Biographie

Acteur, chroniqueur et figure de l’humour politique français, Stéphane Guillon s’est imposé par un ton acerbe, un goût marqué pour la satire des puissants et une présence durable sur scène, à la radio, à la télévision et au théâtre.


Parcours

Né le 6 décembre 1963 à Neuilly-sur-Seine, Stéphane Guillon suit une formation de comédien après avoir été repéré au début des années 1980, décrochant un premier rôle au cinéma dans On s'en fout, nous on s'aime. Il enchaîne les cours de théâtre, part un an aux États-Unis, travaille dans la restauration à Los Angeles puis tourne dans plusieurs téléfilms. Sa carrière d’humoriste démarre vraiment en 1990 avec son one-man-show C'est dur pour tout le monde !, joué dans de petites salles parisiennes avant d’être invité au festival Juste pour rire à Montréal. Cette première reconnaissance professionnelle installe un humour noir, volontiers corrosif, qui deviendra sa signature.

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, il se fait connaître du grand public grâce à ses chroniques dans Nulle part ailleurs sur Canal+, puis dans La Grosse Émission. Sur scène, il confirme avec Petites horreurs entre amis, créé au festival d’Avignon, tandis que la radio France Inter lui offre une large audience dans Le Fou du roi, puis avec sa chronique quotidienne « L’humeur de… ». Il devient l’un des piliers de Salut les Terriens ! chez Thierry Ardisson, tout en poursuivant une carrière d’acteur au cinéma et à la télévision, notamment dans Comment j'ai tué mon père, La Vie d'artiste, la série Le Bazar de la Charité ou Le Remplaçant, et en multipliant les spectacles, de Liberté (très) surveillée à Certifié conforme puis Sur scène.


Controverse

Chroniqueur politique très exposé, Stéphane Guillon est régulièrement au centre de polémiques. En 2009, sa chronique sur Dominique Strauss-Kahn sur France Inter, mêlant allusions à la vie privée et charge politique, déclenche une réaction immédiate de l’intéressé et une forte médiatisation. L’année suivante, un billet visant le ministre Éric Besson, assimilé à une « taupe » œuvrant à une France « pure et blanche », provoque de nouvelles protestations et contribue à la décision de Radio France de ne pas renouveler son contrat à l’été 2010. En 2011, la justice prud’homale puis la cour d’appel jugent ce licenciement abusif et condamnent Radio France à lui verser des indemnités. Il est également critiqué après un spectacle à Bastia en 2012, où le déplacement d’un spectateur en fauteuil roulant suscite un vif débat, ainsi qu’en 2017 pour des propos jugés particulièrement choquants sur le décès de la mère du candidat Nicolas Dupont-Aignan.


Repères chronologiques

1981 : Repéré par le réalisateur Michel Gérard, il tourne dans le film On s'en fout, nous on s'aime et fait ses premiers pas au cinéma.
1990 : Lance son premier one-man-show C'est dur pour tout le monde ! et se produit au festival Juste pour rire à Montréal.
1999 : Se fait remarquer à la télévision avec la chronique « Fallait pas l’inviter » dans Nulle part ailleurs sur Canal+.
2002 : Succès sur scène avec Petites horreurs entre amis puis arrivée dans l’émission Le Fou du roi sur France Inter.
2001 : Reçoit le prix du public du Festival Jean Carmet pour son rôle dans Comment j'ai tué mon père d’Anne Fontaine.
2010 : Écarté de France Inter après plusieurs chroniques polémiques, il recentre son activité sur la scène et la télévision.
2011 : Radio France est condamnée par les prud’hommes pour licenciement abusif à son encontre, décision confirmée en appel en 2013.
2012 : Remporte le Globe de Cristal du meilleur one-man-show et joue au théâtre dans Inconnu à cette adresse au Théâtre Antoine.
2017 : Ses propos à la télévision sur la mort de la mère de Nicolas Dupont-Aignan suscitent une large indignation politique et médiatique.
2021 : Présente le spectacle Sur scène, qui lui vaut une nomination au Molière de l’humour en 2023.
2024 : De retour au Théâtre Antoine dans Inconnu à cette adresse, il publie également le livre Fini de rire, nourri par ses expériences personnelles et professionnelles.
2025 : Poursuit une tournée en France avec ses spectacles et les représentations de Inconnu à cette adresse, confirmant son ancrage durable sur les scènes francophones.


