Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, dite Madame de La Fayette, est une romancière et épistolière française du XVIIe siècle. Née le 18 mars 1634 à Paris et morte le 25 mai 1693 dans la même ville, elle est l'auteure de La Princesse de Clèves, considéré comme le premier roman d'analyse de la littérature française.
Fille aînée de Marc Pioche, sieur de La Vergne, écuyer du roi et précepteur militaire de Jean Armand de Maillé-Brézé, neveu du cardinal de Richelieu, et d'Isabelle Péna, dame de compagnie de la duchesse d'Aiguillon, Marie-Madeleine grandit rue de Vaugirard à Paris. Après la mort de son père en 1649, sa mère épouse en 1650 Renaud-René de Sévigné, oncle de la future marquise de Sévigné. Cette alliance la rapproche définitivement de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, qui restera sa plus proche confidente. À seize ans, en 1650, elle est nommée demoiselle d'honneur de la reine Anne d'Autriche. Le grammairien Gilles Ménage devient son précepteur littéraire et lui enseigne l'italien et le latin, l'introduisant dans les salons de Madame de Rambouillet et de Madeleine de Scudéry.
En 1655, elle épouse François Motier, comte de La Fayette, veuf et désargenté, dont elle a deux fils, Louis et Armand-Renaud. Après quelques années passées en Auvergne et dans le Bourbonnais, elle s'installe définitivement à Paris en 1659 et ouvre son propre salon rue de Vaugirard. En 1662 paraît anonymement sa première œuvre, La Princesse de Montpensier. Le roman hispano-mauresque Zaïde est publié en 1670 et 1671 sous le nom de Jean Regnault de Segrais, son secrétaire à partir de 1670. Son chef-d'œuvre, La Princesse de Clèves, paraît anonymement en mars 1678. Elle entretient également une correspondance diplomatique active avec Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours, duchesse de Savoie.
1634 : baptême le 18 mars en l'église Saint-Sulpice de Paris
1649 : décès de son père Marc Pioche de La Vergne
1650 : nommée demoiselle d'honneur de la reine Anne d'Autriche ; remariage de sa mère avec Renaud-René de Sévigné
1655 : mariage le 15 février avec François Motier, comte de La Fayette
1658 : naissance de son fils aîné Louis Motier de La Fayette
1659 : installation définitive à Paris ; début de son salon littéraire rue de Vaugirard
1662 : parution anonyme de La Princesse de Montpensier
1665 : début de sa relation amicale et intellectuelle avec François de La Rochefoucauld
1670 : parution du premier tome de Zaïde sous le nom de Segrais
1678 : publication anonyme en mars de La Princesse de Clèves
1680 : décès de La Rochefoucauld, qui marque profondément sa vie sociale
1683 : décès de son époux François Motier ; retrait progressif de la vie mondaine
1692 : décès de son maître et ami Gilles Ménage
1693 : décès à Paris le 25 mai, inhumation à l'église Saint-Sulpice
Marie-Madeleine Pioche de La Vergne naît au sein d'une famille de petite noblesse gravitant autour du cardinal de Richelieu. Son père, Marc Pioche de La Vergne, est écuyer du roi et tuteur de Jean Armand de Maillé-Brézé. Sa mère, Isabelle Péna, est la fille de François Péna, médecin ordinaire de Louis XIII. Son baptême en l'église Saint-Sulpice a pour parrain le maréchal Urbain de Maillé-Brézé et pour marraine Marie-Madeleine de Vignerot, future duchesse d'Aiguillon et nièce de Richelieu. En 1655, elle épouse François Motier, comte de La Fayette, dont elle a deux fils, Louis, abbé commendataire de Valmont, et Armand-Renaud, brigadier des armées du roi.
