Journaliste politique influent des médias français, Frédéric Haziza s’est imposé comme une voix très présente sur la vie parlementaire et le conflit israélo-palestinien, entre carrière remarquée sur Radio J et LCP et polémiques récurrentes autour de ses prises de position publiques.
Né le 6 décembre 1960 à Marnia, devenue Maghnia en Algérie, Frédéric Haziza débute sa carrière en 1986 sur Radio J, où il couvre l’actualité politique. Il y crée en 1988 l’émission Le Forum Radio J, avant d’en devenir le chef du service politique en 2001. À partir de 1991, il collabore aussi au journal satirique Le Canard enchaîné, notamment au sein de la rubrique « La mare aux Canards », où il s’impose comme l’un des principaux pourvoyeurs d’informations politiques. En 2003, il rejoint la chaîne parlementaire LCP-AN, où il lance plusieurs formats politiques hebdomadaires, croisant les regards de journalistes du Monde, de l’AFP, de France Info ou encore du Journal du dimanche, et renforce ainsi sa visibilité auprès du grand public et des responsables politiques. En plateau comme dans les couloirs de l’Assemblée nationale, il se spécialise dans les interviews serrées de députés, ministres et responsables de partis.
Parallèlement à ses activités d’antenne, Frédéric Haziza se fait connaître comme auteur d’ouvrages politiques. Il publie en 2001 le livre-enquête Le Roman de la présidentielle, consacré à la campagne de Jacques Chirac, puis en 2002 Chirac ou La victoire en pleurant, plongée dans les coulisses de la droite au pouvoir, et coécrit la même année Ma part d’inventaire avec la responsable socialiste Marie-Noëlle Lienemann. En 2014, il signe chez Fayard l’essai Vol au-dessus d’un nid de fachos : Dieudonné, Soral, Ayoub et les autres, qui analyse la galaxie d’extrême droite gravitant autour de l’humoriste Dieudonné. Après 2018, ses émissions ne sont pas reconduites sur LCP, mais il poursuit son travail de journaliste politique sur Radio J, interviewant responsables français et étrangers, et intervient régulièrement dans la presse écrite ou en tribune sur les questions de laïcité, d’antisémitisme et de conflit israélo-palestinien.
En novembre 2017, la journaliste Astrid de Villaines dépose plainte contre Frédéric Haziza pour une agression sexuelle qui se serait produite en novembre 2014 dans les locaux de LCP, décrivant un contact forcé au niveau des fesses. LCP le suspend alors de l’antenne le temps d’une enquête interne, tandis qu’une enquête préliminaire est ouverte par le parquet de Paris. Réintégré début 2018, il fait l’objet d’une vive contestation interne, plusieurs partenaires de l’émission se retirant et la plaignante finissant par démissionner de la chaîne. En juillet 2018, la procédure pénale se conclut par un rappel à la loi, décision critiquée par Astrid de Villaines et par des associations féministes, tandis que le journaliste continue de contester avoir commis une agression sexuelle, évoquant un humour « lourd » et un geste qu’il présente comme mal interprété.
1960 : Naissance à Marnia, aujourd’hui Maghnia, en Algérie, dans une famille juive originaire d’Algérie et de Pologne.
1986 : Débuts à Radio J comme journaliste politique, où il couvre l’actualité française et moyen-orientale.
1988 : Création et animation de l’émission politique Le Forum Radio J, dédiée aux responsables politiques français.
1991 : Début de sa collaboration régulière au journal satirique Le Canard enchaîné, notamment dans « La mare aux Canards ».
2001 : Nomination comme chef du service politique de Radio J, tout en poursuivant la présentation du Forum.
2001 : Publication de l’ouvrage Le Roman de la présidentielle chez Plon, consacré à la campagne de Jacques Chirac.
2002 : Parution de Chirac ou La victoire en pleurant et de Ma part d’inventaire, coécrit avec Marie-Noëlle Lienemann.
2003 : Arrivée sur LCP-AN, où il lance notamment l’émission hebdomadaire Questions d’info avec plusieurs rédactions partenaires.
