Rima Hassan, juriste et femme politique française née le 28 avril 1992 dans le camp de réfugiés palestiniens de Neirab, près d'Alep en Syrie, est eurodéputée La France insoumise depuis juin 2024. Apatride à la naissance, arrivée en France à 10 ans, elle construit un parcours en droit international avant de fonder en 2019 l'Observatoire des camps de réfugiés. Depuis les attaques du 7 octobre 2023 et l'invasion de Gaza qui s'ensuit, elle devient l'une des voix les plus visibles du débat public français sur la question palestinienne.
Rima Hassan grandit dans le camp de Neirab. Ses grands-parents paternels, originaires du village palestinien d'Al-Birwa, ont été contraints à l'exil vers la Syrie lors de la Nakba de 1948. Sa mère émigre en France peu après sa naissance et met huit ans à faire venir ses enfants. En 2002, Rima Hassan arrive à Niort dans les Deux-Sèvres, à l'âge de dix ans, avec sa soeur et ses quatre frères. La famille s'installe dans le quartier défavorisé du Clou-Bouchet. Elle y obtient son baccalauréat scientifique au lycée de la Venise Verte en 2011. Elle poursuit des études de droit à l'université d'Evry puis à Montpellier, avant d'achever un master en droit international public à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne en 2016. Son mémoire de master établit une comparaison juridique entre le régime en Afrique du Sud et la situation israélo-palestinienne. Elle obtient la nationalité française en 2010.
Après ses études, elle intègre l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en 2016, puis travaille comme rapporteure à la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) pendant six ans, jusqu'en 2023. Parallèlement, elle co-dirige le séminaire "droit international et comparé en Méditerranée et Moyen-Orient" de l'iReMMO et enseigne à l'Ecole supérieure de journalisme de Paris. En 2019, elle fonde l'Observatoire des camps de réfugiés (OCR), ONG consacrée à l'étude et à la protection des camps de réfugiés dans le monde. En 2022, la délégation interministérielle à l'accueil et à l'intégration des réfugiés lui consacre un portrait en tant que "Femme inspirante". En août 2023, le magazine Forbes la classe parmi les "40 femmes d'exception qui ont marqué l'année".
En 2023, elle fonde le collectif Action Palestine France et rejoint La France insoumise en vue des élections européennes. Elle figure en septième place sur la liste conduite par Manon Aubry. Le 9 juin 2024, elle est élue députée européenne et siège au groupe GUE/NGL (Gauche unitaire européenne). En 2026, Politico la classe 26e dans son classement des 28 personnalités les plus puissantes d'Europe.
Depuis fin 2023, Rima Hassan fait l'objet de nombreuses procédures judiciaires. En avril 2024, elle est convoquée une première fois en audition libre par la police dans le cadre d'enquêtes pour "apologie du terrorisme". En juillet 2024, une plainte est déposée contre elle par l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy pour "menaces" à la suite de propos publiés sur le réseau social X. En décembre 2024, l'Observatoire juif de France dépose une plainte pour "apologie du terrorisme" après un tweet sur le droit des Palestiniens à rejoindre "la résistance armée". En avril 2025, elle est de nouveau entendue en audition libre dans le cadre de plusieurs enquêtes.
Le 2 avril 2026, elle est placée en garde à vue par le pôle national de lutte contre la haine en ligne, dans le cadre d'une enquête portant sur un tweet faisant référence à l'un des auteurs de l'attentat de l'aéroport de Lod (aujourd'hui aéroport Ben-Gourion) du 30 mai 1972. Elle ressort libre le soir même avec une convocation le 7 juillet 2026 pour être jugée pour "apologie du terrorisme commise en ligne". Son avocat Vincent Brengarth estime que la garde à vue a été menée sans levée préalable de son immunité parlementaire. Au moment de la garde à vue, des fuites vers la presse évoquent la découverte d'une substance présentée comme de la drogue de synthèse. Le 9 avril 2026, la procédure est classée sans suite : les analyses confirment qu'il s'agit de CBD à 82,1 %, produit non qualifié de stupéfiant par la loi française. LFI saisit l'ARCOM et dénonce un "naufrage médiatique et judiciaire". Sur les 23 plaintes déposées contre elle en moins de deux ans de mandat, 13 ont été classées sans suite selon un document publié par LFI en avril 2026 ; six procédures restaient en cours selon le parquet à la même date. Une plainte pour "manquements" des policiers lors de la garde à vue est annoncée par son avocat le 16 avril 2026, dénonçant notamment la mention de "3-MMC" dans les procès-verbaux avant tout résultat d'analyse.
