Susumu Tonegawa, biologiste moléculaire japonais né le 5 septembre 1939 à Nagoya, est le seul lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine 1987, décerné pour sa découverte du mécanisme génétique produisant la diversité des anticorps. Il est décédé le 11 juillet 2026 à Cambridge, Massachusetts.
Né à Nagoya dans une famille dont le père, Tsutoma Tonegawa, travaillait comme ingénieur pour une entreprise textile, Susumu Tonegawa passa son enfance à se déplacer entre de petites villes du Japon méridional. Adolescent, il fut envoyé à Tokyo pour fréquenter le lycée Hibiya, où il développa un intérêt pour la chimie. Admis à l'Université de Kyoto en 1959, il y obtint sa licence en 1963 et découvrit, en lisant les travaux de François Jacob et Jacques Monod sur la théorie de l'opéron, la biologie moléculaire naissante. Sur les conseils de son directeur de thèse, le professeur Itaru Watanabe, il quitta le Japon pour intégrer l'Université de Californie à San Diego, où il travailla dans le laboratoire de Masaki Hayashi sur le contrôle transcriptionnel du phage lambda. Il y obtint son doctorat en biologie moléculaire en 1968, puis rejoignit l'Institut Salk en postdoctorat dans le laboratoire de Renato Dulbecco, spécialisé dans les virus tumoraux de petite taille.
En 1970, contraint par l'expiration de son visa américain, Tonegawa accepta un poste à l'Institut d'immunologie de Bâle, en Suisse, sur suggestion de Renato Dulbecco. L'institution, fondée par Hoffmann-La Roche et dirigée par Niels Kaj Jerne, lui permit d'aborder la diversité des anticorps. Avec ses collaborateurs Nobumichi Hozumi et Charles Steinberg, il démontra à partir de 1976 que le matériel génétique se réorganise par recombinaison somatique pour générer des millions d'anticorps distincts : c'est la recombinaison V(D)J. Ces travaux lui valurent en 1987 le prix Nobel seul. En 1981, il rejoignit le MIT sur invitation de Salvador E. Luria et travailla sur les récepteurs des cellules T avant de se tourner vers les neurosciences. Son laboratoire démontra en 2013 qu'il était possible d'implanter de faux souvenirs dans le cerveau de souris par optogénétique, en réactivant un engramme hippocampique lors de la formation d'un nouveau souvenir. Il fut directeur fondateur du Picower Institute for Learning and Memory en 1994 et dirigea l'Institut RIKEN des sciences du cerveau de 2009 à 2017.
1939 : naissance le 5 septembre à Nagoya, Japon, deuxième de trois fils de Tsutoma et Miyoko Tonegawa.
1959 : admission à l'Université de Kyoto, faculté des sciences, département de chimie.
1963 : obtention de la licence à l'Université de Kyoto ; départ pour les États-Unis sur les conseils d'Itaru Watanabe.
1968 : doctorat en biologie moléculaire à l'Université de Californie à San Diego, sous la direction de Masaki Hayashi.
1969 : postdoctorat à l'Institut Salk dans le laboratoire de Renato Dulbecco, San Diego.
1971 : prise de poste à l'Institut d'immunologie de Bâle, Suisse, sous la direction de Niels Kaj Jerne.
1976 : début des expériences clés démontrant la recombinaison somatique des gènes d'anticorps, avec Nobumichi Hozumi et Charles Steinberg.
1981 : nomination au Massachusetts Institute of Technology au Centre de recherche sur le cancer, sur invitation de Salvador E. Luria.
1984 : décoration de l'Ordre de la Culture par l'Empereur du Japon.
1987 : lauréat seul du prix Nobel de physiologie ou médecine et du prix Albert-Lasker pour la recherche médicale fondamentale.
1994 : nomination comme directeur fondateur du Centre pour l'apprentissage et la mémoire du MIT, devenu Picower Institute en 2002.
2004 : doctorat honoris causa de l'Université de Kyoto ; lancer du premier pitch cérémoniel à Fenway Park, Boston.
2009 : prise de direction du RIKEN Brain Science Institute, Japon, poste occupé jusqu'en 2017.
2013 : publication dans Science de la démonstration de l'implantation de faux souvenirs dans le cerveau de souris par optogénétique.
2026 : décès le 11 juillet à Cambridge, Massachusetts, à l'âge de 86 ans.
Susumu Tonegawa fut marié une première fois à Kyoko, qui l'accompagna durant ses années à La Jolla et à Bâle. Il épousa en septembre 1985 Mayumi Yoshinari, ancienne réalisatrice et journaliste pour NHK, puis rédactrice scientifique indépendante, diplômée du MIT en 1992. Le couple eut trois enfants : Hidde Tonegawa, diplômé du MIT en 2009 en sciences cognitives, Hanna Tonegawa, qui se consacra à la musique, et Satto Tonegawa, né en 1992, décédé en 2011 à dix-huit ans. La famille résidait dans la région de Boston depuis l'installation de Tonegawa au MIT.
Tonegawa cite François Jacob et Jacques Monod parmi les chercheurs qui suscitèrent sa vocation scientifique, et reconnaît comme mentors déterminants Itaru Watanabe, Renato Dulbecco, Niels Kaj Jerne et Salvador E. Luria. Fervent supporter des Boston Red Sox depuis la fin des années 1970, il lança le premier pitch cérémoniel à Fenway Park en mai 2004 lors d'une journée d'hommage aux communautés scientifiques et médicales de Boston. Amateur d'art, il collectionnait des peintures impressionnistes. Ses déclarations publiques insistaient sur le rôle de la curiosité plutôt que sur les calculs de carrière dans ses choix scientifiques successifs.
