Naissance
Prek Sbauv, Cambodge
Nationalité
cambodgienne
Astrologie

Biographie

Pol Pot, de son vrai nom Saloth Sâr, naît le 19 mai 1925 à Prek Sbauv, province de Kampong Thom, au Cambodge. Ancien étudiant parisien devenu chef clandestin d'un mouvement révolutionnaire armé, il dirige le régime du Kampuchéa démocratique de 1975 à 1979. Sa politique du "Year Zero" provoque l'évacuation forcée des villes, l'abolition de la monnaie, de la famille et de la religion, et la mort d'environ 1,5 à 2 millions de personnes. Biographie, famille, épouses, enfants, date de décès : portrait d'un homme qui ne révèle son identité qu'après avoir perdu le pouvoir.


Parcours

Saloth Sâr grandit dans une famille sino-khmère aisée de propriétaires terriens. Son père Loth possède neuf hectares de rizières. La famille entretient des liens avec la cour royale : une cousine de Sâr est danseuse au palais de Phnom Penh, chez qui il réside une partie de son enfance. Il échoue aux examens d'entrée au lycée et étudie la menuiserie dans une école technique avant d'obtenir, en 1949, une bourse pour étudier la radioélectricité à Paris, à l'École française de radioélectricité. À Paris, il fréquente l'Association des étudiants khmers (AEK) et rejoint le Parti communiste français vers 1951, aux côtés de ceux qui deviendront ses futurs cadres dirigeants : Ieng Sary, Khieu Samphân et Son Sen. Il participe au "Cercle marxiste" fondé au sein de l'AEK, lit Marx, Lénine et les textes sur la Révolution française, et attaque la monarchie khmère dans la presse étudiante sous le pseudonyme "Khmer Daeum" (Wikipedia, Khmers rouges). Il rentre au Cambodge en 1953 sans diplôme et enseigne le français dans deux établissements privés de Phnom Penh jusqu'en 1963.

En février 1963, lors d'un congrès clandestin, Saloth Sâr est confirmé secrétaire général du Parti ouvrier du Kampuchéa en remplacement de Tou Samouth, disparu dans des circonstances non élucidées. Quelques semaines plus tard, Sihanouk publie une liste de trente-quatre "éléments subversifs" comprenant Sâr et Ieng Sary. Tous deux quittent Phnom Penh au printemps 1963 pour rejoindre la clandestinité dans la forêt de la province de Kampong Cham, sous la protection initiale de la guérilla vietnamienne (Wikipedia, Pol Pot). Entre 1963 et 1965, Sâr se rend à Hanoï puis à Pékin, où il se rapproche de Mao Zedong, estimant les Vietnamiens trop peu fiables, et rebaptise secrètement son parti en Parti communiste du Kampuchéa (PCK). À partir de janvier 1968, les premières insurrections khmères rouges éclatent dans plusieurs provinces. Le renversement de Sihanouk par le général Lon Nol en mars 1970, avec l'appui américain, transforme la petite guérilla en mouvement de résistance à grande échelle. Sihanouk, depuis Pékin, appelle ses partisans à rejoindre les Khmers rouges. La Chine fournit l'essentiel du financement et des armes, estimé à plus de 90 % de l'aide étrangère reçue par le mouvement (Wikipedia, génocide cambodgien). Les troupes khmères rouges passent de quelques milliers à environ 45 000 hommes en 1972.

Le 17 avril 1975, les forces de Pol Pot entrent dans Phnom Penh. Dès les jours suivants, sous prétexte d'une attaque américaine imminente, la capitale et ses deux millions d'habitants sont évacués de force vers les campagnes. Le régime abolit la monnaie, interdit la religion, sépare les familles et réduit la population en travail forcé au service d'un programme d'irrigation et d'autosuffisance agricole. Pol Pot gouverne dans l'ombre : ce n'est qu'en septembre 1977 qu'il révèle à la radio que l'"Angkar", l'organisation aux commandes du pays, est le PCK, et il n'avoue être Saloth Sâr qu'après sa chute en 1979 (Sciences Po, Violence de masse). Le 7 janvier 1979, l'armée vietnamienne entre dans Phnom Penh. Pol Pot et ses cadres fuient vers la frontière thaïlandaise, soutenu jusqu'au début des années 1990 par la Chine et, plus discrètement, par Washington et Londres qui continuent à reconnaître le régime en exil comme le représentant légitime du Cambodge à l'ONU. Il démissionne officiellement de la tête du PCK en 1981 tout en maintenant le contrôle effectif de la guérilla. En 1997, après avoir fait exécuter son ministre de la Défense Son Sen et sa famille entière, il est capturé par le chef militaire Ta Mok et placé en résidence surveillée à la suite d'un procès-spectacle (Sciences Po, Violence de masse).


