Naissance
Rangoun, Birmanie
Nationalité
birmane
Astrologie

Biographie

Aung San Suu Kyi, femme d'Etat birmane née le 19 juin 1945 à Rangoun, est lauréate du prix Nobel de la paix de 1991 et cofondatrice de la Ligue nationale pour la démocratie. Fille du général Aung San, héros de l'indépendance assassiné en 1947, elle a dirigé de facto le Myanmar de 2016 à 2021 avant d'être renversée par un coup d'Etat militaire.


Parcours

Née à Rangoun dans une famille au centre de l'histoire birmane, Aung San Suu Kyi quitte le pays avec sa mère Khin Kyi, nommée ambassadrice de Birmanie en Inde en 1960. Elle achève ses études secondaires au Lady Shri Ram College for Women de New Delhi avant de rejoindre Oxford en 1964, où elle suit un cursus de philosophie, politique et économie au St Hugh's College jusqu'en 1968. En 1969, elle s'installe à New York et devient secrétaire-assistante du comité des questions administratives et budgétaires au siège de l'Organisation des Nations unies, poste qu'elle occupe jusqu'en 1971. Elle y est hébergée par sa compatriote Ma Than E. Elle rencontre à Oxford l'universitaire britannique Michael Aris, spécialiste des civilisations tibétaines, qu'elle épouse en 1972. Le couple vit entre le Royaume-Uni et le Bhoutan, où Aris mène ses recherches. En 1985, des travaux académiques sur son père la conduisent à l'université de Kyoto, au Japon. La même année, elle s'inscrit à l'Ecole des études orientales et africaines de Londres pour préparer un master en philosophie, formation qu'elle abandonne en 1988 pour retourner à Rangoun au chevet de sa mère malade.

De retour en Birmanie dans un contexte de soulèvement populaire contre le régime militaire du général Ne Win, Aung San Suu Kyi fait sa première apparition publique le 26 août 1988 devant la pagode Shwedagon, attirant plusieurs centaines de milliers de personnes. Le 24 septembre 1988, avec les anciens généraux Aung Gyi et Tin Oo, elle cofonde la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et en devient secrétaire générale. La junte militaire, le Conseil d'Etat pour la restauration de la Loi et de l'Ordre, l'assigne à résidence le 20 juillet 1989. Malgré cet enfermement, la LND remporte les élections générales de mai 1990 avec 58,7 % des voix et 392 sièges sur 492. Le régime refuse de reconnaître les résultats. Maintenue en détention, Aung San Suu Kyi reçoit le prix Sakharov du Parlement européen et le prix Rafto norvégien en 1990, puis le prix Nobel de la paix en 1991 pour sa lutte non violente en faveur de la démocratie et des droits humains. Elle n'est libérée de sa première période de résidence surveillée qu'en juillet 1995. Après deux nouvelles périodes de détention (2000-2002 et 2003-2010), elle est définitivement libérée le 13 novembre 2010.


Controverse

A partir de 2016, la gestion par Aung San Suu Kyi de la crise touchant la minorité musulmane rohingya dans l'Etat d'Arakan fait l'objet de critiques documentées à l'échelle internationale. Des opérations militaires conduites en 2016 et 2017 entrainent la fuite de quelque 750 000 Rohingyas vers le Bangladesh. La Gambie saisit la Cour internationale de justice (CIJ) en 2019 au nom de l'Organisation de la coopération islamique, accusant le Myanmar de génocide. En décembre 2019, Aung San Suu Kyi conduit personnellement la délégation birmane devant la CIJ et nie toute intention génocidaire, reconnaissant seulement qu'un usage disproportionné de la force ne pouvait être exclu. En conséquence de cette position, plusieurs distinctions lui sont retirées : le conseil municipal d'Oxford révoque à l'unanimité les clés de la ville, le St Hugh's College d'Oxford retire son portrait, le Conseil de Paris lui retire sa citoyenneté d'honneur accordée en 2004, et le United States Holocaust Memorial Museum reprend son prix. L'université catholique de Louvain supprime son nom d'une de ses chaires. Après le coup d'Etat du 1er février 2021, elle est arrêtée et jugée à huis clos par des tribunaux contrôlés par la junte. Condamnée à 33 ans de prison au total pour corruption, fraude électorale et violation de secrets d'Etat, sa peine est ramenée à 27 ans à la suite d'une grâce partielle accordée en 2023. Les organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, qualifient ces accusations de fabricées et politiquement motivées. En avril-mai 2026, sa peine est réduite à deux reprises d'un sixième dans le cadre d'amnisties générales décrétées par Min Aung Hlaing, désormais président, et le reste de sa peine est commué en assignation à résidence.


