Charles Francis Richter, sismologue et physicien américain né le 26 avril 1900 à Overpeck (Ohio) et mort le 30 septembre 1985 à Pasadena (Californie), est le co-créateur de l'échelle de magnitude des séismes qui porte son nom, devenue la référence mondiale pour mesurer l'intensité des tremblements de terre.
Charles Francis Richter naît dans une ferme d'Overpeck, dans le comté de Butler (Ohio), d'un père Frederick William Kinsinger, agriculteur, et d'une mère Lillian Anna Richter, institutrice. Ses parents divorcent alors qu'il est encore très jeune ; sa mère reprend son nom de jeune fille, Richter, qu'elle transmet à son fils. En 1909, la famille s'installe à Los Angeles, où Richter grandit dans le quartier de Wilshire sous la tutelle de son grand-père maternel. Après l'école élémentaire Hobart Boulevard, il intègre une école préparatoire rattachée à l'Université de Californie du Sud à l'âge de treize ans. Il entame ses études supérieures à cette même université à seize ans, avant de se transférer à l'université de Stanford, où il obtient un diplôme de licence en physique en 1920. Il s'inscrit ensuite au California Institute of Technology (Caltech) pour y préparer un doctorat en physique théorique, en particulier dans le domaine de la mécanique quantique, sous l'influence de Robert Andrews Millikan, alors directeur de l'établissement. C'est Millikan qui, en 1927, recommande Richter au sismologue Harry O. Wood, alors directeur du tout nouveau Laboratoire sismologique de Pasadena, créé par la Fondation Carnegie. Richter intègre ce laboratoire comme assistant de recherche, sans avoir encore étudié la sismologie, et décrit lui-même cette orientation vers les séismes comme "un heureux hasard".
Au Laboratoire sismologique, Richter commence une collaboration décisive avec Beno Gutenberg, sismologue allemand émigré aux États-Unis, sous la direction de qui il se forme à la mesure des séismogrammes. Le laboratoire a besoin d'un système objectif pour classer les séismes dans ses bulletins réguliers sur la Californie du Sud. Inspiré par les travaux du Japonais Kiyoo Wadati sur les séismes de 1928, et sur suggestion de Gutenberg d'utiliser une représentation logarithmique, Richter met au point en 1935 une échelle de magnitude instrumentale publiée dans le Bulletin of the Seismological Society of America. L'échelle, fondée sur la mesure du déplacement du sol par les ondes sismiques, remplace la subjectivité de l'échelle de Mercalli, mise au point par le géologue et prêtre italien Giuseppe Mercalli en 1902, qui dépendait de la réaction des bâtiments et des populations. Richter choisit le terme "magnitude" par analogie avec la magnitude stellaire utilisée en astronomie, passion de sa jeunesse. Gutenberg propose lui la structure logarithmique : un séisme de magnitude 7 libère dix fois plus d'énergie qu'un séisme de magnitude 6. L'échelle est immédiatement adoptée par la communauté scientifique. Richter obtient finalement son doctorat en physique théorique de Caltech en 1928. Il reste rattaché à la Carnegie Institution jusqu'en 1936, puis rejoint définitivement Caltech, où il est nommé professeur de sismologie en 1952. Il publie en 1941, avec Gutenberg, Seismicity of the Earth, dont la version révisée de 1954 devient une référence du domaine. En 1958, il fait paraître Elementary Seismology, manuel fondé sur ses notes de cours, considéré comme sa contribution la plus importante à la discipline. De 1959 à 1960, il séjourne au Japon en qualité de boursier Fulbright. Il prend sa retraite de Caltech en 1970 et rejoint alors le cabinet de conseil Lindvall, Richter and Associates.
