Claude (Tiberius Claudius Drusus à sa naissance) est un empereur romain né à Lugdunum, l'actuelle Lyon, le 1er août 10 av. J.-C. Quatrième empereur de Rome de 41 à 54, premier né hors d'Italie, il meurt à Rome le 13 octobre 54.
Claude naît à Lugdunum, où son père Drusus l'Ancien, général et frère de l'empereur Tibère, s'arrête lors des opérations militaires en Germanie. Sa mère, Antonia la Jeune, est la fille de Marc Antoine. Drusus meurt en 9 av. J.-C., et Claude grandit à Rome, dans l'ombre de son frère aîné Germanicus. Boiteux et bègue selon Suétone, il est tenu à l'écart du cursus honorum sous Auguste puis sous Tibère, et se consacre à l'étude de l'histoire. En 37, son neveu Caligula le nomme consul. Le 24 janvier 41, après l'assassinat de Caligula, la garde prétorienne le trouve caché derrière une tenture et le proclame empereur à 50 ans. Le Sénat valide ce choix, et Claude verse aux prétoriens un donativum, gratification qui installe une dépendance durable envers la garde. Son fils Britannicus, issu de son mariage avec Messaline, naît la même année.
Une fois au pouvoir, Claude s'appuie sur ses affranchis Narcisse, Pallas, Calliste et Polybe pour structurer l'administration impériale. Il lance la conquête de la Bretagne en 43, confiée au général Aulus Plautius, puis célèbre un triomphe à Rome. La Lycie et la Thrace sont également intégrées à l'Empire. En 46, il fait prolonger la Via Claudia Augusta par le col du Reschen, et en 47 il fait aménager le chemin du Grand-Saint-Bernard. Censeur en 47 et 48, il prononce en 48 devant le Sénat un discours qui ouvre aux notables de la Gaule chevelue l'accès aux magistratures romaines, discours conservé sur une table de bronze au musée gallo-romain de Lyon. Après l'exécution de Messaline en 48, il épouse sa nièce Agrippine la Jeune en 49, qui lui fait adopter son fils Néron en 50. Il meurt en 54, et Néron lui succède.
Les historiens antiques Tacite, Suétone et Cassius Dion décrivent Claude comme un empereur influençable, dominé par ses affranchis et ses épouses. Les travaux récents, présentés notamment lors de l'exposition du musée des Beaux-Arts de Lyon de décembre 2018 à mars 2019, nuancent ce jugement et soulignent la portée administrative de son règne. En 48, Messaline, qui a épousé Caius Silius pendant l'absence de Claude de Rome, est mise à mort après l'intervention de l'affranchi Narcisse, et Silius est exécuté. En 49, selon Suétone, Claude chasse les Juifs de Rome en raison de troubles liés à un certain Chrestus. L'attribution de sa mort à Agrippine la Jeune, rapportée par les auteurs antiques, n'a jamais été prouvée.
10 av. J.-C. : naissance à Lugdunum (Lyon), le 1er août
9 av. J.-C. : mort de son père Drusus l'Ancien en Germanie
14 : mort d'Auguste, Tibère devient empereur
19 : mort de son frère Germanicus
37 : consul avec son neveu Caligula, devenu empereur
41 : proclamé empereur par les prétoriens le 24 janvier, après l'assassinat de Caligula
41 : naissance de son fils Britannicus
43 : début de la conquête de la Bretagne
44 : triomphe à Rome
46 : prolongement de la Via Claudia Augusta par le col du Reschen
47 : censure, aménagement du chemin du Grand-Saint-Bernard
48 : discours au Sénat sur l'accès des notables gaulois, exécution de Messaline
49 : mariage avec sa nièce Agrippine la Jeune
50 : adoption de Néron
54 : mort le 13 octobre à Rome, Néron lui succède
Claude est le fils de Drusus l'Ancien, général, et d'Antonia la Jeune, et le frère de Germanicus et de Livilla. Sa mère, qui ne se remarie jamais, l'élève à Rome. Dès l'adolescence, il se tourne vers l'histoire avec l'encouragement de l'historien Tite-Live, selon Suétone. Il se marie quatre fois : avec Plautia Urgulanilla, puis Aelia Paetina, puis Messaline vers 38, enfin Agrippine la Jeune en 49. Il a pour enfants Drusus, fils de Plautia Urgulanilla mort avant l'âge adulte, Claudia Antonia, fille d'Aelia Paetina, ainsi qu'Octavie et Britannicus, nés de Messaline. Octavie épouse ensuite Néron, fils d'Agrippine.
