Bernard Cazeneuve, homme d'État français né le 2 juin 1963 à Senlis (Oise), a été Premier ministre de décembre 2016 à mai 2017 sous la présidence de François Hollande, après avoir dirigé le ministère de l'Intérieur lors des attentats islamistes de 2015 et 2016.
Fils d'instituteur, Bernard Cazeneuve effectue l'intégralité de sa scolarité à Creil (Oise) avant d'intégrer l'Institut d'études politiques de Bordeaux, dont il est diplômé en 1985. Il y milite au sein des jeunes radicaux de gauche de la Gironde. Parallèlement, il obtient une maîtrise en droit public à l'université de Caen-Basse-Normandie. De 1991 à 1993, il exerce comme conseiller technique auprès du secrétaire d'État aux Relations culturelles internationales, puis comme chef de cabinet d'Alain Vivien (secrétaire d'État aux Affaires étrangères) et de Charles Josselin (secrétaire d'État à la Mer). Prêtant serment au barreau de Cherbourg en 2003 puis à celui de Paris, il exerce comme avocat spécialisé en droit public. En 1994, il est élu conseiller général d'Octeville, puis maire d'Octeville (1995-2000). À la fusion des communes, il devient maire de Cherbourg-Octeville de 2001 à 2012, et président de la communauté urbaine de Cherbourg de 2008 à 2012. Député de la Manche de 1997 à 2002, puis de 2007 à 2012, il siège également comme juge titulaire à la Haute-Cour de justice et à la Cour de justice de la République entre 1997 et 2002.
Désigné porte-parole de François Hollande pour la présidentielle de 2012, il est nommé le 16 mai de cette année ministre délégué aux Affaires européennes dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault. Le 19 mars 2013, à la suite de la démission de Jérôme Cahuzac mis en cause pour fraude fiscale, il prend en charge le portefeuille du Budget. Le 2 avril 2014, dans le gouvernement de Manuel Valls, il devient ministre de l'Intérieur. À ce titre, il supervise la réponse de l'État aux attentats des 7 et 9 janvier 2015 (Charlie Hebdo, Hyper Cacher) et du 13 novembre 2015 (Bataclan, terrasses parisiennes), ainsi qu'à celui de Nice du 14 juillet 2016. Il est en charge de l'état d'urgence décrété dès le 14 novembre 2015. Après que Manuel Valls démissionne le 5 décembre 2016 pour participer à la primaire socialiste, François Hollande nomme Bernard Cazeneuve Premier ministre le 6 décembre 2016. Son gouvernement, le plus court de la Ve République à ce stade, prend fin le 15 mai 2017 avec la victoire d'Emmanuel Macron. Il rejoint ensuite le cabinet August Debouzy comme avocat associé en droit de la compliance et de la conformité internationale. En 2022, en désaccord avec l'alliance conclue par le Parti socialiste avec La France insoumise dans la Nupes, il quitte le PS. Il fonde en 2023 La Convention, mouvement social-démocrate et républicain. En avril 2026, il se déclare candidat à l'élection présidentielle de 2027 dans les colonnes du Figaro.
1963 : naissance le 2 juin à Senlis (Oise)
1985 : diplômé de l'Institut d'études politiques de Bordeaux
1991 : entrée dans plusieurs cabinets ministériels (Vivien, Josselin)
1994 : élu conseiller général d'Octeville (Manche)
1995 : élu maire d'Octeville
1997 : élu député de la Manche (5e circonscription) ; juge titulaire à la Haute-Cour de justice
2001 : élu maire de Cherbourg-Octeville à la suite de la fusion des communes
2008 : élu président de la communauté urbaine de Cherbourg
2012 : nommé ministre délégué aux Affaires européennes dans le gouvernement Ayrault
2013 : nommé ministre délégué au Budget en remplacement de Jérôme Cahuzac
2014 : nommé ministre de l'Intérieur dans les gouvernements Valls I puis II
2015 : met en place l'état d'urgence après les attentats du 13 novembre à Paris
2016 : nommé Premier ministre le 6 décembre par François Hollande
2017 : gouvernement démissionnaire le 15 mai ; rejoint le cabinet August Debouzy
2017 : élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur par décret du président Emmanuel Macron
2022 : quitte le Parti socialiste en désaccord avec l'alliance Nupes
2023 : fonde La Convention, mouvement social-démocrate
2026 : annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2027
Bernard Guy Georges Cazeneuve est le fils de Gérard Cazeneuve, instituteur pied-noir originaire d'Algérie (quartier de Châteauneuf à El Biar, près d'Alger), responsable de la section du Parti socialiste de l'Oise, et de Danièle Varailhon. Il grandit à Creil, où il fréquente l'école Jean-Biondi, puis l'école Descartes, le collège Havez et le lycée Jules-Uhry. Le 12 août 1995, il épouse Véronique Beau, directrice d'une maison d'édition pour enfants. Après une séparation de plusieurs années et un divorce, ils se remarient le 2 août 2015 à Aiguines (Var), en présence de François Hollande. Leur union donne naissance à deux enfants, Nathan et Mona. Véronique Cazeneuve décède en juin 2024 des suites d'une maladie. Bernard Cazeneuve se décrit comme agnostique.
