Jacques Toubon, né le 29 juin 1941 à Nice, est un haut fonctionnaire, avocat et homme politique français, successivement ministre de la Culture et de la Francophonie, Garde des Sceaux sous Jacques Chirac, et Défenseur des droits de 2014 à 2020.
Fils de Pierre-Constant Toubon et de Yolande Molinas, Jacques Toubon grandit à Nice avant de suivre des études supérieures à l'Institut d'études politiques de Lyon, puis à l'École nationale d'administration (promotion Stendhal, 1965). Licencié en droit public, il débute sa carrière comme administrateur civil, directeur de cabinet du préfet des Pyrénées-Atlantiques. Entre 1968 et 1972, il intègre les cabinets ministériels de l'Outre-mer, puis accompagne Jacques Chirac dans ses successives fonctions aux ministères des Relations avec le Parlement, de l'Agriculture et de l'Intérieur. Lorsque Jacques Chirac est nommé Premier ministre, Toubon devient l'un de ses conseillers techniques à Matignon (1974-1976). Il participe ensuite à la fondation du Rassemblement pour la République (RPR) en 1976, dont il est délégué national chargé des élections (1976-1978), puis secrétaire général adjoint (1978-1981), et enfin secrétaire général (1984-1988). En 1981, il remporte la 19e circonscription de Paris à l'Assemblée nationale, mandat qu'il conserve jusqu'à sa nomination ministérielle en 1993.
En mars 1993, Jacques Toubon succède à Jack Lang au ministère de la Culture et de la Francophonie dans le gouvernement d'Édouard Balladur. Son action se distingue par la décentralisation des budgets culturels vers les DRAC, la rénovation de musées de province à Rouen, Lyon, Lille et Strasbourg, et le dépôt de la loi Toubon du 4 août 1994 sur l'emploi de la langue française, qui impose l'usage du français dans les publications officielles et instaure un quota de 40 % de chansons francophones sur les radios. En mai 1995, il est nommé Garde des Sceaux dans les gouvernements Alain Juppé I et II jusqu'en juin 1997. De 2004 à 2009, il est député européen pour l'UMP. Nommé en 2014 par François Hollande en remplacement de Dominique Baudis, décédé, il exerce le mandat de Défenseur des droits jusqu'en juillet 2020. En décembre 2021, il prête serment en qualité d'avocat au barreau de Paris et rejoint le cabinet Dentons comme consultant senior.
En octobre 1996, alors que le procureur d'Évry Laurent Davenas est en vacances dans l'Himalaya, son adjoint Hubert Dujardin ouvre une information judiciaire visant Xavière Tiberi, épouse du maire de Paris Jean Tiberi, pour les conditions de production d'un rapport sur la coopération décentralisée de l'Essonne. Jacques Toubon, alors Garde des Sceaux, et Marc Moinard affrètent un hélicoptère pour tenter de rapatrier le procureur et, selon plusieurs médias dont Libération, tenter d'entraver l'ouverture de la procédure. Cette intervention, rapportée par la presse nationale, suscite une controverse sur l'indépendance de la justice. Jacques Toubon a initialement nié puis reconnu les faits lors d'une émission sur Canal+, affirmant avoir agi dans le cadre légal. Aucune condamnation pénale n'est prononcée à son encontre dans ce dossier. En novembre 1999, il est mis en examen pour complicité de prise illégale d'intérêts, puis en août 2001 pour recel d'abus de biens sociaux par la juge Eva Joly, à la suite de l'utilisation d'un bateau en 1993-1994. Un non-lieu est prononcé par la cour d'appel de Montpellier en février 2003.
