Résumé biographique

Figure gaulliste de la droite parisienne, Françoise de Panafieu a occupé durant trois décennies les sommets du pouvoir municipal et national, entre ministère du Tourisme, mairie du 17e arrondissement et combats internes au RPR puis à l’UMP.


Parcours

Née Françoise Missoffe le 12 décembre 1948 à Moyeuvre-Grande, en Moselle, elle grandit dans une famille gaulliste très engagée, entre un père ministre de la Jeunesse et des Sports et une mère secrétaire d’État à la Santé. Après des études d’histoire à Nanterre, une licence de sociologie à la Faculté des sciences humaines de Paris et un passage par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, elle commence sa carrière comme cadre dans une société de recrutement de personnel au début des années 1970. Rapidement, elle rejoint l’entourage parlementaire de son père comme assistante, puis entre au Conseil de Paris en 1979. Adjointe de Jacques Chirac, elle est chargée des questions périscolaires, puis de la culture, occupant sans interruption des responsabilités municipales de premier plan dans la capitale.

Suppléante d’Alain Juppé, elle devient députée RPR en 1986 et consolide son ancrage dans l’Ouest parisien, réélue à plusieurs reprises dans la 17e circonscription de Paris. En 1995, elle est nommée ministre du Tourisme dans le premier gouvernement d’Alain Juppé, intégrant le groupe des « juppettes » avant d’être écartée lors du remaniement suivant. Elle représente ensuite la France auprès de l’UNESCO, puis retrouve l’Assemblée nationale en 1997. Élue maire du 17e arrondissement en 2001, elle devient en 2007 la candidate officielle de l’UMP à la mairie de Paris, tout en restant députée de la 16e circonscription jusqu’en 2012. Longtemps responsable des « questions de société » au sein de l’UMP, elle quitte le Conseil de Paris en 2014, après trente-cinq ans de mandat, mais conserve une influence dans les instances nationales de la droite.


Controverse

À la tête des affaires culturelles parisiennes dans les années 1980-1990, Françoise de Panafieu fait instituer en 1993 une commission chargée de repérer les ouvrages jugés « contraires aux bonnes mœurs » dans les bibliothèques municipales, initiative dénoncée comme une forme de censure par une partie du monde culturel. Plus tard, en 2003, ses déclarations sur la participation du maire de Paris, Bertrand Delanoë, à la Gay Pride, qu’elle juge alors inadaptée à sa fonction, suscitent de vives critiques et la prise de distance de responsables de son propre camp. En 2008, candidate à la mairie de Paris, elle adopte une position inverse en se disant prête à participer au défilé, illustrant l’évolution de son discours sur les questions de société et la volonté affichée de corriger une image jugée conservatrice.


Repères chronologiques

1948 : Naissance à Moyeuvre-Grande (Moselle) au sein d’une famille gaulliste très engagée
1970 : Mariage avec Guy de Panafieu et début de carrière comme cadre dans le recrutement de personnel
1979 : Entrée au Conseil de Paris comme conseillère, à la suite de la démission de sa mère Hélène Missoffe
1980 : Nommée adjointe au maire de Paris chargée des questions périscolaires, puis de la culture à partir de 1983
1986 : Devient députée RPR de Paris comme suppléante d’Alain Juppé, puis est réélue en 1988 et 1993
1995 : Nommée ministre du Tourisme dans le gouvernement Juppé I, avant de quitter le poste après six mois
1996 : Représentante permanente de la France auprès de l’UNESCO jusqu’en 1997
2001 : Élue maire du 17e arrondissement de Paris, qu’elle dirige jusqu’en 2008
2002 : Élue députée UMP de la 16e circonscription de Paris, réélue en 2007 dès le premier tour
2007 : Désignée candidate officielle de l’UMP à la mairie de Paris pour les municipales de 2008
2008 : Battue par Bertrand Delanoë à la mairie de Paris et cède progressivement la direction politique du 17e arrondissement
2011 : Annonce qu’elle ne se représentera pas aux législatives de 2012 et prépare son retrait de la vie parlementaire
2014 : Met fin à trente-cinq ans de présence au Conseil de Paris et rejoint la haute autorité chargée d’organiser les primaires de la droite


