Sophia Aram, humoriste, comédienne et chroniqueuse française née le 29 juin 1973 à Ris-Orangis, est connue pour ses billets satiriques hebdomadaires sur France Inter depuis 2008 et pour avoir reçu le Molière de l'humour 2024 avec son cinquième spectacle Le Monde d'après.
Née dans une famille d'origine marocaine établie à Trappes dans les Yvelines, Sophia Aram s'initie très tôt à l'improvisation théâtrale au lycée de la Plaine de Neauphle, puis intègre la compagnie Déclic Théâtre du metteur en scène Alain Degois, où elle côtoie notamment Jamel Debbouze. Elle participe à la Coupe du monde d'improvisation organisée au Québec et débute au théâtre avec la compagnie du Théâtre du Sable. Parallèlement, après avoir envisagé une carrière dans l'éducation ou la diplomatie, elle étudie à l'Institut national des langues et civilisations orientales, dit Langues O', où elle obtient une maîtrise d'arabe puis une maîtrise d'anthropologie. C'est Jamel Debbouze qui l'oriente vers la télévision en lui transmettant le contact de l'animateur Nagui. Elle participe ensuite à l'écriture de programmes pour le groupe Endemol, collabore à des émissions dont CIA et Les Enfants de la Télé présentées par Arthur, et intervient sur les antennes de NRJ et d'Europe 2.
En 2007, Sophia Aram monte son premier spectacle seule en scène, Du plomb dans la tête, consacré à l'éducation nationale, joué plus de quatre cents fois et édité en DVD par Studio Canal. En 2008, Stéphane Bern la recrute pour une chronique hebdomadaire dans Le Fou du Roi sur France Inter. La matinale de la station lui confie ensuite un billet hebdomadaire à partir de septembre 2010. Elle enchaîne les spectacles : Crise de foi en 2011, Le fond de l'air effraie en 2015, A nos amours en 2018, puis Le Monde d'après en 2023, coécrit avec son compagnon Benoît Cambillard. En 2013, elle présente sur France 2 le talk-show Jusqu'ici tout va bien, rapidement déprogrammé en raison de faibles audiences. En 2021, elle publie La question qui tue, un essai sur le racisme ordinaire. A partir de 2023, elle signe une chronique dans Le Parisien, puis rejoint Le Point en septembre 2025. Elle apparaît au cinéma dans Neuilly sa mère, sa mère de Gabriel Julien-Laferrière en 2018.
En mars 2011, une chronique sur France Inter dans laquelle Sophia Aram comparait les électeurs du Front national à des « gros cons » vaut à la station un rappel à l'ordre du Conseil supérieur de l'audiovisuel, et à elle-même des menaces suffisamment graves pour que la préfecture de police lui accorde une protection policière, documentée par Le Point en décembre 2011. En juin 2025, sa chronique dans Le Parisien se moquant de la Flottille de la liberté pour Gaza est critiquée par la Société des journalistes du quotidien, qui lui reproche une légèreté sur la situation humanitaire à Gaza et des formulations jugées racistes à l'égard des participants. Sophia Aram répond publiquement en ironisant sur une reprise de son texte par des figures de La France insoumise. Le même mois, elle adresse une lettre ouverte à l'animateur Nagui après qu'une chronique de l'humoriste Julie Conti, diffusée dans son émission sur France Inter, l'a qualifiée d'islamophobe, accusation qu'elle conteste publiquement dans Le Point.
1973 : naissance le 29 juin à Ris-Orangis (Essonne), dans une famille d'origine marocaine domiciliée à Trappes
1991 : intègre la compagnie Déclic Théâtre d'Alain Degois à Trappes, où elle côtoie Jamel Debbouze
1992 : participe à la Coupe du monde d'improvisation au Québec
1998 : naissance de son fils Chaïm avec son compagnon Benoît Cambillard
2007 : création de Du plomb dans la tête, premier spectacle seule en scène, joué plus de quatre cents fois
2008 : débuts à France Inter avec une chronique hebdomadaire dans Le Fou du Roi de Stéphane Bern
2011 : création de Crise de foi ; rappel à l'ordre du CSA après une chronique sur le Front national
2013 : présente Jusqu'ici tout va bien sur France 2, rapidement déprogrammé
2015 : création de Le fond de l'air effraie, critique de l'extrême droite et de l'islam radical
2018 : création de A nos amours ; apparition dans Neuilly sa mère, sa mère de Gabriel Julien-Laferrière
2021 : publication de l'essai La question qui tue sur le racisme ordinaire
2023 : création de Le Monde d'après, cinquième spectacle
2024 : Molière de l'humour pour Le Monde d'après ; discours remarqué lors de la cérémonie sur le silence du monde culturel après le 7 octobre 2023
2025 : nommée chevalière de la Légion d'honneur (décret du 14 juillet 2025) ; prix Per Ahlmark d'UN Watch (juin 2025) ; rejoint Le Point comme chroniqueuse en septembre
Issue d'une fratrie de quatre filles et deux garçons, Sophia Aram est la fille d'un père cuisinier à Radio France et de Khadija Aram, née en 1949 à Casablanca, qui a exercé comme adjointe au maire de Trappes Guy Malandain dans les années 2000. Après le lycée de la Plaine de Neauphle, elle fréquente l'Institut national des langues et civilisations orientales à Paris. Elle partage sa vie avec Benoît Cambillard, rencontré au lycée, coauteur et producteur de tous ses spectacles. Ensemble, ils ont un fils prénommé Chaïm, né en 1998, prénom hébreu signifiant « la vie » qu'ils ont choisi comme refus des déterminismes identitaires.