1900 : naissance le 26 avril à Overpeck, Ohio
1909 : déménagement à Los Angeles avec sa mère et son grand-père maternel
1913 : admission dans une école préparatoire rattachée à l'Université de Californie du Sud
1920 : obtention de la licence en physique à l'université de Stanford
1927 : recrutement comme assistant de recherche au Laboratoire sismologique de Caltech, sur recommandation de Robert Andrews Millikan
1928 : doctorat en physique théorique au California Institute of Technology ; mariage avec Lillian Brand
1935 : publication de l'échelle de magnitude instrumentale des séismes, co-développée avec Beno Gutenberg, dans le Bulletin of the Seismological Society of America
1941 : publication de Seismicity of the Earth avec Gutenberg (édition révisée en 1954)
1952 : nomination au poste de professeur de sismologie au California Institute of Technology
1958 : publication d'Elementary Seismology
1959-1960 : séjour au Japon en qualité de boursier Fulbright
1970 : départ à la retraite de Caltech ; engagement dans le cabinet de conseil Lindvall, Richter and Associates
1972 : décès de son épouse Lillian
1977 : remise de la médaille de la Seismological Society of America, dont il fut président de 1959 à 1960 (deuxième récipiendaire de la distinction)
1985 : décès le 30 septembre à Pasadena, Californie, des suites d'une insuffisance cardiaque congestive
Charles Richter est le fils de Frederick William Kinsinger, agriculteur, et de Lillian Anna Richter, institutrice, dont il porte le nom maternel après leur divorce. Ayant grandi en partie sous la tutelle de son grand-père maternel à Los Angeles, il fréquente l'école élémentaire Hobart Boulevard puis l'école préparatoire de l'Université de Californie du Sud. En 1927, alors qu'il prépare son doctorat à Caltech, il rencontre Lillian Brand, divorcée et mère d'un jeune enfant, enseignante en écriture créative. Ils se marient le 19 juillet 1928. Le couple n'a pas d'enfants. La santé de Richter se dégrade après le décès de Lillian en 1972. Par ailleurs, les archives conservées au California Institute of Technology font état de difficultés personnelles documentées : distractions chroniques, problèmes relationnels et état psychologique fragile. Sa psychiatre lui conseille d'écrire comme exutoire, donnant naissance à une pratique poétique qui dure toute sa vie.
Richter est un adepte convaincu du naturisme : lui et son épouse Lillian fréquentent régulièrement des camps nudistes dans la région de Los Angeles depuis les années 1930, époque à laquelle ce mouvement est encore naissant aux États-Unis. Sa biographe Susan Elizabeth Hough, elle-même sismologue au United States Geological Survey (USGS), s'appuie dans son ouvrage Richter's Scale: Measure of an Earthquake, Measure of a Man (Princeton University Press, 2007) sur les journaux personnels et les archives de Caltech pour dresser un portrait complexe du savant, suggérant notamment un possible syndrome d'Asperger, ce qui expliquerait ses difficultés relationnelles avec collègues et étudiants. Richter entretient également une passion discrète pour la science-fiction, dont il constitue une collection personnelle aujourd'hui conservée dans ses archives à Caltech.
Charles Richter décède le 30 septembre 1985 à Pasadena, en Californie, des suites d'une insuffisance cardiaque congestive. Il est alors âgé de 85 ans. Son état de santé s'était progressivement dégradé depuis le décès de son épouse Lillian, en 1972. La Seismological Society of America salue la disparition d'un "collègue renommé", selon les termes du sismologue Clarence R. Allen, qui lui rend hommage dans un article publié en 1987 dans le bulletin Earthquakes and Volcanoes du USGS. Le California Institute of Technology, institution à laquelle Richter a consacré l'essentiel de sa carrière, annonce son décès dans sa lettre d'information interne. Le New York Times publie une nécrologie le 1er octobre 1985 sous la signature du journaliste John Noble Wilford.
Charles Francis Richter est inhumé au Mountain View Cemetery and Mausoleum d'Altadena, en Californie. La Seismological Society of America a créé en 2005 le Charles F. Richter Early Career Award, récompense annuelle décernée à un chercheur en début de carrière pour ses contributions remarquables à la sismologie.