1941 : naissance le 29 juin à Nice, dans une famille niçoise
1965 : diplômé de l'École nationale d'administration (promotion Stendhal)
1968 : intègre le cabinet ministériel de l'Outre-mer, premier poste gouvernemental
1974 : devient conseiller technique de Jacques Chirac à Matignon
1976 : participe à la fondation du RPR, dont il est délégué national chargé des élections
1981 : élu député de Paris pour la 19e circonscription, à l'Assemblée nationale
1983 : élu maire du 13e arrondissement de Paris, poste qu'il occupera jusqu'en 2001
1984 : nommé secrétaire général du RPR, fonction exercée jusqu'en 1988
1993 : nommé ministre de la Culture et de la Francophonie dans le gouvernement Balladur
1994 : promulgation de la loi Toubon (loi n° 94-665 du 4 août 1994) sur l'emploi de la langue française
1995 : nommé Garde des Sceaux dans les gouvernements Juppé I et II
1996 : affaire de l'hélicoptère dans l'Himalaya, polemique sur l'indépendance de la justice
2004 : élu député européen pour l'UMP, mandat exercé jusqu'en 2009
2014 : nommé Défenseur des droits par François Hollande, en remplacement de Dominique Baudis
2021 : prête serment en qualité d'avocat au barreau de Paris, rejoint le cabinet Dentons
Jacques Toubon est le fils de Pierre-Constant Toubon, croupier niçois, et de Yolande Molinas (1915-2016). Il a un frère, Robert. Ses études supérieures le conduisent à l'Institut d'études politiques de Lyon, puis à l'ENA. Il épouse en premières noces Béatrice Bernascon, qui deviendra la seconde épouse de Philippe Séguin avant de décéder en avril 2011. En 1982, il épouse en secondes noces Lise Jeanne Roberte Weiler (1933-2021), reconnue comme amie des artistes dans les milieux culturels parisiens. Lise Toubon décède en mars 2021, laissant Jacques Toubon veuf. Il réside à Paris, ville dans laquelle il a exercé l'essentiel de ses mandats locaux.
Engagé dans les questions d'immigration et de diversité culturelle, Jacques Toubon préside de 2005 à 2014 le conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration. Comme Défenseur des droits, il critique l'application de l'état d'urgence après les attentats de 2015, s'oppose à la déchéance de nationalité pour les binationaux, et se rapproche des positions de nombreuses associations de défense des droits humains. En janvier 2024, il cosigne un manifeste publié par Mediapart et L'Humanité aux côtés de 200 personnalités appelant à manifester contre la loi immigration. Il est par ailleurs président de la Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés (FEVIS) depuis 2011.
1 - En 1994, la loi Toubon est partiellement censurée par le Conseil constitutionnel, qui annule les dispositions contraignant les personnes privées à s'exprimer en français dans leurs échanges mutuels, réduisant la portée initiale du texte.
2 - Le patronyme Toubon, qui signifie littéralement « tout bon » en français, a donné lieu à une traduction anglaise -- « All Good » -- utilisée par ses détracteurs pour tourner en dérision sa loi sur la défense de la langue française.
3 - Directeur bénévole de la fondation Claude Pompidou de 1970 à 1977, Jacques Toubon s'engage dans le secteur associatif culturel dès le début de sa carrière de haut fonctionnaire, parallèlement à ses fonctions administratives.
4 - A 80 ans, en 2021, Jacques Toubon suit la formation de l'École de formation professionnelle des barreaux de la cour d'appel de Paris pour prêter serment d'avocat et rejoindre le cabinet Dentons, devenant ainsi l'un des plus jeunes-vieux entrants au barreau de Paris.
5 - Lors de la rentrée solennelle de l'EFB en janvier 2019, parrain de la promotion en tant que Défenseur des droits, il déclare que le droit est, comme l'oxygène, indispensable à la vie, et que les futurs avocats doivent en être les vigies.
- Métier(s) : haut fonctionnaire, homme politique, avocat
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Béatrice Bernascon (1re épouse, dates non documentées), Lise Jeanne Roberte Weiler (épouse de 1982 à son décès en mars 2021)
- Enfants : non documentés dans les sources consultées
- Distinctions : non documentées dans les sources consultées
Il n'y a pas de caricature à proclamer les droits fondamentaux !
— Audition par la Commission des Lois de l'Assemblée nationale, 11 avril 2018
C'est le minimum des droits de l'homme français que d'avoir le droit en France de parler français.
— Interview RTL, 14 avril 1994, sur le projet de loi de défense de la langue française (Vie publique.fr)
Le droit n'est pas seulement votre outil, il doit être votre combat pour que nos concitoyens comprennent que le droit est, comme l'oxygène de l'air, indispensable à la vie.
— Discours de parrainage de la promotion EFB, 10 janvier 2019 (Barreau de Paris)
Il n'y a pas en France de culture d'Etat, et il n'y en aura pas, et je m'efforcerai toujours d'empêcher qu'au nom de l'Etat, l'on tente d'imposer une certaine culture. L'Etat, sous toutes ses formes, est au service des citoyens.
— Discours de réinauguration de la maison de la Culture d'Amiens, 9 octobre 1993