À la cour, Claude s'entoure d'affranchis influents, parmi lesquels Narcisse, Pallas, Calliste et Polybe. Le roi Agrippa Ier contribue à lui faire accepter l'empire en 41. Resté attaché à Lyon, sa ville natale, Claude accorde aux notables gaulois l'accès au Sénat. Il écrit des ouvrages historiques, dont une autobiographie en huit livres selon Suétone, ainsi que plusieurs livres sur les Étrusques et les Carthaginois. En 49, Agrippine obtient le rappel d'exil du philosophe Sénèque, chargé d'éduquer Néron. Claude regrette ensuite, selon Suétone, d'avoir épousé Agrippine et adopté Néron, et envisage de favoriser Britannicus pour sa succession.
Claude meurt à Rome le 13 octobre 54, après un banquet. Selon Tacite, Suétone et Cassius Dion, il est empoisonné à l'instigation d'Agrippine la Jeune, soucieuse d'assurer la succession de son fils Néron au détriment de Britannicus. Les récits antiques citent l'empoisonneuse Locuste, le goûteur Halotus, qui aurait versé le poison dans un plat de champignons, et le médecin Xénophon, mais divergent sur le déroulement exact. Cette thèse n'a jamais pu être prouvée. Les obsèques de Claude, publiques, suivent le même cérémonial que celles d'Auguste, selon Suétone. Néron prononce l'éloge funèbre, et le Sénat divinise l'empereur défunt.
Sa sépulture se trouve au mausolée d'Auguste à Rome. Le temple du Divin Claude, consacré après sa divinisation par le Sénat, s'élève sur le mont Caelius. À Lyon, sa ville natale, le musée gallo-romain de Fourvière conserve la table claudienne, et le musée des Beaux-Arts lui a consacré une exposition de décembre 2018 à mars 2019.
1 - Selon Suétone, Claude naît à Lyon le 1er août 10 av. J.-C., le jour même où l'on y dédie l'autel de Rome et d'Auguste, sous le consulat d'Iullus Antonius et d'Africanus Fabius Maximus.
2 - Une lettre de Claude aux habitants d'Alexandrie, rédigée en 41 après des troubles entre Grecs et Juifs, nous est parvenue sur papyrus, et l'empereur y indique avoir écouté les deux parties.
3 - À chaque anniversaire de son accession, Claude donne vingt-cinq drachmes aux soldats prétoriens, habitude prise dès la première année, où il ne fait rien d'autre d'extraordinaire, rapporte l'historien Cassius Dion.
4 - Censeur, Claude fait ajouter trois lettres à l'alphabet latin pour noter des sons issus du grec, d'après Suétone et Tacite, mais leur usage ne survit pas à la fin de son règne.
5 - La table de bronze portant son discours de 48 sur l'entrée des notables gaulois au Sénat est découverte en 1528 dans une vigne du quartier lyonnais de la Croix-Rousse, puis suit les déplacements de la municipalité jusqu'en 1974, avant d'entrer au musée gallo-romain de Fourvière.
- Métier(s) : empereur romain (41-54), censeur (47-48), auteur d'ouvrages historiques
- Résidence principale : Rome
- Relations de couple : Plautia Urgulanilla, Aelia Paetina, Messaline (vers 38 à 48), Agrippine la Jeune (49 à 54)
- Enfants : Drusus, Claudia Antonia, Octavie, Britannicus, fils adoptif Néron (adopté en 50)
- Distinctions : consulat (37), triomphe à Rome (44), divinisation par le Sénat (54)
« Pères conscrits, les plus anciennes institutions furent nouvelles autrefois. »
— Discours au Sénat, 48, réécriture de Tacite, Annales, XI, 24 (traduit du latin)
« Notre décret vieillira comme le reste, et ce que nous justifions aujourd'hui par des exemples servira d'exemple à son tour. »
— Discours au Sénat, 48, réécriture de Tacite, Annales, XI, 24 (traduit du latin)
« Nous avons été pris par les Gaulois. Mais nous avons donné des otages aux Étrusques, et nous avons passé sous le joug des Samnites. »
— Discours au Sénat, 48, réécriture de Tacite, Annales, XI, 24 (traduit du latin)
« si vous ne renoncez pas à cette haine mutuelle, si funeste et si frivole, je serai obligé de vous montrer, ce que c'est de provoquer la juste indignation d'un prince d'ailleurs humain. »
— Lettre aux Alexandrins, 41, traduction de Thaddée Zielinski, 1927 (traduit du grec)
« Que désirez-vous de plus, sinon que je vous montre du doigt que déjà le sol même situé au-delà de la Narbonnaise vous envoie des sénateurs, puisque nous n'avons pas à regretter d'avoir des hommes de Lyon parmi les gens de notre ordre. »
— Discours au Sénat, 48, texte de la table claudienne (traduit du latin)
Les hommes sont si bêtes qu'une violence répétée finit par leur paraître un droit.
On sait toujours ce que les autres sont pour nous, mais on ne sait jamais ce que nous sommes pour les autres.