Résumé biographique
Humoriste, scénariste et réalisateur français issu de la satire télévisée, Benoît Delépine a imposé une veine sociale et absurde entre Canal+ et le cinéma. Cofondateur de l’univers de Groland, il prolonge cette signature dans des films souvent coréalisés avec Gustave Kervern.
Parcours
Né le 30 août 1958 à Saint-Quentin (Aisne), Benoît Delépine suit une prépa HEC puis tente l’aventure de la presse en fondant en 1980 le journal Fac Off, qui fait faillite. Il s’oriente alors vers l’écriture et l’interprétation satiriques à la télévision, notamment pour Les Guignols de l’info, puis au sein de l’univers de Groland sur Canal+. Il y popularise le personnage de Michael Kael, journaliste gaffeur et peu scrupuleux, et y croise Gustave Kervern, futur complice de cinéma. Il écrit et joue Michael Kael contre la World News Company (1997), avant de passer derrière la caméra avec Kervern pour Aaltra (2004), puis Avida (2006), présenté hors compétition au Festival de Cannes. En 2005, il fonde la société No Money Productions, qui accompagne une partie de ses projets; Aaltra se fait remarquer par son économie de moyens et son succès critique.
À partir de Louise-Michel (2008), Delépine et Kervern installent un cinéma de fable sociale, porté par des acteurs populaires et une écriture de dialogues tranchante. Ils enchaînent Mammuth (2010), seul film français sélectionné à la Berlinale cette année-là, et Delépine reçoit le prix Henri-Jeanson de la SACD. Puis vient Le Grand Soir (2012), récompensé à Cannes dans la section Un Certain Regard. Le duo poursuit avec Near Death Experience (2014), Saint Amour (2016) et I Feel Good (2018), multipliant les détours par le road-movie et la satire de la consommation. En 2020, Effacer l’historique obtient un Ours d’argent spécial à Berlin, et le scénario est nommé aux César 2021. Après En même temps (2022), il signe Animal Totem (2025), tournant plus frontalement vers l’écologie.
Repères chronologiques
1958 : naissance à Saint-Quentin (Aisne, France)
1980 : fonde le journal Fac Off
1997 : écrit et interprète Michael Kael contre la World News Company
2004 : coréalise Aaltra avec Gustave Kervern
2005 : fonde la société de production No Money Productions
2006 : coréalise Avida, présenté hors compétition au Festival de Cannes
2008 : coréalise Louise-Michel
2010 : coréalise Mammuth et reçoit le prix Henri-Jeanson (SACD)
2012 : Le Grand Soir reçoit le Prix spécial du jury (Un Certain Regard, Cannes)
2014 : coréalise Near Death Experience
2020 : Effacer l’historique reçoit un Ours d’argent spécial au Festival de Berlin
2022 : coréalise En même temps
2025 : réalise Animal Totem
Vie personnelle et engagements
Sur le plan personnel, Benoît Delépine conserve une grande discrétion : sa vie familiale n’est pas au cœur de sa communication publique. Ses prises de parole et ses choix artistiques mettent surtout en avant une sensibilité sociale héritée de la satire, et un intérêt pour les marges et les rapports de domination. Il a écrit régulièrement dans l’hebdomadaire satirique Siné Hebdo. Il est aussi engagé au sein d’ATTAC, association altermondialiste, une implication cohérente avec les thèmes de précarité, de travail et de critique du consumérisme présents dans une partie de son œuvre.
À partir des années 2020, il met de plus en plus en avant des préoccupations environnementales. Dans des entretiens autour de Animal Totem, il explique s’être inspiré d’un combat écologique victorieux contre une usine chimique en Picardie, région liée à son enfance. Sans transformer sa filmographie en manifeste, il relie régulièrement satire et responsabilité collective, en ciblant la pollution, l’inaction politique et les effets sociaux des choix économiques. Cette continuité entre engagement public et création nourrit une image d’auteur populaire, revendiquant un regard critique plutôt qu’un positionnement partisan.
Lieux de référence
Né à Saint-Quentin (Aisne), Benoît Delépine reste associé au nord de la France et aux décors des Hauts-de-France souvent choisis par le duo Delépine-Kervern. On le croise surtout lors d’événements publics liés au cinéma : projections-débats, avant-premières et festivals, notamment à Cannes lors de sélections officielles, ou à Angoulême lors de présentations autour de ses films récents, ainsi que lors de rencontres professionnelles à Paris.
Anecdotes
1 - Avant de devenir une figure de la satire télévisée, il tente une expérience d’éditeur : en 1980, il fonde le journal Fac Off. L’aventure tourne court avec une faillite, épisode qu’il évoque comme un point de bascule vers l’écriture.
2 - À l’écran, il se fait connaître sous le masque de Michael Kael dans Groland, journaliste volontairement incompétent. Le personnage devient si central qu’il sert de base au film Michael Kael contre la World News Company (1997).
3 - En 2005, il crée la société de production No Money Productions, outil récurrent de ses projets. Cette structure lui permet de coproduire une partie des films qu’il coréalise, en gardant une marge d’indépendance artistique.
4 - Côté plume, il écrit régulièrement pour Siné Hebdo et revendique un engagement au sein d’ATTAC. Ces activités parallèles éclairent la cohérence de son humour, souvent tourné vers la critique sociale et économique.
Points clés
- Métier(s) : humoriste, réalisateur, scénariste, acteur, journaliste
- Distinctions : prix Henri-Jeanson (SACD, 2010) ; Prix spécial du jury (Un Certain Regard, Cannes, 2012) ; Ours d’argent spécial (Festival de Berlin, 2020)






