Robert Hue, né le 19 octobre 1946 à Cormeilles-en-Parisis, est un homme politique français. Ancien infirmier devenu dirigeant du Parti communiste français (1994-2003), candidat à la présidentielle en 1995 et 2002, sénateur du Val-d'Oise, il préside depuis 2018 l'ONG Drep.Afrique contre la drépanocytose.
Robert Hue naît le 19 octobre 1946 dans une famille ouvrière de Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise). Son père, René Hue, est maçon ; sa mère, Raymonde Grégorius (1913-1998), est ouvrière textile. Tous deux communistes convaincus, ils emmènent leur fils vendre L'Humanité dès l'enfance. Après des études au collège d'enseignement technique de Cormeilles-en-Parisis, Robert Hue se forme comme infirmier à Paris et exerce ce métier en service de psychiatrie au centre de santé municipal d'Argenteuil. Sportif, il devient champion de France scolaire de judo en 1963 et obtient la ceinture noire deuxième dan. Le 8 février 1962, il participe à la manifestation pour la paix en Algérie à Paris, au cours de laquelle onze personnes sont tuées rue de Charonne. Il adhère dès le lendemain aux Jeunesses communistes de Montigny-lès-Cormeilles, puis au PCF lors de la Fête de l'Humanité l'année suivante. Proche de Georges Marchais, il gravit les échelons du parti et est élu maire de Montigny-lès-Cormeilles en 1977.
En janvier 1994, Georges Marchais désigne Robert Hue comme son successeur au 28e congrès du PCF à Saint-Ouen. Secrétaire national du parti, il publie Communisme : la mutation (Stock, 1995) pour justifier les réformes d'ouverture du PCF, puis crée en 2001 un exécutif bicéphale avec Marie-George Buffet comme secrétaire nationale. En avril 1995, candidat communiste à la présidentielle, il recueille 8,64 % des suffrages. Élu député de la 5e circonscription du Val-d'Oise en 1997 dans le cadre de la gauche plurielle portant au pouvoir le gouvernement Lionel Jospin, il fait voter en 2001 la loi relative au contrôle des fonds publics accordés aux entreprises, dite « loi Hue ». Sa candidature présidentielle de 2002 n'obtient que 3,37 %, résultat le plus faible pour un candidat communiste sous la Ve République, Jean-Marie Le Pen étant qualifié pour le second tour. Élu sénateur du Val-d'Oise en 2004 puis réélu en 2011, il fonde en 2009 le Mouvement unitaire progressiste (MUP), soutient François Hollande en 2012 et Emmanuel Macron en 2017.
En février 1981, Robert Hue, alors maire de Montigny-lès-Cormeilles, dénonce publiquement une famille marocaine comme trafiquants de drogue et organise un comité de vigilance antidrogue, sur la seule foi d'une lettre de dénonciation d'une voisine algérienne. La famille, contrainte de se barricader dans son appartement pendant qu'une foule hostile se rassemble devant sa porte, se révèle innocente. L'événement est filmé et diffusé au journal télévisé d'Antenne 2 le 8 février 1981. Robert Hue n'a pas présenté d'excuses à la famille. Par ailleurs, il est mis en cause dans l'affaire du financement occulte du Parti communiste français par l'ex-Compagnie générale des eaux (CGE) via la société d'études Gifco entre 1990 et 1994. Après cinq années de procédure, le tribunal correctionnel de Paris prononce sa relaxe le 14 novembre 2001.
1946 : Naissance le 19 octobre à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise).
1963 : Champion de France scolaire de judo, ceinture noire deuxième dan.
1977 : Élu maire de Montigny-lès-Cormeilles (Val-d'Oise).
1981 : Polémique nationale après la dénonciation publique d'une famille immigrée à Montigny-lès-Cormeilles.
1990 : Entrée au bureau politique du Parti communiste français.
1994 : Désigné secrétaire national du PCF au 28e congrès par Georges Marchais.
1995 : Candidat à l'élection présidentielle pour le PCF (8,64 %, soit 2,63 millions de voix).
1997 : Élu député de la 5e circonscription du Val-d'Oise dans le cadre de la gauche plurielle.
