Dans la galaxie foisonnante des Muppets, Gonzo occupe une place à part : artiste de scène, cascadeur imprévisible et héros de l’étrangeté assumée, il est devenu l’un des visages les plus reconnaissables de The Muppet Show et du cinéma muppet.
Le prototype de Gonzo apparaît d’abord dans le spécial télévisé The Great Santa Claus Switch (1970), sous la forme d’un « Frackle » (crédité comme “Cigar Box Frackle”). À partir de cette base, Jim Henson retient la marionnette et confie son développement au marionnettiste Dave Goelz. Le personnage se structure ensuite au fil des années 1970 et s’impose réellement à partir de The Muppet Show (1976–1981), où son identité d’artiste prêt à tout devient un ressort comique central.
Gonzo n’est ni une caricature d’humain ni un animal clairement identifiable : son apparence (fourrure bleu-violet, yeux proéminents, long nez recourbé souvent décrit comme un « bec », plumage sur la tête) alimente un gag récurrent sur sa nature exacte. Sur scène, il se présente fréquemment comme « The Great Gonzo » : un performeur casse-cou, enthousiaste, excessif, capable de transformer l’inconfort, le risque ou l’absurde en numéro artistique. Son originalité tient autant à sa créativité qu’à son goût du défi, avec une sensibilité plus mélancolique affleurant parfois dans ses moments musicaux.
1970 — The Great Santa Claus Switch : première apparition du prototype de la marionnette qui deviendra Gonzo.
1976–1981 — The Muppet Show : Gonzo devient un personnage majeur, connu pour ses numéros de performance et de cascades.
1979 — The Muppet Movie : chanson marquante « I’m Going to Go Back There Someday » ; Gonzo s’affirme comme figure émotionnelle et poétique du groupe.
1985 — Little Muppet Monsters : présence en version animée dans ce programme dérivé.
1992 — The Muppet Christmas Carol : Gonzo endosse le rôle de Charles Dickens (narrateur) et forme un duo notable avec Rizzo le Rat.
1999 — Muppets from Space : Gonzo occupe un rôle central, la fiction jouant sur l’idée d’une origine « extraterrestre ».
Au départ personnage secondaire, Gonzo gagne en importance à mesure que The Muppet Show fait de ses numéros un rendez-vous attendu : il devient l’incarnation du performeur qui tente l’impossible, souvent avec une fierté sans filtre et une logique très personnelle. Dans les films, cette identité se nuance : il reste le moteur de scènes spectaculaires ou absurdes, mais révèle aussi une veine plus intime, notamment à travers la musique. Selon les œuvres, sa “nature” varie volontairement : l’univers muppet entretient l’ambiguïté (le gag du « whatever »), et certaines intrigues choisissent ponctuellement d’explorer une origine différente, sans verrouiller une définition unique. Aucune « mort » canonique ne s’impose comme étape structurante du personnage à l’échelle de la franchise.
Gonzo traverse les formats : télévision (dont The Muppet Show), longs métrages, spéciaux, et animation. En prise de vue réelle, il est principalement interprété (marionnette et voix) par Dave Goelz. En animation, le personnage peut être doublé par d’autres comédiens selon les séries et les époques : par exemple, Hal Rayle prête sa voix à Gonzo dans Little Muppet Monsters, tandis que des versions « bébé » de Gonzo existent dans Muppet Babies (série animée 1984–1991) et dans son reboot lancé en 2018. Les adaptations conservent généralement ses marqueurs (goût du risque, sens du show, étrangeté assumée), tout en modulant son origine ou sa “catégorie” selon les besoins de l’intrigue.
Gonzo est souvent associé à l’idée d’altérité joyeuse : un personnage qui ne rentre dans aucune case claire et qui transforme cette singularité en force de création. Le gag récurrent sur son espèce (« whatever ») s’inscrit dans cette logique, tout comme ses performances où l’absurde devient art. Sa popularité tient aussi à ce mélange de comique physique et de sincérité : il peut passer du numéro dangereux à un moment de fragilité sans perdre son identité de scène.
1- Dans The Muppet Christmas Carol (1992), Gonzo « incarne » Charles Dickens et narre l’histoire aux côtés de Rizzo le Rat, formant un duo particulièrement identifié par le public du film.
2- Dans The Muppet Movie (1979), Gonzo interprète la chanson « I’m Going to Go Back There Someday », souvent citée comme l’un de ses moments les plus émotionnels.
3- Le mystère de son espèce est entretenu comme un ressort comique : l’univers muppet joue régulièrement sur l’idée que Gonzo est un « whatever », sans trancher définitivement.
4- Muppets from Space (1999) pousse volontairement la blague plus loin en plaçant Gonzo au centre d’une intrigue d’origine « alien ».
* Créateur : Jim Henson (développement et sélection du prototype) ; contribution d’écriture déterminante de Jerry Juhl ; développement et interprétation principale par Dave Goelz
* Interprètes (si adaptations) : Dave Goelz (principalement, marionnette et voix, depuis les années 1970)
* Doublage de voix : Hal Rayle (version animée dans Little Muppet Monsters)
* Première apparition : The Great Santa Claus Switch (1970) (prototype de la marionnette)
* Alias ou surnoms : « The Great Gonzo », « Gonzo the Great »
* Genre ou espèce : espèce volontairement non définie (gag récurrent du « whatever »)