Dominique Baudis, journaliste, homme politique et écrivain français, est né le 14 avril 1947 à Paris. Fils du député et maire de Toulouse Pierre Baudis, il fut successivement présentateur vedette du journal télévisé de TF1, maire centriste de Toulouse pendant dix-huit ans, président du CSA, puis premier Défenseur des droits de France.
Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1968, Dominique Baudis effectue d'abord son service militaire en coopération au Liban de 1971 à 1973, travaillant comme journaliste à la radio et à la télévision libanaise à Beyrouth. Il devient ensuite correspondant de TF1 au Proche-Orient de 1974 à 1976, couvrant la guerre civile libanaise au cours de laquelle il est blessé lors des combats de Beyrouth en 1975. Nommé grand reporter à TF1 en 1976, il réalise des entretiens avec des personnalités mondiales telles que Fidel Castro, Anouar el-Sadate, Yasser Arafat et Hafez el-Assad. De 1977 à 1980, il présente le journal télévisé de 20 heures de TF1, puis celui du Soir 3 de FR3 jusqu'en 1982. Cette notoriété télévisuelle lui ouvre les portes de la politique : à la fin de 1982, il quitte l'audiovisuel public pour se présenter à la succession de son père Pierre Baudis à la mairie de Toulouse, sous l'étiquette du Centre des démocrates sociaux, composante de l'UDF.
Elu maire de Toulouse dès le premier tour en mars 1983, Dominique Baudis est réélu en 1989 et 1995 avec 55 % des suffrages. Pendant dix-huit ans, il conduit une politique de gestion sans endettement, lance le métro de Toulouse et transforme la ville en métropole économique et universitaire. Parallèlement, il est élu député européen en 1984, conseiller général de Haute-Garonne en 1985, puis président du Conseil régional de Midi-Pyrénées en 1986. Elu député à l'Assemblée nationale en 1986, il cède son siège à son père Pierre Baudis avant d'être réélu en 1988, 1993 et 1997. En 1989, il participe au mouvement des rénovateurs aux côtés de François Bayrou et Philippe Séguin. En 1994, il conduit la liste UDF-RPR aux élections européennes, qui obtient 25,58 % des voix. En 2001, le président de la République Jacques Chirac le nomme à la tête du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), poste qu'il occupe jusqu'en 2007, marquant son mandat par le lancement de la télévision numérique terrestre. Il préside ensuite l'Institut du monde arabe à partir de 2007, retrouve un mandat de député européen en 2009 dans la circonscription Sud-Ouest, puis est nommé premier Défenseur des droits de France par Nicolas Sarkozy en juin 2011, fonction qu'il exercera jusqu'à sa mort.
En mai 2003, alors qu'il préside le CSA, Dominique Baudis est mis en cause par deux prostituées dans le cadre de l'affaire du tueur en série Patrice Alègre à Toulouse. Les accusations portent sur des faits de proxénétisme, viol, meurtre et actes de barbarie. Le 18 mai 2003, il choisit de se défendre publiquement au journal de 20 heures de TF1 présenté par Claire Chazal, dénonçant ce qu'il qualifie de machination. En 2005, il publie le récit de cet épisode sous le titre Face à la calomnie. Dans cet ouvrage, il accuse l'ex-gendarme Michel Roussel d'avoir orienté les témoignages, ce qui lui vaut une condamnation pour diffamation confirmée en appel le 9 août 2006, à une amende de mille euros. Le 26 mars 2009, le tribunal correctionnel de Toulouse condamne les deux prostituées à deux et trois ans de prison avec sursis pour dénonciation calomnieuse. La chambre d'instruction de la cour d'appel de Toulouse confirme un non-lieu général dans le volet où Baudis était mis en cause, le blanchissant de toute accusation.
1947 : naissance le 14 avril à Paris, 9e arrondissement.
1964 : terminale philosophie au lycée Carnot à Paris.
1968 : diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris.
1971 : part au Liban comme journaliste de radio-télévision à Beyrouth ; élu conseiller municipal de Boulogne-Billancourt.
1975 : blessé lors des combats de Beyrouth pendant la guerre civile libanaise.
1977 : nommé présentateur du journal télévisé de 20 heures de TF1.
1983 : élu maire de Toulouse, succédant à son père Pierre Baudis.
1984 : élu député européen pour quatre ans.
1986 : élu président du Conseil régional de Midi-Pyrénées ; élu député à l'Assemblée nationale.
1996 : publication de Raimond le Cathare aux éditions Grasset, premier roman historique.
2001 : nommé président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) par Jacques Chirac ; reçoit le prix Relay pour La Conjuration ; chevalier de la Légion d'honneur.
2003 : élu à l'Académie des Jeux Floraux ; mis en cause dans l'affaire Alègre, il se défend publiquement sur TF1.
2005 : lancement de la TNT sous sa présidence du CSA ; publication de Face à la calomnie.
2007 : elu président de l'Institut du monde arabe.
2009 : élu député européen, tête de liste UMP dans la circonscription Sud-Ouest.
2010 : reçoit le prix Méditerranée pour Les amants de Gibraltar.