Sophia Aram se définit comme athée, laïque et sociale-démocrate. Elle a accueilli des réfugiés syriens dans un studio en région parisienne et milite pour le rapatriement des enfants de djihadistes français partis en Syrie, cause pour laquelle elle a été reçue par Emmanuel Macron à l'Elysée en 2017 et 2022. Elle entretient des liens avec l'islamologue Rachid Benzine et l'avocate Marie Dosé. Signataire en février 2025 d'un appel du magazine Le Point contre les campagnes de désinformation sur Wikipédia, elle reçoit également début 2025 le prix Jean-Pierre-Bloch de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme.
1 - Pour financer ses études à l'Institut national des langues et civilisations orientales, Sophia Aram a exercé comme pionne dans un collège de la banlieue parisienne et dispensait des cours de théâtre à des élèves, avant que Jamel Debbouze ne lui transmette le contact de l'animateur Nagui.
2 - Sophia Aram et Benoît Cambillard ont choisi pour leur fils le prénom hébreu Chaïm, signifiant « la vie », alors qu'elle est issue d'une famille musulmane et lui d'une famille protestante, décrivant ce choix comme un « geste militant » contre les déterminismes identitaires.
3 - A la cérémonie des Molières du 6 mai 2024, Sophia Aram était en train de discuter avec son compagnon lorsque son nom a été prononcé pour le Molière de l'humour ; c'est un ami présent à ses côtés qui lui a annoncé qu'elle était récompensée.
4 - Son premier spectacle Du plomb dans la tête, centré sur le suicide fictif d'une enseignante de maternelle, a été joué exactement quatre cents fois avant d'être édité en DVD par Studio Canal, une longévité peu commune pour un premier seule en scène.
5 - Pendant plusieurs mois, Sophia Aram a hébergé des réfugiés syriens dans un studio qu'elle possède avec Benoît Cambillard en région parisienne, une démarche humanitaire discrète révélée par Le Monde fin 2024.
6 - Membre de la compagnie Déclic Théâtre dès 1991, Sophia Aram a participé à la Coupe du monde d'improvisation organisée au Québec, une expérience internationale qui précède de seize ans son passage à la scène professionnelle avec Du plomb dans la tête.
- Métier(s) : humoriste, comédienne, chroniqueuse radio, autrice
- Résidence principale : région parisienne
- Relations de couple : Benoît Cambillard (compagnon, depuis le lycée)
- Enfants : un fils, Chaïm (né en 1998)
- Distinctions : Molière de l'humour 2024 pour Le Monde d'après ; chevalière de la Légion d'honneur (juillet 2025) ; prix Jean-Pierre-Bloch de la LICRA (2025) ; prix Per Ahlmark d'UN Watch (juin 2025)
« Contrairement aux apparences, je ne suis pas une petite chose fragile. »
— Télérama, entretien avec Valérie Lehoux, 5 janvier 2013
« Mon spectacle peut heurter la sensibilité des personnes plaçant leur foi au-dessus de leur sens de l'humour. »
— Promotion de Crise de foi, 2011
« Je suis humoriste, je ne suis pas spécialiste des organisations internationales, ni du conflit israélo-palestinien. »
— Discours de remise du prix Per Ahlmark, UN Watch, Genève, 12 juin 2025
« Dans le brouhaha de nos indignations faciles, le silence, même relatif, après ce 7 octobre, dans lequel 1 200 Israéliens ont été massacrés, est assourdissant. »
— Discours lors de la cérémonie des Molières, Paris, 6 mai 2024