Controverse

Entre 1975 et 1979, le régime du Kampuchéa démocratique provoque la mort d'environ 1,5 à 2 millions de personnes, soit entre un quart et un tiers de la population cambodgienne, par exécutions, travaux forcés, famines et maladies. La prison S-21 de Tuol Sleng, un ancien lycée de Phnom Penh transformé en centre de détention et de torture dirigé par Kang Kek Ieu dit "Duch", incarcère entre 14 000 et 18 000 personnes entre 1975 et 1979. Les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) ont établi qu'au moins 18 133 prisonniers y ont été exécutés. Lors de la libération du site par les soldats vietnamiens en janvier 1979, il ne reste que 8 adultes et 4 enfants en vie (Wikipedia, Tuol Sleng ; US Holocaust Memorial Museum). Les archives de S-21, reconnues "patrimoine documentaire mondial" par l'UNESCO en 2009, documentent des confessions extorquées sous la torture, les détenus étant contraints d'avouer des liens fictifs avec la CIA ou le KGB avant leur exécution. Les purges internes dévorent également les cadres du régime lui-même : des membres de l'administration khmère rouge, des militaires, des intellectuels rentrés d'exil sur appel d'Ieng Sary sont systématiquement liquidés. Duch est condamné à la réclusion à perpétuité en 2012 par les CETC. Pol Pot meurt en 1998 sans avoir jamais été jugé. Dans l'unique interview accordée au journaliste américain Nate Thayer en octobre 1997, il déclare : "I came to carry out the struggle, not to kill people" et "My conscience is clear", affirmant que le chiffre de plusieurs millions de morts est exagéré. Il nie toute responsabilité personnelle dans les massacres.


Repères chronologiques

  • 1925 : Naissance le 19 mai à Prek Sbauv, province de Kampong Thom
  • 1949 : Part étudier la radioélectricité à Paris grâce à une bourse ; rejoint le Parti communiste français et les cercles marxistes d'étudiants cambodgiens
  • 1953 : Rentre au Cambodge sans diplôme ; enseigne le français à Phnom Penh
  • 1956 : Mariage avec Khieu Ponnary, soeur de la femme d'Ieng Sary
  • 1963 : Confirmé secrétaire général du PCK lors d'un congrès clandestin ; prend le maquis avec Ieng Sary
  • 1966 : Rebaptise secrètement le Parti ouvrier du Kampuchéa en Parti communiste du Kampuchéa après un séjour à Pékin
  • 1975 : Prise de Phnom Penh le 17 avril ; début de l'évacuation forcée des villes et du régime du Kampuchéa démocratique
  • 1977 : Révèle pour la première fois en septembre, dans un discours radiodiffusé, que l'Angkar est le PCK
  • 1979 : Invasion vietnamienne en janvier ; fuite vers la frontière thaïlandaise ; condamné à mort par contumace
  • 1981 : Démissionne officiellement de la tête du PCK, maintient le contrôle de la guérilla
  • 1986 : Mariage avec Mea Son après le divorce d'avec Khieu Ponnary
  • 1997 : Fait exécuter Son Sen et sa famille ; capturé et placé en résidence surveillée par Ta Mok
  • 1998 : Décès le 15 avril près d'Anlong Veng, officiellement d'arrêt cardiaque

Vie personnelle et engagements

Saloth Sâr naît dans une famille de neuf enfants, dont trois meurent jeunes. Ses origines sont mixtes sino-khmères mais la famille vit pleinement comme khmère. Sa mère, Sok Nem, est décrite comme une bouddhiste pieuse respectée localement. Il épouse en 1956 Khieu Ponnary, soeur de Khieu Thirith, l'épouse d'Ieng Sary, créant ainsi un lien familial au coeur du cercle dirigeant des Khmers rouges. Le couple divorce en 1979 après la chute du régime. Khieu Ponnary développe par la suite des troubles mentaux sévères et meurt en 2003. En 1986, il se remarie avec Mea Son. Leur fille, Sar Patchata, naît vers la fin des années 1980. Dans l'interview de 1997 avec Nate Thayer, Pol Pot décrit la vie quotidienne de sa famille dans la hutte frontalière : sa femme jardine et coud, sa fille ramasse du bois et travaille à la cuisine, ils dînent ensemble à une petite table. Sur sa fille, il déclare : "she is like me", ajoutant qu'elle a des difficultés scolaires. Pol Pot souffre de malaria chronique depuis ses années de maquis, de problèmes cardiaques et d'un AVC en 1995 qui paralyse partiellement son côté gauche. Il écoute régulièrement Voice of America dans ses dernières années.