2011 : nommé premier Défenseur des droits de France le 22 juin.
2014 : décède le 10 avril à Paris, à 66 ans, quatre jours avant son 67e anniversaire.
Dominique Baudis est le fils de Pierre Baudis, député de Haute-Garonne et maire de Toulouse de 1971 à 1983, et de Jeanine Anghilante. Il effectue sa scolarité au collège du Caousou à Toulouse, puis au lycée Fénelon Sainte-Marie et au lycée Carnot à Paris. Marié une première fois, il a de cette union une fille, Florence, qui s'engagera en politique à Toulouse. Le 27 avril 1988, il épouse en secondes noces Ysabel Saïah, journaliste et écrivain franco-algérienne, avec laquelle il a deux fils, Pierre et Benjamin. Le couple partage une passion commune pour la Méditerranée orientale, nourrie par les racines algériennes d'Ysabel Saïah-Baudis et par le Liban que Dominique Baudis a couvert comme journaliste.
Ami de quarante ans de François Bayrou, avec lequel il milite dès les Jeunes démocrates, Dominique Baudis entretient des liens durables avec le monde méditerranéen et arabe, illustrés par sa présidence de l'Institut du monde arabe et par sa bibliographie largement tournée vers l'Orient et le Liban. Il est l'auteur de La Passion des chrétiens du Liban (1978), témoignage de son engagement pour ce pays. En tant que maire de Toulouse, il refuse à plusieurs reprises des postes ministériels pour se consacrer entièrement à sa ville, affirmant selon son biographe Stéphane Baumont avoir tout donné à Toulouse. Plusieurs fois hospitalisé pour une opération du cervelet, il continue d'exercer ses fonctions de Défenseur des droits jusqu'aux dernières semaines de sa vie.
Dominique Baudis décède le 10 avril 2014 à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, des suites d'un cancer généralisé. Opéré du cervelet à plusieurs reprises, il avait continué d'exercer la fonction de Défenseur des droits jusqu'à ses dernières hospitalisations. Le 15 avril 2014, un hommage national solennel est rendu dans la cour d'honneur des Invalides à Paris, présidé par le président de la République François Hollande qui prononce l'éloge funèbre, entouré de membres du gouvernement dont Manuel Valls et Christiane Taubira, ainsi que de personnalités politiques comme François Bayrou, François Fillon et Alain Juppé. L'Assemblée nationale observe une minute de silence le même jour. Le lendemain 16 avril, les obsèques religieuses sont célébrées en la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse en présence de nombreux Toulousains. Sa dépouille est ensuite incinérée au crématorium de Cornebarrieu.
Les cendres de Dominique Baudis sont inhumées au cimetière de Salonique à Toulouse, dans un caveau familial auprès de son père Pierre Baudis. Le 14 avril 2015, un buste en bronze est inauguré dans la cour intérieure Henry IV de l'hôtel de ville, place du Capitole. Une esplanade à son nom existe à Colomiers, et la médiathèque d'Auterive porte son nom. En 2020, Sciences Po Paris lance le prix Dominique-Baudis en lien avec l'association portant son nom.
1 - Envoyé au Liban pour son service militaire en coopération en 1971, Dominique Baudis ne devait y rester que deux ans : il y demeurera jusqu'en 1976, soit cinq ans, en raison du déclenchement de la guerre civile qu'il couvre comme correspondant de TF1.
2 - En 1977, il est l'un des présentateurs les plus jeunes du journal télévisé de 20 heures de TF1, poste qu'il obtient à 29 ans, après avoir interviewé au cours de sa carrière de grand reporter des chefs d'Etat aussi divers que Fidel Castro, Yasser Arafat et Anouar el-Sadate.
3 - Maire de Toulouse de 1983 à 2001, Dominique Baudis refuse à plusieurs reprises des offres de poste ministériel pour rester au service de sa ville, qu'il gère avec un principe d'endettement zéro documenté par son biographe Stéphane Baumont.
4 - Son roman Raimond le Cathare (1996), prefacé par Amin Maalouf, a été traduit en bande dessinée et adapté pour la jeunesse, illustrant la capacité du maire de Toulouse à populariser l'histoire médiévale occitane au-delà des cercles académiques.
5 - Lors de la cérémonie d'hommage national aux Invalides le 15 avril 2014, François Hollande, qui avait contesté sa nomination à la tête du CSA en 2001, reconnut publiquement que Baudis avait exercé toutes ses fonctions avec une totale impartialité.
- Métier(s) : journaliste, homme politique, écrivain
- Résidence principale : Toulouse (puis Paris en fin de carrière)
- Relations de couple : premier mariage (conjoint non documenté) ; secondes noces avec Ysabel Saïah le 27 avril 1988
- Enfants : Florence (premier mariage), Pierre et Benjamin (avec Ysabel Saïah)
- Distinctions : chevalier de la Légion d'honneur (2001), prix Relay 2001 pour La Conjuration, prix Méditerranée 2010 pour Les amants de Gibraltar, membre de l'Académie des Jeux Floraux (2003)