Michèle Barzach, gynécologue et psychanalyste française née le 11 juillet 1943 à Casablanca (Maroc), a exercé les fonctions de ministre de la Santé et de la Famille de 1986 à 1988 et a été la première à engager une politique publique nationale de lutte contre le sida en France.
Née dans une famille juive d'Afrique du Nord, Michèle Barzach effectue ses études secondaires à Casablanca avant de rejoindre Paris pour sa formation médicale à la Faculté de médecine, où elle obtient le statut d'externe des hôpitaux et le titre de lauréate. Elle y complète un certificat d'études spécialisées en gynécologie et une formation de psychanalyste, puis s'attache à l'hôpital de Neuilly pour son exercice libéral. En parallèle, elle suit des séminaires de créativité à l'université de Buffalo (État de New York) en 1973-1974 et organise en 1975 en France un séminaire de Bruno Bettelheim consacré à l'autisme infantile. En 1974, elle co-signe avec le psychologue Clotaire Rapaille l'essai Je t'aime, je ne t'aime pas, consacré à la créativité et à la spontanéité collectives. De 1970 à 1986, elle exerce comme gynécologue et psychanalyste à Paris.
Militante au Rassemblement pour la République pendant une décennie, Michèle Barzach est lancée sur la scène politique par Jacques Toubon. Après avoir été conseillère d'arrondissement et adjointe au maire du XVe arrondissement de Paris, elle est nommée en mars 1986 ministre de la Santé et de la Famille dans le second gouvernement Jacques Chirac, où elle exerce ses fonctions en tant que ministre déléguée sous l'autorité du ministre des Affaires sociales Philippe Séguin. Face à l'épidémie de sida dont le virus a été identifié en 1983 par l'équipe de Luc Montagnier à l'Institut Pasteur, elle fait autoriser la publicité pour les préservatifs à la télévision et obtient le vote d'une loi levant une interdiction ancienne. Le 13 mai 1987, elle signe un décret autorisant la vente libre de seringues en pharmacie, rompant avec la loi de 1970 sur les drogues. En 1988, une circulaire engage le regroupement des maternités. Elle publie en 1989 Le Paravent des égoïsmes et en 1994 Vérités et tabous.
Le 6 mai 1986, une semaine après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, Michèle Barzach publie des communiqués officiels indiquant que le passage du nuage radioactif sur la France ne représente aucun risque sanitaire et que les femmes enceintes n'ont aucune précaution particulière à prendre. Elle s'appuie alors sur les évaluations du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), dirigé par le professeur Pierre Pellerin. Ces déclarations ont été contestées dans les années suivantes par des associations de victimes et par la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), qui ont établi que la contamination radioactive avait touché le territoire français, notamment dans le Sud-Est et en Corse. La cour d'appel de Paris a prononcé un non-lieu définitif en 2012 dans l'enquête relative à l'impact du nuage de Tchernobyl en France.
En 2020, le New York Times relaie le témoignage de Francesca Gee, ancienne victime de l'écrivain Gabriel Matzneff, selon lequel Michèle Barzach aurait été la gynécologue chez qui Matzneff amenait ses jeunes victimes pour leur faire prescrire la pilule contraceptive, alors que la loi interdisait la prescription de contraceptifs aux mineures sans accord parental. Elle est entendue à deux reprises par les policiers de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) à Nanterre, en qualité de témoin, dans le cadre de l'enquête pour viols sur mineurs visant Gabriel Matzneff, ouverte après la publication du livre Le Consentement de Vanessa Springora.
1943 : Naissance le 11 juillet à Casablanca (Maroc), dans une famille juive d'Afrique du Nord.
1970 : Début de l'exercice libéral de gynécologie et de psychanalyse à Paris, attachée à l'hôpital de Neuilly.
1974 : Publication de Je t'aime, je ne t'aime pas, co-signé avec Clotaire Rapaille.
1983 : Élection comme conseillère d'arrondissement puis adjointe au maire du XVe arrondissement de Paris.
1986 : Nomination comme ministre de la Santé et de la Famille dans le second gouvernement Jacques Chirac (20 mars) ; engagement de la première politique publique française contre le sida.
1986 : Déclaration officielle indiquant l'absence de risque sanitaire lié au passage du nuage radioactif de Tchernobyl sur la France (6 mai).
