Avocat de formation et figure de la droite parisienne, Claude Goasguen est un homme politique français né en 1945 à Toulon et mort en 2020. Ministre éphémère en 1995, député de Paris de 1993 à sa mort et maire du 16e arrondissement de 2008 à 2017, il a marqué la vie politique de la capitale.
Né à Toulon en 1945, Claude Goasguen suit des études de droit à l'université de Paris, devenue l'université Paris-II Panthéon-Assas après mai 68. Docteur en droit en 1976, spécialiste de l'histoire du droit et du droit romain, il enseigne à l'université Paris XIII où il occupe la fonction de doyen de la faculté de droit de 1982 à 1984. En 1986, il entre au cabinet du ministre de l'Éducation nationale René Monory comme conseiller technique, avant d'être nommé inspecteur général de l'Éducation nationale en 1987 puis directeur du Centre national d'enseignement à distance. Sa carrière administrative se double d'un engagement politique précoce : proche d'Alain Madelin, il rejoint la Fédération nationale des républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing, puis le Centre des démocrates sociaux et l'Union pour la démocratie française.
Élu conseiller de Paris en 1983, Claude Goasguen devient adjoint du maire Jacques Chirac chargé des affaires étrangères de 1989 à 1995, puis adjoint de Jean Tiberi aux affaires scolaires. Député du 13e arrondissement en 1993 comme suppléant de Jacques Toubon, il est ministre de la Réforme de l'État dans le premier gouvernement d'Alain Juppé de mai à novembre 1995. Secrétaire général de l'UDF de 1996 à 1998, il devient vice-président et porte-parole de Démocratie libérale, puis rejoint l'UMP en 2002. Réélu député sans discontinuer à partir de 1997, il préside le groupe UMP au Conseil de Paris. En 2008, il est élu maire du 16e arrondissement, fonction qu'il abandonne en 2017 du fait de la loi sur le non-cumul des mandats, choisissant de conserver son siège de député.
En février 2014, lors d'un débat à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Manuel Valls reproche à Claude Goasguen son passé à l'extrême droite dans sa jeunesse, déclenchant un vif échange dans l'hémicycle. Les historiens Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard ont documenté sa participation, en 1971, à la rédaction du programme du mouvement Ordre nouveau, aux côtés d'Hervé Novelli. Claude Goasguen a toujours nié avoir été membre du mouvement Occident, tout en reconnaissant des liens avec cette organisation durant ses années étudiantes.
1945 : naissance à Toulon le 12 mars
1976 : obtention du doctorat en droit à Panthéon-Assas
1983 : première élection au Conseil de Paris
1987 : nomination comme inspecteur général de l'Éducation nationale
1989 : adjoint au maire de Paris Jacques Chirac
1993 : entrée à l'Assemblée nationale comme suppléant de Jacques Toubon
1995 : ministre de la Réforme de l'État sous Alain Juppé (mai à novembre)
2002 : adhésion à l'UMP, présidence du groupe au Conseil de Paris
2006 : publication de Allô Paris bobo
2008 : élection comme maire du 16e arrondissement de Paris
2017 : démission de la mairie du 16e en raison du non-cumul des mandats
2020 : mort le 28 mai à Issy-les-Moulineaux
2021 : inauguration d'une place Claude-Goasguen dans le 16e arrondissement
Claude Goasguen est issu de la communauté bretonne installée à Toulon et déménage à Paris durant son adolescence. Élève au lycée Henri-IV, il poursuit ses études supérieures à la faculté de droit de l'université de Paris, future Paris-II Panthéon-Assas, où il préside la Corpo d'Assas en 1968. Remarié à Camille Fiévet, il est père de deux fils, Gilles et Olivier, ce dernier né d'un premier mariage. Sa formation de juriste, axée sur l'histoire du droit et le droit romain, irrigue toute sa carrière, des fonctions universitaires aux mandats parlementaires.
Proche dès sa jeunesse d'Alain Madelin, Hervé Novelli, Patrick Devedjian et Gérard Longuet, Claude Goasguen lie son destin politique à la mouvance libérale de la droite. Président du groupe parlementaire d'amitié France-Israël, il défend un soutien affirmé à l'État d'Israël et se mobilise notamment pour le soldat Gilad Shalit. Partisan d'un libéralisme économique et de l'atlantisme, il devient en 2019 le conseiller politique de Rachida Dati pour la campagne des municipales parisiennes de 2020, après avoir soutenu l'investiture de Francis Szpiner dans le 16e arrondissement.
Atteint de la Covid-19, Claude Goasguen est hospitalisé et placé en coma artificiel, passant vingt-deux jours en réanimation. Alors qu'il se rétablissait de la maladie, il meurt d'un arrêt cardiaque le 28 mai 2020 à l'hôpital Corentin-Celton d'Issy-les-Moulineaux, à l'âge de 75 ans. De nombreuses personnalités lui rendent hommage : le président Emmanuel Macron salue par communiqué une voix du débat républicain, tandis que Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Christian Jacob expriment publiquement leur émotion. La commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale lui consacre un hommage le 3 juin 2020.
Claude Goasguen est inhumé au cimetière de Passy, dans le quartier de la Muette à Paris (3e division). En 2021, une place Claude-Goasguen est inaugurée dans le 16e arrondissement, dont il fut le député-maire, en hommage à son action municipale.
1 - Spécialiste du droit romain, Claude Goasguen consacre sa thèse de 1976 aux Français ayant servi l'étranger sous le premier Empire, un sujet d'histoire du droit éloigné de ses engagements politiques ultérieurs.
2 - Au cabinet du ministre René Monory, il milite pour la reconnaissance des besoins éducatifs des enfants précoces, soutenant une classe pilote à l'école Las Planas de Nice dirigée par le psychologue Jean-Charles Terrassier.
3 - En 1998, il participe avec Jacques Toubon à la création du groupe dissident P.A.R.I.S. au Conseil de Paris, une tentative de renverser le maire Jean Tiberi qui se solde par un échec.
4 - Maître de conférences à HEC à partir de 2003, il poursuit une activité d'enseignement parallèlement à ses mandats parlementaires.
5 - En 2014, il accompagne treize parlementaires français à Moscou pour exprimer un soutien aux dirigeants russes après l'annexion de la Crimée, s'opposant à l'annulation de la livraison des navires Mistral.
- Métier(s) : homme politique, avocat, universitaire
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : remarié à Camille Fiévet
- Enfants : deux fils, Gilles et Olivier
- Distinctions : Légion d'honneur (1996)