Repères chronologiques

1945 : naissance le 19 juin à Rangoun, Birmanie.
1947 : assassinat de son père, le général Aung San, le 19 juillet, alors qu'elle a deux ans.
1960 : sa mère Khin Kyi est nommée ambassadrice de Birmanie en Inde ; Suu Kyi la rejoint à New Delhi.
1964 : entrée au St Hugh's College d'Oxford pour des études de philosophie, politique et économie.
1969 : poste de secrétaire-assistante au comité budgétaire du siège de l'ONU à New York.
1972 : mariage avec Michael Aris à Londres ; installation partagée entre le Royaume-Uni et le Bhoutan.
1988 : retour en Birmanie ; discours devant la pagode Shwedagon le 26 août ; cofondation de la LND le 24 septembre avec Aung Gyi et Tin Oo.
1989 : assignation à résidence par la junte militaire le 20 juillet.
1990 : victoire de la LND aux élections générales (58,7 % des voix), résultats annulés par l'armée ; prix Sakharov et prix Rafto.
1991 : attribution du prix Nobel de la paix, reçu en son nom par son fils Alexander Aris à Oslo.
1995 : première libération de résidence surveillée en juillet.
1999 : décès de Michael Aris d'un cancer de la prostate le 27 mars ; Suu Kyi ne peut assister aux obsèques de son mari.
2010 : libération définitive de résidence surveillée le 13 novembre.
2012 : élue députée à la faveur des élections partielles d'avril ; réception physique du prix Nobel de la paix à Oslo en juin.
2015 : victoire électorale de la LND aux législatives de novembre avec une majorité absolue.
2016 : nomination comme conseillère de l'Etat et ministre des Affaires étrangères ; cheffe de gouvernement de facto à partir d'avril.
2019 : représentation personnelle du Myanmar devant la CIJ à La Haye en décembre dans l'affaire rohingya.
2021 : renversement par le coup d'Etat militaire du 1er février ; arrestation et détention dans un lieu tenu secret.
2022 : condamnations successives à huis clos portant la peine à 33 ans de prison ; transfert en prison à Naypyidaw en juin.
2026 : peine réduite à 27 ans puis commuée en assignation à résidence par ordre du président Min Aung Hlaing en avril-mai.


Vie personnelle et engagements

Aung San Suu Kyi est la fille du général Aung San, figure centrale de l'indépendance birmane, et de Khin Kyi, diplomate nommée ambassadrice de Birmanie en Inde en 1960. L'un de ses deux frères, Aung San Lin, décède accidentellement alors qu'elle a huit ans. Elle épouse en 1972 Michael Aris, spécialiste britannique des civilisations tibétaines rencontré à Oxford, avec lequel elle a deux fils : Alexander Aris, né en 1973 à Londres, et Kim Aris, né en 1977 à Oxford. Michael Aris décède le 27 mars 1999 d'un cancer de la prostate. Assignée à résidence à plusieurs reprises, Aung San Suu Kyi ne peut se rendre aux obsèques de son mari, craignant de se voir interdire le retour en Birmanie. Son fils Kim Aris exprime publiquement ses inquiétudes sur l'état de santé de sa mère depuis 2021.

Fortement influencée par la philosophie non violente du Mahatma Gandhi, Aung San Suu Kyi axe tout son engagement sur le rejet de la violence comme moyen politique. Lors de ses années de détention, elle apprend le français sur cassettes audio. Le groupe U2 lui dédie en 2000 la chanson Walk On, interdite en Birmanie par la junte. Des artistes tels que Coldplay, R.E.M., Jane Birkin et Jim Carrey soutiennent publiquement sa cause. Le philosophe et militant Stéphane Hessel entretient avec elle un dialogue enregistré en 2012 par Radio France Internationale. Elle participe en tant que membre honoraire aux activités du groupe The Elders depuis 2007, aux côtés de personnalités comme le 14e dalaï-lama Tenzin Gyatso, qui lui adresse plusieurs lettres publiques appelant à une solution pacifique pour les Rohingyas.


