Albert Spaggiari, né le 14 décembre 1932 à Laragne-Montéglin et mort le 8 juin 1989 à Belluno, est un malfaiteur français. Photographe niçois et ancien parachutiste, il a organisé le casse de la Société générale de Nice en 1976, dont le butin n'a jamais été retrouvé.
D'origine franco-italienne, Albert Spaggiari grandit dans le Var après la mort de son père. À seize ans, il fugue pour rejoindre le bandit sicilien Salvatore Giuliano, puis s'engage en 1950 chez les parachutistes et combat en Indochine, où il est blessé et décoré avant une première condamnation pour vol en 1953. Photographe installé à Nice à partir de 1968, il travaille régulièrement avec la mairie pour des photographies de mariage. C'est de cette vie rangée que naît le projet du casse de la Société générale, inspiré du roman Tous à l'égout de Robert Pollock. Pour mener l'opération, il s'associe à des malfaiteurs du milieu marseillais, dont Alain Bournat et Francis Pellegrin, chargés de recruter une équipe proche du clan de Tany Zampa. En juillet 1976, une quinzaine d'hommes creusent un tunnel depuis les égouts jusqu'à la salle des coffres.
L'équipe ouvre plusieurs centaines de coffres et emporte un butin estimé à environ 46 millions de francs, jamais retrouvé. Arrêté en octobre 1976 à son retour d'un voyage au Japon, Albert Spaggiari avoue devant le policier Honoré Gévaudan, puis s'évade en mars 1977 du bureau du juge Richard Bouazis en sautant par une fenêtre du palais de justice de Nice, avec l'aide de Robert Desroches et Michel Brusot. Défendu par l'avocat Jacques Peyrat, il est condamné par contumace à la perpétuité en 1979. Durant douze ans de cavale entre l'Amérique du Sud et l'Italie, il publie Les Égouts du paradis et Le Journal d'une truffe, accorde une interview à Bernard Pivot dans Apostrophes et entretient une image de gentleman cambrioleur. Sa vie inspire les films de José Giovanni puis de Jean-Paul Rouve.
Albert Spaggiari a fait l'objet de plusieurs condamnations judiciaires. Après une peine pour vol prononcée en Indochine en 1953, puis une condamnation liée à ses activités au sein de l'Organisation armée secrète au début des années 1960, il est jugé pour le casse de la Société générale de Nice. Le 23 octobre 1979, le tribunal le condamne par contumace à la réclusion à perpétuité ; il ne sera jamais repris. Cinq complices du milieu marseillais, dont Daniel Michelucci et Gérard Vigier, sont condamnés à huit ans de prison. Son statut de cerveau de l'opération a ensuite été contesté : en 2010, Jacques Cassandri revendique ce rôle dans un livre, avant d'être jugé en 2018 pour blanchiment présumé du butin et condamné à trente mois de prison pour d'autres infractions.
1932 : naissance à Laragne-Montéglin, dans les Hautes-Alpes
1950 : engagement chez les parachutistes et départ pour l'Indochine
1953 : première condamnation pour vol à Hanoï
1959 : mariage civil avec sa première femme, surnommée Audi
1965 : libération après une condamnation liée à l'OAS
1968 : ouverture d'un magasin de photographie à Nice
1976 : casse de la Société générale de Nice (juillet) puis arrestation (octobre)
1977 : évasion du palais de justice de Nice (mars)
1979 : condamnation par contumace à la réclusion à perpétuité
1983 : interview à Apostrophes depuis l'Italie
1989 : mort à Belluno, en Italie (juin)
Albert Romain Spaggiari naît en 1932 dans une famille franco-italienne, fils de Richard Spaggiari, mort en 1935, et de Marcelle, née Clément, qui tient un magasin de lingerie à Hyères. Il est scolarisé à l'Institution Sainte-Marie de La Seyne-sur-Mer, établissement religieux du Var. En 1959, après sa sortie de prison, il épouse civilement sa première femme, surnommée Audi, infirmière rencontrée à Hyères, et travaille un temps pour le fabricant de coffres-forts Fichet-Bauche à Dakar, au Sénégal. Plus tard, il partage sa vie avec Emilia De Sacco, sa compagne, qui l'héberge après le casse et l'accompagne durant sa cavale.