Vie personnelle et engagements

Né dans une famille où l’art et la culture occupent une place centrale, Stéphane Guillon est le fils de la galeriste Fanny Guillon-Laffaille, spécialiste de Raoul Dufy, et de Pierre-Marie Guillon, conseiller en gestion de patrimoine et auteur d’un ouvrage de référence sur l’investissement dans l’art. Sa mère étant d’origine corse, il revendique des racines insulaires auxquelles il restera attaché. Il est également le neveu du chanteur et auteur-compositeur Gilbert Laffaille, ce qui inscrit son parcours dans un environnement familial déjà tourné vers la création. Très tôt, il choisit la voie du théâtre et de l’interprétation, plutôt que des études classiques, et construit son identité artistique autour de cette filiation culturelle.

Père de quatre enfants, issus d’une première union et de sa relation avec Muriel Cousin, chroniqueuse et metteuse en scène, il connaît de longue date la réalité des familles recomposées. Avec Muriel Cousin, rencontrée au milieu des années 2000, il partage la vie privée et le travail, elle coécrivant et mettant en scène plusieurs de ses spectacles avant leur mariage à Ville-d’Avray en 2011 et la naissance de leur fille Violette en 2006, puis leur séparation en 2018. Une autre de ses filles, Manon, devenue avocate, apparaît ponctuellement à ses côtés sur les réseaux sociaux, dont il se sert pour évoquer son rôle de père. Sur le plan public, il se positionne comme défenseur d’une liberté de ton exigeante dans les médias et continue de réfléchir, dans ses interviews et ses livres, aux limites de la satire, à la responsabilité de l’humoriste et à la place de l’humour politique dans le débat démocratique.


Où le croiser ?

Désormais installé en Corse, dans un village de Haute-Corse où il a fait de sa maison en pierre sa résidence principale, Stéphane Guillon partage son temps entre cette retraite insulaire et les scènes françaises. On peut le retrouver régulièrement dans les théâtres parisiens, notamment au Théâtre Antoine ou au Théâtre Tristan-Bernard, lors de ses spectacles et pièces comme Inconnu à cette adresse. Sa tournée 2025-2026 le conduit aussi dans de nombreuses salles de province, centres culturels et festivals d’humour. Il participe ponctuellement à des salons du livre ou rencontres publiques autour de ses ouvrages, offrant des occasions supplémentaires de le croiser dans un cadre plus intimiste.


Anecdotes

1 - Repéré très jeune lors d’un cours de théâtre, Stéphane Guillon se voit proposer par le réalisateur Michel Gérard un rôle dans On s'en fout, nous on s'aime. Cette apparition, presque improvisée, lui ouvre précocement les portes du cinéma avant même sa carrière d’humoriste.

2 - Son éviction de France Inter en 2010, à la suite de chroniques jugées trop virulentes, provoque une forte mobilisation d’auditeurs et de personnalités en faveur de la liberté de ton. Les prud’hommes, puis la cour d’appel, considèrent finalement ce licenciement comme abusif et condamnent Radio France à l’indemniser.

3 - Sa chronique consacrée à Dominique Strauss-Kahn en 2009, diffusée juste avant l’interview de ce dernier sur France Inter, connaît un retentissement international inhabituel pour un billet d’humour. La réaction de l’ancien directeur du FMI, les excuses de la direction et les critiques de Nicolas Sarkozy installent durablement Guillon comme figure de l’humour politique « méchant ».

4 - Dans plusieurs entretiens récents et dans son livre Fini de rire, il reconnaît avoir parfois « blessé des gens inutilement » et dit regretter certains portraits écrits à l’époque de ses chroniques. Sans renier son style, il revendique aujourd’hui un regard plus nuancé, nourri par ses échecs personnels, une dépression consécutive à une relation toxique et son installation en Corse.

5 - Très attaché à ses racines corses, il décrit sa maison de Haute-Corse comme un refuge entouré d’oliviers et ouvert sur la mer. Il y voit un retour aux sources familiales et un contrepoint apaisant aux années d’exposition médiatique et de polémiques parisiennes.


Points clés

- Métier(s) : Humoriste, acteur, chroniqueur de radio et de télévision, auteur
- Résidence principale : Village de Haute-Corse, France
- Relations : Union antérieure (3 enfants), relation avec Muriel Cousin (2005-2018, mariage en 2011), relations ultérieures médiatisées
- Enfants : 4 enfants, dont Manon et Violette
- Distinctions : Prix du public du Festival Jean Carmet 2001, Globe de Cristal du meilleur one-man-show 2012, nomination au Molière de l’humour 2023