Cette année marque le 150ᵉ anniversaire de sa naissance.
Figure centrale de la monarchie belge au XXe siècle, Élisabeth en Bavière, duchesse en Bavière devenue reine des Belges, incarne la transition d’une princesse issue de la maison de Wittelsbach vers une souveraine engagée dans la vie culturelle, scientifique et hospitalière de la Belgique, de la Première Guerre mondiale à la période de l’après-Seconde Guerre mondiale.
Née en 1876 au château de Possenhofen, en Bavière, Élisabeth en Bavière est la fille du duc Charles-Théodore en Bavière et de Marie-Josèphe de Portugal. Éduquée notamment au pensionnat de Zangberg, elle reçoit une formation marquée par les langues, la musique et une sensibilisation précoce à la médecine via la clinique ophtalmologique de son père. Elle épouse le prince Albert de Belgique à Munich le 2 octobre 1900 et devient reine des Belges le 23 décembre 1909 lors de l’avènement d’Albert Ier. Durant la Première Guerre mondiale, elle se consacre aux hôpitaux militaires et au soutien aux soldats. Après 1918, elle renforce son rôle de mécène des arts et des sciences et initie notamment le futur Concours Reine Élisabeth, tout en conservant une activité publique soutenue comme reine-mère après 1934.
1876 : Naissance au château de Possenhofen, duchesse en Bavière.
1890-1894 : Études au pensionnat Saint-Joseph de Zangberg, formation religieuse, linguistique et musicale.
2 octobre 1900 : Mariage à Munich avec le prince Albert de Belgique.
23 décembre 1909 : Devient reine des Belges lors de l’accession d’Albert Ier au trône.
1914-1918 : Présence à La Panne, engagement dans les hôpitaux militaires et l’aide aux blessés du front.
1919 : Voyage officiel aux États-Unis avec Albert Ier et le prince Léopold.
17 février 1934 : Devient reine-mère après la mort accidentelle d’Albert Ier.
1937 : Lancement du concours international qui deviendra le Concours Reine Élisabeth de Bruxelles.
1940-1944 : Interventions en faveur de la protection d’enfants juifs durant l’occupation allemande.
1951 : Le concours musical prend officiellement le nom de Concours Reine Élisabeth.
1959 : Visite officielle en Israël en tant que reine-mère.
18 mai 1965 : Reconnaissance comme Juste parmi les nations par Yad Vashem.
23 novembre 1965 : Décès au château du Stuyvenberg, inhumation dans la crypte royale de Laeken.
Élisabeth en Bavière est la deuxième fille du duc Charles-Théodore en Bavière, médecin ophtalmologue, et de l’infante Marie-Josèphe de Portugal. Son enfance partagée entre Possenhofen et Munich associe pratique artistique et contact direct avec les patients de la clinique familiale. Son mariage avec le prince Albert de Belgique en 1900 conduit le couple à Bruxelles, où naissent trois enfants : Léopold (1901), futur Léopold III, Charles (1903), comte de Flandre, et Marie-José (1906), future reine d’Italie. Comme reine, puis reine-mère, Élisabeth développe un réseau dense de relations dans les milieux artistiques et scientifiques, notamment avec des musiciens et chercheurs de premier plan. Elle s’implique dans des œuvres hospitalières, soutient la recherche médicale, la musique classique, l’égyptologie et maintient des engagements humanitaires durables avant, pendant et après les deux guerres mondiales.
1 – Formée au contact de la clinique ophtalmologique de son père, elle assiste enfant à des consultations et opérations, expérience inhabituelle pour une princesse de son époque.
2 – Durant la Première Guerre mondiale, elle visite régulièrement le front de l’Yser, soutient le personnel soignant et contribue à la mise en place de structures hospitalières comme l’hôpital de campagne de La Panne.
3 – Passionnée de musique, elle initie en 1937 un grand concours international pour jeunes virtuoses, ancêtre du Concours Reine Élisabeth, devenu l’un des rendez-vous majeurs de la scène classique à Bruxelles.
4 – Pendant l’occupation nazie, elle utilise son statut et ses réseaux pour favoriser le sauvetage de nombreux enfants juifs, ce qui lui vaut après-guerre la reconnaissance de Juste parmi les nations.
5 – Son intérêt pour l’égyptologie conduit à la création de la Fondation égyptologique Reine Élisabeth, née notamment de sa visite du tombeau de Toutânkhamon en 1923.
6 – La ville de Lubumbashi, dans l’actuelle République démocratique du Congo, porte le nom d’Élisabethville de 1910 à 1966 en son honneur, reflet de la place de la reine dans la toponymie coloniale belge.
Née au château de Possenhofen en Bavière, Élisabeth en Bavière réside ensuite principalement en Belgique, entre le palais royal de Bruxelles, le domaine royal de Laeken et le château du Stuyvenberg. Elle meurt le 23 novembre 1965 au château du Stuyvenberg, à Laeken, et repose dans la crypte royale de l’église Notre-Dame de Laeken. L’ancienne Élisabethville (Lubumbashi) rappelle également son nom.
À partir de 1964, l’état cardiaque d’Élisabeth en Bavière se dégrade progressivement. Le 4 novembre 1965, elle subit un premier infarctus mais se rétablit partiellement au château du Stuyvenberg, à Laeken. Le 23 novembre 1965, un second infarctus survient dans la soirée et entraîne son décès à l’âge de 89 ans. Des funérailles nationales sont organisées le 30 novembre 1965, en présence de la famille royale belge et de nombreuses délégations étrangères, avec une messe à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, suivie de son inhumation dans la crypte royale de Laeken.
• Métier(s) : reine consort des Belges, reine-mère, mécène des arts et des sciences, infirmière volontaire en temps de guerre
• Résidence principale : Laeken, Bruxelles, Belgique
• Relations : Albert Ier de Belgique (mari, 1900-1934)
• Enfants : Léopold III (1901), Charles de Belgique (1903), Marie-José de Belgique (1906)
• Distinctions : Juste parmi les nations, décorations belges et étrangères, distinctions hospitalières et honorifiques diverses