Proche de Laurent Fabius avant de se rallier à François Hollande lors de la primaire socialiste de 2011, il entretient des liens durables avec la gauche républicaine et sociale-démocrate. Il préside le conseil d'administration de Sciences Po Bordeaux et dispense un cours sur la lutte antiterroriste à Sciences Po Paris. Il est également président du Club des juristes, think tank juridique, où il succède à Alexandre de Juniac. En novembre 2023, il cosigne avec Vincent Brenot l'ouvrage Prévenir la corruption : un devoir démocratique (Éditions l'Observatoire). Parmi les élus qui l'entourent au sein de La Convention figurent Olivier Falorni et David Habib.
1 - À dix ans, son père l'emmène à un meeting de François Mitterrand à Creil, une expérience qu'il identifie lui-même comme le point de départ de son engagement à gauche. Ce moment fondateur est relaté par Wikimanche à partir de sources locales normandes.
2 - À Sciences Po Bordeaux, Cazeneuve dirige les jeunes radicaux de gauche de la Gironde avant d'adhérer au Parti socialiste lors de son installation à Paris pour préparer le concours d'entrée de l'ENA, concours qu'il ne passera finalement pas.
3 - Nommé ministre du Budget en urgence le 19 mars 2013 pour remplacer Jérôme Cahuzac le jour même de l'ouverture de l'information judiciaire, il est le seul membre du gouvernement à hériter du portefeuille le plus exposé politiquement en un délai aussi court.
4 - Son second mariage avec Véronique Beau, le 2 août 2015 à Aiguines dans le Var, est célébré en présence du président François Hollande, fait rare pour un ministre en exercice.
5 - Alors qu'il avait quitté le Parti socialiste et fondé La Convention en 2023, son mouvement revendique 15 000 membres et une trentaine de parlementaires en mai 2026, au moment de son annonce de candidature présidentielle pour 2027.
- Métier(s) : homme d'État, avocat
- Résidence principale : non documentée dans les sources consultées
- Relations de couple : marié à Véronique Beau (1995, remariage 2015) ; Véronique Cazeneuve décédée en juin 2024
- Enfants : Nathan et Mona (années de naissance non documentées)
- Distinctions : commandeur de la Légion d'honneur (2017) ; Grand-Croix de l'ordre du mérite civil du royaume d'Espagne (2015) ; Croix de grand commandeur de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne (2016)
« Les terroristes ne détruiront jamais la République, car c'est la République qui les détruira. »
— Déclaration au ministère de l'Intérieur, 16 novembre 2015, publiée sur vie-publique.fr
« Comme LFI est dans l'incapacité de gagner l'élection présidentielle, il faut, pour éviter à tout prix la victoire du Rassemblement national, construire une offre politique qui donne enfin une perspective aux Français. »
— Le Figaro, 28 avril 2026
« La France n'a pas peur, elle est armée pour faire face à ces crimes abominables, elle les combattra, elle ira jusqu'au bout de ce combat pour que les valeurs de respect, de tolérance, d'humanité l'emportent sur la barbarie. »
— Interview Europe 1, 25 septembre 2014, vie-publique.fr
« Il ne faut pas regarder les palais de la République parce qu'on est dépositaire toujours éphémère en démocratie d'une légitimité, et il ne faut pas se laisser griser par les décors, il faut rester mobilisé sur les dossiers. »
— Interview France 2, C dans l'air, 24 janvier 2016, vie-publique.fr
« Les terroristes ne détruiront jamais la République, car c'est la République qui les détruira. »
— Déclaration au ministère de l'Intérieur, 16 novembre 2015, publiée sur vie-publique.fr
« Comme LFI est dans l'incapacité de gagner l'élection présidentielle, il faut, pour éviter à tout prix la victoire du Rassemblement national, construire une offre politique qui donne enfin une perspective aux Français. »
— Le Figaro, 28 avril 2026
« La France n'a pas peur, elle est armée pour faire face à ces crimes abominables, elle les combattra, elle ira jusqu'au bout de ce combat pour que les valeurs de respect, de tolérance, d'humanité l'emportent sur la barbarie. »
— Interview Europe 1, 25 septembre 2014, vie-publique.fr
« Il ne faut pas regarder les palais de la République parce qu'on est dépositaire toujours éphémère en démocratie d'une légitimité, et il ne faut pas se laisser griser par les décors, il faut rester mobilisé sur les dossiers. »
— Interview France 2, C dans l'air, 24 janvier 2016, vie-publique.fr