À Paris, elle noue avec la marquise de Sévigné une amitié de plus de quarante ans, abondamment documentée par leur correspondance. De 1665 à 1680, elle entretient une relation intime et littéraire avec le duc François de La Rochefoucauld, auteur des Maximes, qui lui présente Jean Racine, Nicolas Boileau et le théologien Pierre-Daniel Huet. Elle fréquente également Madeleine de Scudéry et Antoine Arnauld. Agent diplomatique officieux à la cour de Louis XIV pour la duchesse de Savoie, elle se retire progressivement de la vie mondaine après 1683 et se consacre à la religion dans ses dernières années.
Madame de La Fayette meurt à Paris le 25 mai 1693, à l'âge de 59 ans. Sa santé déclinait depuis plusieurs années, marquée par des douleurs persistantes qu'elle évoque dans sa correspondance avec Madame de Sévigné. La cause médicale précise de sa mort n'a pas été établie par les sources d'époque selon une formulation contemporaine, mais ses dernières années sont décrites comme une lente dégradation physique accompagnée d'un repli spirituel. Le décès de Gilles Ménage en 1692 avait précipité son retrait du monde. Le Mercure Galant publie en juin 1693 une notice nécrologique élogieuse, soulignant son crédit moral et son influence à la cour, sans encore lui attribuer publiquement ses œuvres restées anonymes de son vivant.
Madame de La Fayette est inhumée en l'église Saint-Sulpice de Paris, lieu de son baptême en 1634 et de son mariage en 1655. Une plaque commémorative au sein de l'édifice rappelle son passage. Son hôtel particulier de la rue de Vaugirard et la capitainerie de Saint-Maur-des-Fossés, où elle séjournait régulièrement entre 1672 et 1677 pour écrire, constituent les autres lieux associés à sa mémoire.
1 - Ses contemporains, peinant à cerner son tempérament discret et son ironie voilée, l'avaient surnommée « le brouillard », surnom rapporté notamment par le comte d'Haussonville dans sa biographie publiée à la fin du XIXe siècle.
2 - La Princesse de Clèves n'a jamais été signé par son auteure ; Madame de La Fayette a nié publiquement la maternité du roman dans une lettre à Joseph-Marie de Lescheraine, l'attribuant à Segrais malgré l'évidence inverse.
3 - Pendant ses séjours à Saint-Maur-des-Fossés entre 1672 et 1677, elle écrivait à la marquise de Sévigné : « Quand je suis à Saint-Maur, je puis écrire parce que j'ai plus de tête et de loisir. Paris me tue. »
4 - Selon Segrais lui-même, elle dissimulait son érudition latine pour ne pas heurter les conventions sociales imposées aux femmes de son rang ; il rapporte qu'elle « cachait son latin » comme elle « cachait ses œuvres ».
5 - Sa correspondance diplomatique avec Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours, duchesse de Savoie, fait d'elle l'une des rares femmes du Grand Siècle à avoir exercé une influence politique reconnue auprès d'une cour étrangère.
- Métier(s) : romancière, épistolière, salonnière
- Résidence principale : Paris, rue de Vaugirard
- Relations de couple : épouse de François Motier, comte de La Fayette, à partir de 1655 ; relation intellectuelle et intime documentée avec François de La Rochefoucauld de 1665 à 1680
- Enfants : Louis Motier de La Fayette (1658-1729), abbé ; Armand-Renaud Motier de La Fayette (1659-1694), brigadier des armées
- Distinctions : aucune distinction officielle de son vivant ; reconnue posthumément comme l'initiatrice du roman d'analyse français
« Quand je suis à Saint-Maur, je puis écrire parce que j'ai plus de tête et de loisir. Paris me tue. »
— Lettre à Madame de Sévigné, années 1670 (citée par la Société d'histoire de Saint-Maur-des-Fossés)
« Quand je suis à Saint-Maur, je puis écrire parce que j'ai plus de tête et de loisir. Paris me tue. »
— Lettre à Madame de Sévigné, années 1670 (citée par la Société d'histoire de Saint-Maur-des-Fossés)