Militant nationaliste, Albert Spaggiari fréquente les milieux d'extrême droite et se réclame de l'Organisation armée secrète. Il vit dans une bergerie isolée près de Bézaudun-les-Alpes, dans l'arrière-pays niçois. Son métier de photographe officiel le rapproche d'élus locaux, notamment du maire de Nice Jacques Médecin, qu'il accompagne lors d'un voyage au Japon en 1976. Pour sa défense, il choisit l'avocat Jacques Peyrat, futur maire de la ville. Pendant sa cavale, il multiplie les provocations envers la presse, envoyant des photographies de lui déguisé, et soigne l'image de gentleman cambrioleur qui contribue à sa notoriété médiatique.
Albert Spaggiari meurt le 8 juin 1989, à l'âge de 56 ans, d'un cancer de la gorge, dans une ferme de Belluno, en Italie, où il vit en exil sous une fausse identité. Peu avant sa mort, il épouse religieusement sa compagne Emilia De Sacco, lors d'une cérémonie célébrée par l'abbé Philippe Laguérie, alors desservant de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Resté introuvable depuis son évasion de 1977, il n'a jamais été repris par la police française. Sa compagne ramène son corps en France par la route et le dépose devant la villa de sa mère, à Hyères, où il est découvert le 10 juin 1989.
Albert Spaggiari est inhumé à Laragne-Montéglin, son village natal des Hautes-Alpes. À Nice, plusieurs lieux restent associés au casse de 1976 : l'ancienne agence de la Société générale, à l'angle de l'avenue Jean-Médecin, et l'entrée des égouts du Paillon empruntée par l'équipe, visible dans le film de Jean-Paul Rouve consacré à l'affaire.
1 - À seize ans, Albert Spaggiari fugue jusqu'en Sicile pour rencontrer le bandit Salvatore Giuliano, un épisode qui nourrit très tôt sa fascination pour la marginalité et l'aventure clandestine, loin de la vie rangée qu'on lui prédisait.
2 - Avant de devenir photographe, il travaille pour le fabricant de coffres-forts Fichet-Bauche, à Dakar, où il lui arrive d'ouvrir des coffres au chalumeau ou à la perceuse pour des clients ayant perdu leurs clés.
3 - Pendant le week-end du casse, il quitte un moment la salle des coffres pour dîner en ville avec une amie, puis revient, selon plusieurs récits, avec du vin et du pâté pour ses complices.
4 - Soucieux d'effacer toute trace exploitable, le groupe repasse à la craie chaque lettre du message laissé sur un meuble de la salle, afin d'empêcher toute analyse graphologique de l'écriture des participants.
5 - Après son évasion du palais de justice de Nice, Albert Spaggiari envoie au propriétaire de la voiture endommagée par sa chute un mandat de 5 000 francs signé du pseudonyme Albert Mandrino, en guise de dédommagement.
- Métier(s) : photographe, ancien parachutiste, malfaiteur
- Résidence principale : Nice, puis cavale (Amérique du Sud, Italie)
- Relations de couple : première épouse surnommée Audi ; compagne puis épouse Emilia De Sacco
- Enfants : non documentés
- Distinctions : décoration militaire durant la guerre d'Indochine (non précisée)
« Ni armes, ni violence et sans haine. »
— Inscription laissée dans la salle des coffres de la Société générale de Nice, juillet 1976 (version attestée par l'ouvrage de Christophe Hondelatte et le documentaire Faites entrer l'accusé)
« Un curé, c'est forcément en soutane et ça parle latin. »
— Propos rapportés par le mensuel Le Choc du mois, mai 2008
« Ni armes, ni violence et sans haine. »
— Inscription laissée dans la salle des coffres de la Société générale de Nice, juillet 1976 (version attestée par l'ouvrage de Christophe Hondelatte et le documentaire Faites entrer l'accusé)
« Un curé, c'est forcément en soutane et ça parle latin. »
— Propos rapportés par le mensuel Le Choc du mois, mai 2008