Pol Pot entretient des relations de méfiance avec la quasi-totalité de ses cadres, y compris les plus proches. Les purges successives au sein du PCK témoignent d'une paranoïa croissante : des milliers de responsables du régime sont envoyés à S-21 accusés de trahison, avant d'être exécutés. Sa dernière purge, en 1997, voit le massacre de Son Sen, son ministre de la Défense de toujours, avec toute sa famille. Pol Pot n'exprime aucun engagement public au sens conventionnel. Il défend jusqu'à la fin une vision maoïste radicale adaptée au contexte khmer, fondée sur la primauté paysanne et la méfiance envers toute influence étrangère, y compris vietnamienne. Dans l'interview de 1997, il déclare : "Everything I did, I did for my country."


Contexte du décès

Pol Pot décède le 15 avril 1998 près d'Anlong Veng, dans la province d'Oddar Meanchey, à 72 ans. La cause officielle est un arrêt cardiaque survenu dans son sommeil. Sa mort intervient quelques jours après l'annonce par les États-Unis de leur intention de le remettre à un tribunal international. Le journaliste Nate Thayer, qui l'avait interviewé six mois plus tôt, évoque une possible ingestion volontaire de Valium et de chloroquine. Aucune autopsie indépendante n'est pratiquée. Sa veuve Mea Son incinère le corps trois jours plus tard sur un bûcher improvisé composé de pneus et de bois, le 17 avril 1998, date anniversaire exacte de la prise de Phnom Penh en 1975. Aucune cérémonie officielle n'a lieu. Aucun hommage de dirigeants ou de personnalités n'est documenté.


Lieux de référence

Pol Pot naît à Prek Sbauv, province de Kampong Thom, et passe une partie de son enfance à Phnom Penh. Il réside à Phnom Penh pendant le régime de 1975 à 1979, dans la clandestinité la plus stricte. Il passe ses dix-neuf dernières années à cheval sur la frontière thaïlo-cambodgienne, principalement dans la région d'Anlong Veng, province d'Oddar Meanchey. Ses cendres reposent sur le site de crémation à Anlong Veng. En avril 2025, une nouvelle structure en forme de cercueil surmontée d'un toit transparent y est installée pour préserver le site comme témoignage historique.


Anecdotes

  • Dans l'interview de 1997 avec Nate Thayer, Pol Pot affirme être né en janvier 1925, date que sa mère avait inscrite à la craie sur le mur près du placard. Il avait déclaré une date différente pour obtenir la bourse d'études qui l'envoya à Paris en 1949 (interview Nate Thayer, octobre 1997).
  • À Paris, il dépense son argent de bourse en livres d'occasion achetés le long de la Seine et passe plus de temps en réunions politiques clandestines qu'en cours de radioélectricité. Il rentre au Cambodge en 1953 sans diplôme après quatre années d'études (Sciences Po, Violence de masse).
  • Le pseudonyme "Pol Pot" serait la contraction de "Political Potential", surnom donné par les Chinois lors de ses séjours à Pékin au milieu des années 1960, alors que Mao Zedong voit en lui un levier contre l'influence soviétique en Asie du Sud-Est (linternaute.fr).
  • Pol Pot gouverne quatre ans sans que ses propres partisans sachent son vrai nom ni son visage. Il ne révèle publiquement son identité et son rôle qu'en 1977, deux ans après la prise de pouvoir, puis n'avoue être Saloth Sâr qu'après sa chute (Sciences Po, Violence de masse).
  • Son corps est maintenu avec de la glace après une tentative ratée d'embaumement pour permettre au journaliste Nate Thayer et à d'autres témoins de constater le décès avant l'incinération, les circonstances de sa mort restant non vérifiées de façon indépendante.

Points clés

  • Métier(s) : Révolutionnaire, chef de parti clandestin, Premier ministre du Kampuchéa démocratique (1976-1979)
  • Résidence principale : Zones frontalières près d'Anlong Veng dans ses dernières années
  • Relations de couple : Khieu Ponnary (1956-1979) ; Mea Son (1986 jusqu'à son décès)
  • Enfants : Une fille, Sar Patchata (née vers la fin des années 1980, avec Mea Son)
  • Distinctions : Condamné à mort par contumace en 1979 par la République populaire du Kampuchéa ; condamné à la détention à vie par ses propres partisans en 1997 ; jamais jugé par un tribunal international
Publicité
Explorer

Autres dictateurs nés dans les années 1920

Questions autour de Pol Pot

Qui est né le même jour que Pol Pot ?
À quel âge est mort Pol Pot ?
Pol Pot est mort à 72 ans, le 15 avril 1998.
Qui est mort le même jour que Pol Pot ?
Père Damien, Brian Dennehy, Charles Vanel, R. Lee Ermey et Abraham Lincoln sont morts le 15 avril comme Pol Pot.
Quels responsables politiques sont nés en 1925 comme Pol Pot ?
Quels responsables politiques sont du signe Taureau comme Pol Pot ?
Lien copié dans le presse-papier !