En avril 2026, Rima Hassan s'oppose activement à la proposition de loi déposée par la députée Caroline Yadan (apparentée Renaissance), intitulée "visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme" et débattue en séance à l'Assemblée nationale le 16 avril 2026. Elle appelle à la mobilisation contre ce texte, estimant qu'il criminalise la critique de la politique d'Israël. Le groupe LFI multiplie les amendements et interventions, ce que le groupe EPR qualifie d'obstruction délibérée. Le groupe Ensemble pour la République retire finalement le texte ce même jour, après l'annonce par le gouvernement du dépôt d'un projet de loi reprenant les dispositions de la proposition, prévu pour examen au Sénat en juin 2026. Une pétition contre la loi Yadan avait recueilli plus de 700 000 signatures sur la plateforme de l'Assemblée nationale.
Rima Hassan est née de parents d'origines palestinienne et syrienne. Sa grand-mère maternelle, issue d'une famille notable syrienne (les Hananou), avait épousé un réfugié palestinien et s'était installée dans le camp. Ses relations familiales sont marquées par une longue séparation : sa mère quitte le camp peu après sa naissance et met huit ans à récupérer ses enfants en France. Le décès de sa mère survient en 2021. Elle n'avait pas revu son père depuis vingt ans lorsqu'elle retourne en Syrie en janvier 2024 — un voyage motivé, selon elle, par des raisons personnelles et par son projet autobiographique aux Editions des Equateurs. Elle vit alternativement en France et en Jordanie. Elle indique cuisiner avec plaisir et considère la cuisine comme "une question d'hospitalité" transmise par sa mère (Radio Nova, juin 2025). Elle définit son engagement politique comme indissociable de ce qu'elle est : "Ce combat, je le porte avec beaucoup de convictions et je le porte aussi avec des failles, avec des imperfections." (Radio Nova, juin 2025).
Sur le plan intellectuel, elle prône la création d'un Etat binational israélo-palestinien et rejette la solution à deux Etats, estimant qu'elle n'est plus réalisable. Elle soutient les travaux de l'eurodéputé Raphaël Glucksmann sur le génocide des Ouïghours. En juillet 2025, l'Université libre de Bruxelles attribue, à la demande des étudiants, le nom de Rima Hassan à la nouvelle promotion des diplômés en droit. Elle a signé un contrat pour une autobiographie aux Editions des Equateurs (juin 2023), soutenu par la Fondation Kamel Lazaar, et présente en 2024 au festival Jaou Tunis le projet photographique "Nakba Survivor", série de portraits de réfugiés palestiniens en Jordanie, en Syrie et au Liban.
Rima Hassan est née dans le camp de Neirab, près d'Alep en Syrie, où elle retourne en janvier 2024 pour la première fois depuis son départ. Elle grandit à Niort dans les Deux-Sèvres. Elle réside alternativement à Paris et en Jordanie. Elle exerce son mandat au Parlement européen à Bruxelles et à Strasbourg. Son déracinement originel — camp de réfugiés en Syrie, quartier populaire de Niort — occupe une place centrale dans son discours public et dans son projet autobiographique.
Dernière mise à jour : 28/04/2026
Je me refuse à avoir peur. On est dans le camp qui consiste à défendre quelque chose qui est noble.
— Radio Nova, interview avec Ségo Raffaitin et Azzeddine Ahmed-Chaouch, juin 2025
Je n'ai pas de pays : je suis réfugiée palestinienne, mais je suis née dans un camp, un lieu invisibilisé.
— Entretien Association France-Palestine Solidarité
Ce combat, je le porte avec beaucoup de convictions et je le porte aussi avec des failles, avec des imperfections.
— Radio Nova, juin 2025
La cuisine, c'est une question d'hospitalité. Ma mère m'a toujours dit : on mange d'abord avec les yeux avant de manger avec la bouche.
— Radio Nova, juin 2025
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— Radio Nova, juin 2025