1987 : Signature du décret autorisant la vente libre de seringues en pharmacie (13 mai).
1988 : Fin du mandat ministériel (10 mai) ; élection comme députée de Paris.
1989 : Élection comme adjointe au maire de Paris et comme députée européenne sur la liste UDF-RPR de Valéry Giscard d'Estaing.
1989-1990 : Adhésion au mouvement des "Rénovateurs" au sein du RPR, mené notamment par Michel Noir ; perte des mandats de Paris et exclusion de la direction du parti.
1994 : Publication de Vérités et tabous aux Éditions du Seuil.
1996 : Co-animation avec Simone Veil d'un Manifeste pour la Parité en politique.
2008 : Remise de l'insigne d'Officière de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy (14 juillet).
2012-2015 : Présidence de l'UNICEF France, succédant à Jacques Hintzy.
2020 : Audition comme témoin par l'OCRVP à Nanterre dans le cadre de l'affaire Gabriel Matzneff.
Michèle Barzach est issue d'une famille juive d'Afrique du Nord, originaire de Casablanca (Maroc), où elle effectue ses études secondaires. Arrivée à Paris pour ses études médicales à la Faculté de médecine, elle y est lauréate et ancienne externe des hôpitaux, avant d'obtenir son CES de gynécologie et une formation de psychanalyste. Sa carrière libérale s'ancre à l'hôpital de Neuilly de 1970 à 1986, période au cours de laquelle elle co-publie avec Clotaire Rapaille un essai sur la créativité et organise en 1975 un séminaire de Bruno Bettelheim sur l'autisme infantile. Les informations relatives à son conjoint et à ses enfants ne sont pas documentées publiquement.
Proche de Jacques Chirac pendant son mandat ministériel, Michèle Barzach s'en éloigne en 1989-1990 en rejoignant le mouvement des "Rénovateurs" au sein du RPR. En 1996, elle co-anime avec Simone Veil un Manifeste pour la Parité en politique, démarche ayant contribué à une révision constitutionnelle en 1999. Depuis 1990, elle conduit des missions humanitaires avec Médecins du Monde dans des pays tels que l'Afghanistan, le Cambodge, l'Ouganda et le Vietnam. Elle préside l'association Les Amis du Fonds mondial Europe, consacrée à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, avant d'être élue présidente de l'UNICEF France en 2012, poste qu'elle occupe jusqu'en 2015.
1 - Pour permettre la publicité pour les préservatifs à la télévision, Michèle Barzach doit obtenir le vote d'une loi spécifique : les préservatifs étant classés légalement comme contraceptifs, leur publicité était interdite depuis des décennies, et la majorité de son propre camp politique y était opposée.
2 - Le décret signé le 13 mai 1987 autorisant la vente libre de seringues contredit directement la loi de 1970 sur les stupéfiants : prise en pleine cohabitation, cette mesure constitue l'un des premiers actes officiels de réduction des risques en France.
3 - En 1975, alors qu'elle exerce encore en cabinet libéral, Michèle Barzach organise en France un séminaire du psychiatre Bruno Bettelheim consacré à l'autisme infantile, dix ans avant son entrée au gouvernement.
4 - Avec Simone Veil, elle co-anime en 1996 un Manifeste pour la Parité en politique qui réunit des femmes de sensibilités différentes ; ce texte contribue à la révision constitutionnelle de 1999 sur la parité, adoptée sous le gouvernement Lionel Jospin.
5 - Lors de son élection à la présidence de l'UNICEF France en juin 2012, succédant à Jacques Hintzy qui avait dirigé l'organisation pendant treize ans, Michèle Barzach oriente son mandat sur la pauvreté infantile en France et l'engagement des jeunes comme acteurs du changement.
Michèle Barzach est décédée le 26 octobre 2026 à Paris, en fin de matinée. La cause du décès est un accident vasculaire cérébral, confirmé par sa fille Tatiana Renard-Barzach dans une annonce à l'Agence France-Presse.
- Métier(s) : Gynécologue, psychanalyste, femme politique, présidente d'UNICEF France (2012-2015)
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : non documentées
- Enfants : non documentés
- Distinctions : Officière de la Légion d'honneur (2008)