1 - Richter installe un sismographe dans son salon et y déroule des bandes de papier recouvertes de tracés sismiques sur le dossier des fauteuils. Son épouse Lillian, loin de s'en plaindre, considère l'appareil comme une attraction de salon, selon ses propres déclarations.
2 - Lorsque le séisme de San Fernando secoue la région en 1971, Richter, pourtant à la retraite depuis un an, "bondit en hurlant et fit peur au chat", selon le témoignage de son épouse rapporté dans les sources de l'époque.
3 - Interpellé à chaque soirée mondaine pour prédire le prochain tremblement de terre, Richter répondait invariablement "demain matin à cinq heures", soulignant par l'absurde son scepticisme profond envers la prédiction sismique.
4 - Richter n'a jamais employé l'expression "échelle de Richter" pour désigner son propre outil. Il insistait pour l'appeler "l'échelle de magnitude" ou simplement "l'échelle", estimant que le nom de Beno Gutenberg aurait dû figurer aux côtés du sien. Il commence à revendiquer publiquement ce co-paternité après la mort de Gutenberg en 1960, son collègue ayant de son vivant délibérément évité toute exposition médiatique.
5 - Son nom de naissance n'était pas Richter mais Kinsinger : ses parents, Frederick William Kinsinger et Lillian Anna Richter, divorcent avant ses premières années, et sa mère reprend son nom de jeune fille, que Charles adopte définitivement.
6 - Richter rédige en mai 1970 un projet de discours de retraite comportant cette formule : "Avec le temps, j'ai développé un angle mort dans mon sens de l'humour : je ne peux plus rire de l'ignorance ni de la stupidité. Ce sont nos principaux ennemis, et il est dangereux d'en faire des sujets de plaisanterie."
- Métier(s) : sismologue, physicien, professeur universitaire
- Résidence principale : Pasadena, Californie
- Relations de couple : Lillian Brand (épouse de 1928 à son décès en 1972)
- Enfants : aucun
- Distinctions : médaille de la Seismological Society of America (1977, deuxième récipiendaire) ; présidence de la Seismological Society of America (1959-1960) ; bourse Fulbright au Japon (1959-1960)
« Il est bon de s'être mesuré, de reconnaître ses limites. »
— Journal personnel, 20 juin 1926, cité en épigraphe dans Susan Elizabeth Hough, Richter's Scale: Measure of an Earthquake, Measure of a Man, Princeton University Press, 2007, p. 1 (traduit de l'anglais)
« Je marcherais - sans courir - vers le sismographe le plus proche. »
— Interview, Earthquake Information Bulletin (USGS), juillet-août 1971, vol. 3, n° 4, en réponse à la question de savoir ce qu'il ferait si le bâtiment où il se trouvait commençait à trembler (traduit de l'anglais)
« Rien n'est moins prévisible que le développement d'un domaine scientifique actif. »
— Interview avec Henry Spall, Earthquake Information Bulletin (USGS), janvier-février 1980, vol. 12, n° 1 (traduit de l'anglais)
« La désignation habituelle de l'échelle de magnitude à mon seul nom ne rend pas suffisamment justice au rôle considérable que le Dr Gutenberg a joué en l'étendant à tous les séismes du monde. »
— Interview avec Henry Spall, Earthquake Information Bulletin (USGS), janvier-février 1980, vol. 12, n° 1 (traduit de l'anglais)
« J'ai un sens de l'humour ; mais au fil des années, ce sens a développé un angle mort. Je ne peux plus rire de l'ignorance ni de la stupidité. Ce sont nos principaux ennemis, et il est dangereux d'en faire des sujets de plaisanterie. »
— Projet de discours de retraite, 22 mai 1970, cité dans Susan Elizabeth Hough, Richter's Scale: Measure of an Earthquake, Measure of a Man, Princeton University Press, 2007, p. 309 (traduit de l'anglais)