la marque de produits d’entretien Jex Four, jouant avec la phrase « Avant, j’étais moche » et avec son image publique.
5 – Elle enregistre un album de chansons en 1975 et un 45 tours intitulé Slowez-moi
6 - Elle a été imitée par Thierry Le Luron, ce qu’elle n’acceptait que difficilement au début. en 1986, prolongeant sa présence dans les émissions de variétés.
7 – À la fin de sa carrière, elle revient vers des rôles dramatiques, notamment avec Les Sœurs Brontë et L’Affaire Marie Besnard , qui lui valent une reconnaissance critique renforcée.
Lieux de mémoire
Née à Ortaköy, près d’Istanbul, Alice Sapritch passe son enfance entre la Turquie et Bruxelles avant de s’installer durablement à Paris, où elle mène l’essentiel de sa carrière. Elle meurt le 24 mars 1990 dans le VIe arrondissement de Paris. Incinérée au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, elle voit ses cendres dispersées dans une rivière, faisant de Paris et d’Istanbul les principaux lieux de référence associés à sa mémoire.
Contexte du décès
Le 24 mars 1990, Alice Sapritch décède à 73 ans dans le VIe arrondissement de Paris, à la suite d’un malaise respiratoire signalé par la presse au moment de l’annonce de sa mort. Hospitalisée à Paris, elle meurt loin des plateaux de tournage qui l’avaient rendue célèbre. Conformément aux informations disponibles, son corps est incinéré au crématorium du cimetière du Père-Lachaise à Paris. Ses cendres sont ensuite dispersées dans une rivière. Sa disparition donne lieu à des hommages dans les médias audiovisuels et la presse écrite, qui rappellent sa carrière à la télévision, au cinéma et au théâtre.
Points clés
• Métier(s) : actrice, chanteuse, autrice de récits autobiographiques et d’un roman
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Robert Brasillach (relation avant 1945), Guillaume Hanoteau (mariage 1950–1971)
• Enfants : aucun
• Distinctions : 7 d’or de la meilleure comédienne de fiction pour L’Affaire Marie Besnard (1986), chevalier de la Légion d’honneur (remise par le président François Mitterrand)