Résumé biographique

Haut fonctionnaire français engagé dans les politiques sociales et la réforme de l’hôpital, Martin Hirsch s’est imposé comme une figure centrale des débats sur la pauvreté, la protection sociale et le service civique, à cheval entre action publique, monde associatif et univers académique.


Parcours

Ancien élève de l’École normale supérieure et de l’ENA, Martin Hirsch débute sa carrière au Conseil d’État, avant d’occuper des fonctions de conseil au ministère de la Santé et de la Protection sociale. Il se spécialise rapidement dans les enjeux sanitaires et sociaux, dirigeant la Pharmacie centrale des hôpitaux de Paris, puis l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, où il est confronté à plusieurs crises sanitaires majeures et met en avant l’indépendance de l’expertise publique et la transparence. En parallèle, il enseigne à Sciences Po et à l’ENA, et s’implique fortement dans le monde associatif. Proche de l’abbé Pierre, il rejoint le mouvement Emmaüs dont il préside d’abord l’Union centrale des communautés, avant de devenir président d’Emmaüs France au début des années 2000, position où il défend une approche pragmatique, nourrie de terrain, de la lutte contre la grande pauvreté.

Nommé en 2007 haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté dans le gouvernement Fillon, puis haut-commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch pilote la création du revenu de solidarité active (RSA) et la mise en place du service civique, avant de fonder l’Institut de l’Engagement pour accompagner les volontaires. À partir de 2013, il dirige l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, où il conduit de vastes réorganisations hospitalières et défend un hôpital public capable d’innover, notamment autour des données de santé. Après son départ de l’AP-HP en 2022, il devient vice-président exécutif de Galileo Global Education, chargé du développement des formations en santé, puis réintègre le Conseil d’État en 2024. Auteur prolifique, il signe des essais comme Les Enjeux de la protection sociale, Pour en finir avec les conflits d’intérêts, L’Hôpital à cœur ouvert, Comment j’ai tué son père et le roman Les Solastalgiques.


Controverse

La trajectoire de Martin Hirsch suscite plusieurs controverses publiques. La création du revenu de solidarité active, lancé en 2009, est critiquée pour ses résultats jugés insuffisants sur la pauvreté et l’emploi, notamment par certains éditorialistes et par l’écrivain Édouard Louis, auquel il répond en 2019 avec Comment j’ai tué son père. À la tête de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris à partir de 2013, ses réformes du temps de travail, la réduction de jours de RTT et les regroupements hospitalo-universitaires provoquent une forte contestation syndicale et des tribunes mettant en cause son bilan. Pendant la pandémie de Covid-19, ses prises de position sur la régulation des conflits d’intérêts, sur certains traitements et, en 2022, ses propos interrogeant la gratuité des soins pour les non-vaccinés alimentent à nouveau polémiques et critiques, en particulier dans le monde hospitalier.


Repères chronologiques

1963 : Naissance à Suresnes, en région parisienne, dans une famille engagée dans la Résistance et le service public.
1983 : Entrée à l’École normale supérieure, après un début d’études médicales, puis poursuite d’un DEA de neurobiologie.
1990 : Sortie de l’ENA (promotion Jean Monnet) et entrée au Conseil d’État comme auditeur, puis maître des requêtes.
1995 : Prend la direction de la Pharmacie centrale des hôpitaux de Paris et devient président de l’Union centrale des communautés Emmaüs.
1999 : Nommé directeur général de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, fonction qu’il occupe jusqu’en 2005.
2002 : Devient président d’Emmaüs France, structure qu’il incarne comme porte-voix national de la lutte contre la grande pauvreté.
2007 : Nommé haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, pilote l’expérimentation puis la généralisation du RSA.
2009 : Cumul des fonctions de haut-commissaire à la Jeunesse, présentation du Livre vert sur la jeunesse et préparation du Plan jeunes.
2010 : Quitte le gouvernement et prend la présidence de l’Agence du service civique, alors en plein déploiement.
2012 : Lance l’Institut de l’Engagement pour accompagner les anciens volontaires du service civique dans leurs projets d’études ou d’emploi.
2013 : Nommé directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, qu’il dirigera jusqu’en 2022.
2017 : Publie l’essai L’Hôpital à cœur ouvert, où il expose sa vision d’un hôpital public réformé et structuré par les données de santé.
2019 : Fait paraître Comment j’ai tué son père, réponse aux critiques d’Édouard Louis sur le RSA et la politique sociale.
2022 : Annonce son départ de la direction de l’AP-HP et devient vice-président exécutif de Galileo Global Education.
2024 : Réintègre le Conseil d’État après son passage dans l’enseignement supérieur privé, tout en poursuivant ses activités d’essayiste.