Vie personnelle et engagements

Issue d’une fratrie de huit enfants, Françoise de Panafieu grandit en région parisienne dans un environnement marqué par le gaullisme et le service de l’État. Son père, François Missoffe, ancien des Forces françaises libres, fut député puis ministre de la Jeunesse et des Sports avant d’exercer d’importantes fonctions diplomatiques et dirigeantes dans le secteur privé. Sa mère, Hélène Missoffe, née de Mitry, a été députée et secrétaire d’État à la Santé sous Valéry Giscard d’Estaing. Par sa famille maternelle, elle est apparentée à la dynastie industrielle Wendel et cousine d’Ernest-Antoine Seillière, ainsi que, plus récemment, du Premier ministre Gabriel Attal et de la journaliste Apolline de Malherbe. Mariée depuis 1970 à Guy de Panafieu, haut fonctionnaire puis dirigeant de grands groupes, elle est mère de quatre enfants.

Longtemps pratiquante de tennis, classée dès l’adolescence, elle revendique une culture de l’effort et de la compétition qu’elle transpose dans la vie publique. À l’Assemblée nationale, elle siège notamment à la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales, ainsi qu’à la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Au sein du RPR puis de l’UMP, elle devient responsable nationale des questions de société et se positionne sur des sujets sensibles comme le logement, la prostitution ou l’évolution du droit de la famille, parfois en faisant évoluer publiquement ses positions initiales. Après avoir renoncé à toute candidature à partir de 2012, elle conserve une activité d’influence et de conseil au sein de la droite parisienne et nationale.


Lieux de référence

La trajectoire de Françoise de Panafieu s’articule entre son enfance mosellane et un enracinement profond à Paris. Née à Moyeuvre-Grande, elle construit l’essentiel de sa carrière dans la capitale, entre l’Hôtel de Ville et l’Assemblée nationale. Longtemps élue du 17e arrondissement, elle y reste identifiée comme une figure emblématique de la droite locale. Elle réside par ailleurs dans le 16e arrondissement, autour du quartier d’Auteuil, où se concentre une partie de sa vie familiale et relationnelle. Les institutions culturelles et politiques parisiennes constituent ainsi les principaux lieux associés à son parcours.


Anecdotes

1 - Aînée d’une fratrie de huit enfants, elle raconte avoir très tôt pris goût au commandement familial, inventant enfant des jeux où ses cadets se retrouvaient à son service, tout en assumant le rôle de porte-parole auprès de leurs parents pour les mauvaises notes.

2 - Une rumeur tenace l’a longtemps présentée comme figure anarchiste de Nanterre en 1968, intervenue auprès de son père pour éviter l’expulsion de Daniel Cohn-Bendit. Elle a vigoureusement démenti cet épisode, expliquant avoir passé mai 1968 à l’abri, en Normandie, loin des manifestations étudiantes.

3 - Lors de son bref passage au gouvernement Juppé comme ministre du Tourisme, elle fait partie du groupe de femmes ministres surnommées les « juppettes », évincées lors d’un remaniement rapide. Cette expérience nourrit ensuite son discours critique sur le machisme de la vie politique française et les limites de la parité d’affichage.

4 - Passionnée par les enjeux urbains, elle se fait remarquer au Conseil de Paris par ses positions sur la mixité sociale, défendant un équilibre entre logements sociaux et accession à la propriété pour les classes moyennes dans le 17e arrondissement, tout en revendiquant une approche pragmatique du terrain.

5 - En marge de sa carrière d’élue, elle publie deux ouvrages de réflexion politique, Ne jetez pas la démocratie avec l’eau du bain en 2001 et Mon Paris gagnant en 2006, où elle expose sa vision d’une capitale plus attentive aux familles, à la culture et à l’environnement urbain, dans la continuité de son action d’élue parisienne.


Points clés

- Métier(s) : Femme politique, ancienne députée, ex-ministre du Tourisme
- Résidence principale : Paris (16e arrondissement, quartier d’Auteuil)
- Relations : Mariée à Guy de Panafieu
- Enfants : Quatre enfants
- Distinctions : Officier de la Légion d’honneur