2014 : Publication chez Fayard de l’essai Vol au-dessus d’un nid de fachos : Dieudonné, Soral, Ayoub et les autres.
2017 : Plainte pour agression sexuelle déposée par la journaliste Astrid de Villaines et suspension de l’antenne de LCP.
2018 : Rappel à la loi dans cette affaire et non-reconduction de ses émissions politiques sur LCP à la rentrée.
2024 : Avis du Conseil de déontologie journalistique jugeant l’une de ses vidéos militante et contraire aux bonnes pratiques professionnelles.
2025 : Vif échange avec des députés La France insoumise à l’Assemblée nationale, où il les accuse de relayer des organisations islamistes armées.
Issu d’une famille juive marquée par des trajectoires migratoires et la Shoah, Frédéric Haziza est le fils d’Isaac Haziza, originaire d’Algérie, et d’Huguette Lancner, dont la famille venue de Pologne est décrite comme agnostique et communiste. Ses parents se rencontrent et se marient à Paris en 1960, avant de repartir en Algérie où son père enseigne quelques années à Maghnia. Le récit familial est fortement structuré par l’histoire de son grand-père maternel Majloch Lancner, déporté à Auschwitz et assassiné en 1942, mémoire que son fils David-Isaac Haziza a longuement documentée dans des textes publiés, contribuant à l’ancrage mémoriel du journaliste.
Père de l’écrivain et intellectuel David-Isaac Haziza, il revendique publiquement un attachement fort à Israël et un engagement constant contre l’antisémitisme, qu’il exprime à l’antenne comme dans de nombreuses tribunes. Ses prises de position l’amènent à soutenir certaines figures politiques israéliennes, à demander la dissolution de la Ligue de défense juive tout en dénonçant la mouvance Dieudonné-Soral-Ayoub, et à interpeller régulièrement responsables français et militants sur la laïcité, l’islamisme radical ou le complotisme. Ces engagements nourrissent autant son image de journaliste militant que les critiques récurrentes portant sur sa déontologie et sa manière de conduire les débats publics.
Journaliste couvrant de près la vie parlementaire française, Frédéric Haziza travaille principalement en France, où il suit l’actualité de l’Assemblée nationale et des partis politiques. On peut le croiser lors de points presse dans la salle des Quatre Colonnes, lors de matinales ou d’émissions spéciales enregistrées dans les studios parisiens de Radio J, ainsi que dans différents débats publics, conférences ou festivals consacrés à la politique et à l’actualité internationale.
1 - Présent depuis 1991 au Canard enchaîné, il est décrit par des journalistes comme l’un des « tuyauteurs historiques » du journal satirique, Mediapart révélant en 2025 qu’il figure parmi les pigistes les mieux rémunérés, avec un statut quasi permanent au sein de la rédaction.
2 - Ses prises de position contre Dieudonné, Alain Soral ou le site Égalité et Réconciliation ont déclenché, à partir de 2013, une intense campagne en ligne, faite de pétitions réclamant son renvoi de LCP et de messages à forte teneur antisémite relayés sur plusieurs plateformes.
3 - En 2014, son livre Vol au-dessus d’un nid de fachos provoque de vives réactions ; lors d’un débat public, Nicolas Dupont-Aignan l’accuse d’avoir « transformé l’histoire » et l’insulte publiquement, épisode largement commenté dans la presse politique et les médias en ligne.
4 - En mars 2016, en marge du dîner annuel du CRIF, il assène un coup de poing au reporter Vincent Lapierre après l’avoir sommé de quitter les lieux, un incident filmé et diffusé en ligne, la plainte déposée étant ensuite classée sans suite par la justice.
- Métier(s) : Journaliste, animateur de télévision, éditorialiste politique.
- Résidence principale : France.
- Relations : Parents Isaac Haziza et Huguette Lancner ; fils David-Isaac Haziza.
- Enfants : David-Isaac Haziza.
- Distinctions : Rôle reconnu de « tuyauteur historique » au sein du journal Le Canard enchaîné.