Vie personnelle et engagements

Issu d’une famille marquée par la Résistance et le service de l’État, Martin Hirsch est le fils de l’ingénieur Bernard Hirsch, ancien directeur de l’École nationale des ponts et chaussées, et de Catherine Pécaut, bibliothécaire. Son grand-père Étienne Hirsch fut commissaire général au Plan après la guerre. Ce milieu familial, à la fois laïque et très engagé, nourrit très tôt chez lui une sensibilité aux inégalités sociales et à la question de l’intérêt général. Ses premières expériences en médecine hospitalière, puis dans l’administration, confortent cette orientation vers des fonctions où se croisent politique sociale, santé publique et action de long terme.

Marié à la journaliste et écrivaine Florence Noiville, avec qui il a trois filles, Martin Hirsch revendique un engagement conçu comme une continuité entre vie personnelle, choix professionnels et investissement associatif. Il joue un rôle central dans la structuration du service civique et fonde l’Institut de l’Engagement, dont il reste président, pour accompagner sur la durée les volontaires. Coprésident de l’« Action Tank Entreprise et Pauvreté » et de la chaire « Social Business » à HEC, il intervient régulièrement dans les médias, conférences et débats publics pour défendre des politiques sociales évaluées, l’éthique de la décision publique et la participation des citoyens aux grandes orientations collectives.


Où le croiser ?

Figure du débat public, Martin Hirsch est le plus souvent présent à Paris, lors de conférences, tables rondes ou auditions liées aux politiques sociales, à la santé ou à l’hôpital. On peut le croiser dans des universités et grandes écoles où il intervient régulièrement, notamment à HEC ou dans des événements liés au service civique et à l’Institut de l’Engagement, ainsi que lors de rencontres publiques autour de ses livres.


Anecdotes

1 - Étudiant, Martin Hirsch mène un parcours atypique, racontant avoir été simultanément inscrit en médecine, à l’École normale supérieure et en licence puis maîtrise de biochimie, expérience qui nourrit ensuite sa manière de croiser enjeux scientifiques, sociaux et institutionnels.
2 - Très proche de l’abbé Pierre et du mouvement Emmaüs, il cosigne avec lui le Manifeste contre la pauvreté, texte qui synthétise années de travail de terrain et plaidoyer pour des politiques publiques plus ambitieuses envers les plus démunis.
3 - Curiosité moins connue, il prête sa voix à un personnage de la série animée Silex and the City, où il apparaît en clin d’œil, transposant ses combats contemporains dans l’univers décalé et satirique de la préhistoire dessinée.
4 - Interpellé par le récit d’Édouard Louis dans Qui a tué mon père, il publie en 2019 Comment j’ai tué son père, ouvrage dans lequel il défend le RSA et explique, chiffres et dispositifs à l’appui, ses choix de politique sociale.


Points clés

- Métier(s) : Haut fonctionnaire, responsable associatif, écrivain, ancien directeur général de l’AP-HP
- Résidence principale : Information non publique
- Relations : Marié à la journaliste et écrivaine Florence Noiville
- Enfants : Trois filles
- Distinctions : Chevalier de la Légion d’honneur, Chevalier de l’ordre national du Mérite