Michel Noir, né le 19 mai 1944 à Lyon, est un homme politique français, fils de Tony Noir, joaillier, et de Rose Dreyer. Député RPR de 1978 à 1995, ministre délégué au Commerce extérieur sous Jacques Chirac de 1986 à 1988, puis maire de Lyon de 1989 à 1995, il incarne une génération de "rénovateurs" qui rompent avec le gaullisme orthodoxe. Sa carrière est brisée par l'affaire Botton, du nom de son gendre, qui débouche sur deux condamnations judiciaires. Il se reconvertit ensuite dans les sciences cognitives et la littérature.
Diplômé de Sciences Po Paris, titulaire d'un master en droit et d'un master en sciences politiques, Michel Noir entre en politique dès les années 1970 sous l'étiquette RPR. Élu député de Lyon en 1978, il se fait remarquer dans les rangs gaullistes par un volontarisme affirmé et une rhétorique de renouveau. En 1983, il tente de ravir la mairie de Lyon au maire sortant Francisque Collomb, échoue de peu mais remporte deux mairies d'arrondissement. Entre 1983 et 1989, il est adjoint au maire chargé des affaires économiques et vice-président du conseil régional de Rhône-Alpes. De 1986 à 1988, il est ministre délégué au Commerce extérieur dans le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac. En mai 1987, il publie dans Le Monde une tribune restée célèbre pour contester les alliances avec le Front national : "Mieux vaut perdre les élections que perdre son âme." La formule forge sa réputation d'homme de conviction et lui vaut une stature nationale.
En mars 1989, il remporte les neuf mairies d'arrondissement de Lyon et devient maire de la ville, avec pour directeur de campagne son gendre Pierre Botton, qu'il a intégré à son cercle proche. En 1990, il quitte le RPR et cofonde avec Philippe Séguin, Michel Barnier, François Léotard et Michèle Barzach le mouvement "Force unie", rassemblement des rénovateurs. En mars 1993, il est mis en examen par le juge Philippe Courroye dans l'affaire Botton, qui porte sur des marchés publics détournés et des abus de biens sociaux. En février 1995, sous la pression de ses démêlés judiciaires, il démissionne de son mandat de député et ne se représente pas à la mairie de Lyon. Il est condamné en appel en janvier 1996 à dix-huit mois de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité pour recel d'abus de biens sociaux. En novembre 2003, dans l'affaire dite des "comptes suisses", il est définitivement condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et 15 000 euros d'amende.
Contraint de quitter la vie politique, Michel Noir retourne à l'université à plus de cinquante ans. Il soutient en 2002 une thèse en sciences de l'éducation sur le développement des habiletés cognitives par la pratique du jeu d'échecs. En septembre 2000, il cofonde Scientific Brain Training (SBT) à Villeurbanne, entreprise spécialisée dans l'entraînement cérébral et la prévention de la maladie d'Alzheimer. SBT est introduite en bourse en mai 2006. Après avoir cédé ses responsabilités opérationnelles dans l'entreprise, il se consacre à l'écriture. Il publie des essais politiques, des recueils de poésie, des romans policiers et des ouvrages sur les sciences cognitives. Sa retraite est prise à Lyon (France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, juin 2024).
L'affaire Botton est le point de rupture de la carrière de Michel Noir. Lors du procès des "comptes suisses" en octobre 2003, sa fille aînée Anne-Valérie, venue témoigner depuis les États-Unis, affirme à la barre avoir effectué, à la demande de son père, plusieurs voyages à Genève entre 1987 et 1988 pour y récupérer des enveloppes kraft à la fiduciaire de Daniel Delay, qu'elle dit avoir remises à son père, lequel les aurait dissimulées derrière une poutre de son bureau. Le président du tribunal qualifie ce témoignage de "capital" (Le Monde, 16 octobre 2003). Michel Noir dément formellement : "Elle a menti", déclare-t-il à la sortie de l'audience, ajoutant qu'il comprend sa fille "qui aime Pierre Botton et veut le retrouver après cet épisode pervers d'une autre relation avec une autre de mes filles" (Le Parisien, 17 octobre 2003). Ses avocats demandent la relaxe. Il est finalement condamné avec sursis.
Le drame judiciaire double un drame familial. Pierre Botton, gendre de Michel Noir et directeur de sa campagne, passe 602 jours en prison. Après avoir eu deux enfants avec Anne-Valérie, fille aînée de Michel Noir, Botton entretient une liaison avec Julia, la benjamine, avec laquelle il a un troisième enfant (Le Parisien, 17 octobre 2003). Michel Noir rompt tout contact avec Anne-Valérie pendant plus de dix ans. "Ça a bousillé la vie de notre fille", reconnaît-il à la Tribune de Lyon (2023), ajoutant qu'un "cheminement difficile" a permis une reprise progressive du dialogue. Anne-Valérie, qui publie Il vaut mieux perdre sa fille que les élections (Flammarion, 2001), résume leur relation par une phrase prononcée à la barre en 2003 : "Tu as gâché ma vie" (Le Monde, 16 octobre 2003).
Michel Noir est marié et père de six enfants, dont deux filles issues de son gendre Pierre Botton : Anne-Valérie (née vers 1965) et Julia, la benjamine. En 1989, il est déjà grand-père (INA, Fresques Rhône-Alpes, 1989). Son père Tony Noir a été déporté à Mauthausen, fait dont Michel Noir dit qu'il est à l'origine de son engagement politique contre l'extrême droite. Les tensions entre Michel Noir et Anne-Valérie précèdent l'affaire Botton. Lorsque sa fille aînée, alors âgée d'une vingtaine d'années, lui annonce son intention d'interrompre ses études pour entrer dans la vie active, il la met à la porte du domicile familial et lui demande de rendre ses clés. C'est dans ce contexte qu'Anne-Valérie commence à travailler pour Pierre Botton, avant de l'épouser (Thierry Ardisson / INA). La rupture finale de 2003 s'inscrit donc dans une relation père-fille déjà fracturée bien avant le scandale judiciaire. Sa relation avec Anne-Valérie est durablement brisée par l'affaire et les révélations du procès ; père et fille ne se revoient pas entre décembre 1991 et 2003, avant une reprise progressive du contact. Ses petites-filles issues du mariage Botton co-signent avec leur père un livre témoignant de leur enfance ballottée par le scandale (Paris Match).
Michel Noir vit à la Croix-Rousse à Lyon. Il anime des conférences sur la réussite scolaire et l'exclusion sociale, thématiques portées depuis ses années de maire à travers son travail avec des communes de banlieue lyonnaise. Il est l'un des rares hommes politiques français à avoir été coopté au sein du groupe Bilderberg. Il joue du violoncelle.
Né à Lyon, il y fait l'essentiel de sa carrière politique, avec Lyon comme ancrage constant. Il vit à la Croix-Rousse, quartier auquel il est attaché. Ses activités politiques nationales l'ont conduit à Paris, notamment pour ses fonctions ministérielles (1986-1988). L'entreprise SBT est fondée à Villeurbanne.
Mieux vaut perdre les élections que perdre son âme.
— Tribune publiée dans Le Monde, mai 1987
On peut me reprocher de ne pas avoir été du tout assez attentif à qui était mon gendre. J'ai eu un défaut total de vigilance.
— Tribune de Lyon, 2023
Mieux vaut perdre les élections que perdre son âme.
— Tribune publiée dans Le Monde, mai 1987
On peut me reprocher de ne pas avoir été du tout assez attentif à qui était mon gendre. J'ai eu un défaut total de vigilance.
— Tribune de Lyon, 2023