Susumu Tonegawa est décédé le 11 juillet 2026 à Cambridge, Massachusetts, à l'âge de 86 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille ni par le MIT. L'annonce officielle fut faite par le MIT le 15 juillet 2026. Des funérailles privées ont eu lieu ; ses cendres seront inhumées à Kyoto, au Japon. Myriam Heiman, directrice du Picower Institute for Learning and Memory, rendit hommage au scientifique. Li-Huei Tsai, qui lui avait succédé à la tête de cet institut, salua en lui un chercheur dont la passion et l'énergie avaient été contagieuses pour des générations de neuroscientifiques. Le RIKEN, organisme de recherche japonais, publia un communiqué officiel de condoléances le 16 juillet 2026. L'Université de Kyoto exprima ses regrets le même jour au nom de son corps académique.
Ses cendres seront inhumées à Kyoto, au Japon, ville où Tonegawa accomplit ses études universitaires et dont l'Université lui avait décerné un doctorat honoris causa en 2004. Aucun mémorial public permanent n'avait été annoncé à la date du 17 juillet 2026.
1 - Lorsque Tonegawa arriva à l'Institut d'immunologie de Bâle en 1971, il ne connaissait presque rien à l'immunologie. Il reconnut avoir passé sa première année à étudier le domaine de zéro avant d'identifier la question de la diversité des anticorps comme terrain d'investigation.
2 - Son visa américain Fulbright expirant à la fin 1970, Tonegawa ne put légalement rester aux États-Unis. C'est cette contrainte administrative qui le conduisit directement vers le laboratoire bâlois où il effectua ses recherches nobélisées.
3 - En mai 2004, Tonegawa lança le premier pitch cérémoniel lors d'un match des Boston Red Sox à Fenway Park, dans le cadre d'une journée en hommage aux communautés scientifiques et médicales de la région. L'équipe remporta le Championnat du monde cette même saison.
4 - L'autobiographie rédigée par Tonegawa pour la Fondation Nobel en 1987 mentionne qu'il échoua une première fois à l'examen d'entrée de l'Université de Kyoto et ne fut admis qu'à sa deuxième tentative, en 1959.
5 - Son fils Satto, né en 1992 lors des années bâloises de Mayumi au MIT, mourut en 2011 à l'âge de dix-huit ans. Tonegawa ne s'exprima pas publiquement sur ce deuil, et l'information ne fut mentionnée qu'à travers le communiqué du MIT publié après sa propre mort.
6 - En 1995, la Gambie émit un timbre postal à l'effigie de Susumu Tonegawa, fait relevé notamment par la revue Acta Dermato-Venereologica dans un article consacré aux laureats Nobel honorés philatéliquement.
- Métier(s) : biologiste moléculaire, immunologiste, neuroscientifique, professeur des universités
- Résidence principale : Cambridge, Massachusetts (région de Boston)
- Relations de couple : Kyoko (première épouse, divorce) ; Mayumi Yoshinari Tonegawa (mariée en septembre 1985)
- Enfants : Hidde Tonegawa (né vers 1987, diplômé MIT 2009), Hanna Tonegawa, Satto Tonegawa (1992-2011)
- Distinctions : Prix Cloëtta (1978), Prix Louisa-Gross-Horwitz (1982), Prix Gairdner (1983), Ordre de la Culture du Japon (1984), Prix Robert-Koch (1986), Prix Albert-Lasker (1987), Prix Nobel de physiologie ou médecine (1987), Prix David M. Bonner UCSD (2010)
Le cerveau est probablement le sujet le plus mystérieux qui soit.
— Déclaration publique citée dans plusieurs médias spécialisés (traduit de l'anglais)
Ma carrière scientifique s'est développée sur trois continents : l'Asie, l'Europe et l'Amérique du Nord.
— Discours au banquet Nobel, Stockholm, 10 décembre 1987 (traduit de l'anglais)
Je suis profondément reconnaissant à mes parents, qui croyaient fermement que l'éducation est le meilleur bien qu'ils puissent donner à leurs enfants.
— Autobiographie pour la Fondation Nobel, 1987 (traduit de l'anglais)
Je n'ai jamais pensé à des choses comme : est-ce trop risqué ? Puis-je vraiment développer ma carrière en m'aventurant dans un domaine qui m'est peu familier ? Cela ne m'est jamais venu à l'esprit. J'ai simplement suivi ma curiosité et mon instinct.
— Lettre d'information du Picower Institute, été 2022 (traduit de l'anglais)
Le cerveau est probablement le sujet le plus mystérieux qui soit.
— Déclaration publique citée dans plusieurs médias spécialisés (traduit de l'anglais)
Ma carrière scientifique s'est développée sur trois continents : l'Asie, l'Europe et l'Amérique du Nord.
— Discours au banquet Nobel, Stockholm, 10 décembre 1987 (traduit de l'anglais)
Je suis profondément reconnaissant à mes parents, qui croyaient fermement que l'éducation est le meilleur bien qu'ils puissent donner à leurs enfants.
— Autobiographie pour la Fondation Nobel, 1987 (traduit de l'anglais)
Je n'ai jamais pensé à des choses comme : est-ce trop risqué ? Puis-je vraiment développer ma carrière en m'aventurant dans un domaine qui m'est peu familier ? Cela ne m'est jamais venu à l'esprit. J'ai simplement suivi ma curiosité et mon instinct.
— Lettre d'information du Picower Institute, été 2022 (traduit de l'anglais)