2001 : Élu président du PCF ; relaxé dans l'affaire du financement occulte CGE/Gifco.
2002 : Candidat à la présidentielle (3,37 %, résultat le plus faible pour un candidat communiste sous la Ve République).
2004 : Élu sénateur du Val-d'Oise (réélu en 2011).
2009 : Fondation du Mouvement unitaire progressiste (MUP).
2017 : Retrait de la vie politique à la fin de son mandat sénatorial.
2019 : Remise de la Légion d'honneur par le président Emmanuel Macron (19 novembre).
2021 : Publication de Manifeste pour une maladie oubliée (Fayard, préface d'Erik Orsenna).
Robert Hue est le fils de René Hue, ouvrier maçon, et de Raymonde Grégorius (1913-1998), ouvrière textile, tous deux communistes. Son initiation à la politique commence dans l'enfance, son père l'emmenant vendre L'Humanité. Il effectue sa formation secondaire au collège d'enseignement technique de Cormeilles-en-Parisis, avant de suivre des études d'infirmier à Paris et d'exercer au centre de santé municipal d'Argenteuil. Installé à Montigny-lès-Cormeilles depuis les années 1970, il en reste maire pendant plus de trente ans avant de démissionner en mars 2009 pour se consacrer à son mandat sénatorial.
Judoka et musicien dans sa jeunesse, Robert Hue fonde à 16 ans le groupe de rock « Les Rapaces » sous le nom de scène Willie Balton. Dans sa carrière parlementaire, il entretient des liens étroits avec l'Afrique du Sud, rencontrant Nelson Mandela à plusieurs reprises (1994, 1996) et accompagnant François Hollande aux obsèques de Mandela à Pretoria en décembre 2013. En 2015, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius le nomme représentant spécial pour les relations avec l'Afrique du Sud. Depuis 2018, il préside l'ONG Drep.Afrique et milite pour faire de la drépanocytose une priorité de santé mondiale.
1 - En janvier 1994, lors de sa nomination au secrétariat national du PCF, Robert Hue commet un lapsus célèbre en déclarant : « Je ne suis pas l'homme de personne ». En voulant affirmer son indépendance, il prononce l'exact contraire de ce qu'il souhaitait dire.
2 - À 16 ans, parallèlement à son engagement aux Jeunesses communistes, Robert Hue fonde le groupe de rock « Les Rapaces » sous le pseudonyme Willie Balton, prénom emprunté au père américain d'un camarade. Sa double vie de militant et de musicien reste méconnue.
3 - Sous le gouvernement Lionel Jospin, Robert Hue fait voter en 2001 la loi relative au contrôle des fonds publics accordés aux entreprises. Cette disposition législative, connue sous le nom de « loi Hue », reste l'une des rares à porter le nom d'un parlementaire communiste.
4 - L'écrivain trotskyste Thierry Jonquet s'inspire de l'affaire de 1981 pour écrire Du passé faisons table rase (1982, sous le pseudonyme Ramon Mercader), dans lequel un personnage nommé Robert Dia représente une transposition directe de Robert Hue.
5 - Ancien secrétaire national du PCF, Robert Hue soutient publiquement Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017. Ce même Macron lui remet la Légion d'honneur le 19 novembre 2019, révélatrice d'une trajectoire politique singulière au sein de la gauche française.
- Métier(s) : Homme politique, infirmier
- Résidence principale : Montigny-lès-Cormeilles
- Relations de couple : non documentées
- Enfants : non documentés
- Distinctions : Chevalier de la Légion d'honneur (remise le 19 novembre 2019 par Emmanuel Macron)
« Je ne suis pas l'homme de personne. »
— Discours de nomination au 28e congrès du PCF, Paris, 29 janvier 1994
« Les gens en ont assez de ces démarches politiciennes. »
— Interview sur Sud Radio, lors de la sortie de Les partis vont mourir... et ils ne le savent pas, 2014 (citée par Lyon Capitale)
« Ne vous faites pas d'illusions. Je suis communiste et révolutionnaire, et je le resterai. »
— Propos à Stéphane Courtois, publiés dans Le Temps, 1994