Eugène-François Vidocq, né en 1775 à Arras, est un aventurier français, ancien bagnard devenu chef de la brigade de Sûreté. Il fonde la première agence de police privée et développe des techniques de criminologie comme les moulages d'empreintes et un fichier signalétique. Son parcours inspire Victor Hugo pour les personnages de Jean Valjean et Javert dans Les Misérables, ainsi qu'Honoré de Balzac et Edgar Allan Poe.
Fils d'un maître boulanger, il mène une jeunesse marquée par des vols et des fugues. Il s'engage dans l'armée en 1791 et participe aux batailles de Valmy et Jemappes. Il déserte, commet des escroqueries. Condamné en 1796 aux fers pour faux en écritures publiques et authentiques, il est envoyé au bagne de Brest puis à Toulon et s'évade à plusieurs reprises.
En 1809, il propose ses services comme indicateur à la préfecture de police. Il infiltre les milieux criminels. En 1811, il prend la tête de la brigade de Sûreté, composée d'anciens condamnés. Il procède à de nombreuses arrestations grâce à ses déguisements et sa mémoire des visages. Il démissionne en 1827, tente une affaire de papeterie à Saint-Mandé, puis reprend la tête de la Sûreté d'avril à novembre 1832 avant de fonder le Bureau de renseignements en 1833.
Ses Mémoires, publiés en 1828-1829, rencontrent le succès. Il revendique l'usage de techniques comme les moulages en plâtre d'empreintes et la création d'un fichier de police. Victor Hugo s'inspire de lui pour Jean Valjean et Javert. Honoré de Balzac crée le personnage de Vautrin.
Des accusations portent sur le fait que ses agents auraient incité au crime pour toucher des primes à l'arrestation. En 1832, il quitte la Sûreté. Son agence privée fait l'objet de plusieurs procès, dont celui de 1837 : il est emprisonné à Sainte-Pélagie puis acquitté. La justice ordonne le démantèlement du Bureau de renseignements. Des critiques visent ses méthodes et l'emploi d'anciens condamnés.
Issu d'une famille de petite bourgeoisie d'Arras, il est le fils de Nicolas François Joseph Vidocq, maître boulanger, et d'Henriette Françoise Dion. Il se marie en 1794 avec Marie-Anne Louise Chevalier, mariage dissous en 1805. Il épouse en 1820 Jeanne-Victoire Guérin, décédée en 1824, puis en 1830 sa cousine Fleuride Albertine Maniez, décédée en 1847. Il termine sa vie avec Anne-Héloïse Lefèvre, sa légataire universelle. Aucun enfant n'est issu de ces unions. Il passe ses dernières années à Paris et à La Chapelle-Saint-Mesmin.
Il fréquente Honoré de Balzac, Victor Hugo et Alexandre Dumas. Il dépose des brevets pour du papier infalsifiable, de l'encre indélébile et une carte de sûreté. Il aide à soigner les malades lors de l'épidémie de choléra en 1832.
Eugène-François Vidocq meurt le 11 mai 1857 à Paris, rue Amelot, des suites d'une paralysie. Il meurt dans la pauvreté. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Sa sépulture, en concession temporaire, disparaît par la suite.
Il naît et passe son enfance à Arras. Il réside principalement à Paris, avec un passage à Saint-Mandé. Son Bureau de renseignements se situe rue Sainte-Anne puis galerie Vivienne. Il meurt à Paris et est enterré au Père-Lachaise.
Je crois que j'aurais pu devenir espion à perpétuité, tant chacun était loin de supposer qu'il existât une connivence entre les agents de l'autorité publique et moi.
— Mémoires de Vidocq
Je crois que j'aurais pu devenir espion à perpétuité, tant chacun était loin de supposer qu'il existât une connivence entre les agents de l'autorité publique et moi.
— Mémoires de Vidocq