Anecdotes

1 - En 1969, Aung San Suu Kyi s'inscrit à un second cycle universitaire à New York mais abandonne après quelques semaines ; elle est alors hébergée pendant trois ans par sa compatriote Ma Than E, fonctionnaire en poste à l'ONU, qui lui trouve le poste de secrétaire-assistante au siège de l'organisation.
2 - Son nom est une construction familiale composite : "Aung San" est le patronyme de son père, "Suu" le prénom de sa grand-mère maternelle, et "Kyi" le prénom de sa mère Khin Kyi. Son identité nominale fusionne ainsi trois générations.
3 - En 2000, les MTV Europe Music Awards lui remettent leur prix "Free Your Mind" (Libère ton esprit) pour l'ensemble de son combat, alors qu'elle est détenue en résidence surveillée et dans l'incapacité de recevoir la distinction.
4 - Durant ses années d'isolement, Aung San Suu Kyi apprend le français en autodidacte, à partir de cassettes audio, selon une déclaration rapportée par le journal Libération lors de sa libération en novembre 2010.
5 - Des recherches académiques sur la biographie de son père la conduisent à l'université de Kyoto au Japon en 1985, avant qu'elle ne s'inscrive à l'Ecole des études orientales et africaines de Londres pour un master en philosophie, qu'elle abandonne pour retourner au chevet de sa mère malade.


Points clés

- Métier(s) : femme d'Etat, militante des droits humains, autrice
- Résidence principale : Naypyidaw (Myanmar), en assignation à résidence depuis mai 2026
- Relations de couple : Michael Aris (1972-1999, décédé)
- Enfants : deux fils, Alexander Aris (né en 1973) et Kim Aris (né en 1977)
- Distinctions : prix Rafto 1990, prix Sakharov 1990, prix Nobel de la paix 1991, médaille présidentielle de la Liberté (Etats-Unis) 2000, ambassadrice de la conscience d'Amnesty International 2009, commandeure de la Légion d'honneur 2012 ; docteur honoris causa de l'Université libre de Bruxelles et de l'Université catholique de Louvain


Autres responsables politiques nés dans les années 1940

Citations

« Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l'exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime. »

— Essai Freedom from Fear, 1990 (traduit de l'anglais)

« On ne peut pas exclure qu'il y ait eu un usage disproportionné de la force par les services de défense dans certains cas. Mais, dans ces circonstances, l'intention de génocide ne peut assurément pas être la seule hypothèse. »

— Plaidoirie devant la Cour internationale de justice, La Haye, 10 décembre 2019 (traduit de l'anglais)

« Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. »

— Essai Freedom from Fear, 1990 (traduit de l'anglais)

La seule réelle prison est la peur et la seule vraie liberté est de se libérer de la peur.
Vous ne devriez jamais laisser vos peurs vous empêcher de faire ce que vous savez être juste.
Même le plus petit geste de bonté peut alléger un coeur lourd. La gentillesse peut changer le coeur des gens.
Il ne faut jamais désespérer et se battre, car se battre, ne serait-ce que pour une seule personne, suffit à justifier le combat.
Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l'exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime...
L'éducation et la responsabilisation des femmes ne peuvent pas, dans le monde entier, ne pas aboutir à plus d'attention, de tolérance, de justice et de vie paisible pour tous.

Questions autour de Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi est-elle toujours en prison ?
Non. Depuis avril-mai 2026, Aung San Suu Kyi purge le reste de sa peine en assignation à résidence, sur ordre du président Min Aung Hlaing. Elle avait été condamnée à 33 ans de prison après le coup d'Etat de 2021, peine ensuite réduite à 27 ans.
Pourquoi Aung San Suu Kyi a-t-elle obtenu le prix Nobel de la paix ?
Le comité Nobel lui a décerné le prix en 1991 pour sa lutte non violente en faveur de la démocratie et des droits humains en Birmanie, menée depuis sa résidence surveillée imposée par la junte militaire.
Aung San Suu Kyi a-t-elle des enfants ?
Oui. Aung San Suu Kyi a deux fils avec son mari Michael Aris : Alexander Aris, né en 1973 à Londres, et Kim Aris, né en 1977 à Oxford.
Pourquoi Aung San Suu Kyi a-t-elle été condamnée en prison ?
Après le coup d'Etat militaire du 1er février 2021, des tribunaux contrôlés par la junte l'ont condamnée à 33 ans de prison pour corruption, fraude électorale et violation de secrets d'Etat. Les organisations de droits humains qualifient ces charges de politiquement motivées.
Quel livre Aung San Suu Kyi a-t-elle écrit ?
Son recueil d'essais le plus connu est Freedom from Fear (Libérez-nous de la peur), publié en 1991, dont l'essai éponyme s'ouvre sur la phrase : "Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
Qui est né le même jour que Aung San Suu Kyi ?
Salman Rushdie, KSI, Michael Burry, Louis Bielle-Biarrey et Paula Abdul sont nés le 19 juin comme Aung San Suu Kyi.
Quel âge a Aung San Suu Kyi ?
Aung San Suu Kyi a 81 ans. Elle aura 82 ans le 19 juin.
Quels responsables politiques sont nés en 1945 comme Aung San Suu Kyi ?
Quels responsables politiques sont du signe Gémeaux comme Aung San Suu Kyi ?
Lien copié dans le presse-papier !