Élie Kakou, de son vrai nom Alain Kakou, est un humoriste et acteur franco-tunisien né le 12 janvier 1960 à Nabeul et mort le 10 juin 1999 à Paris. Il doit sa notoriété à ses personnages de scène, dont Madame Sarfati.
Élevé à Marseille où sa famille s'installe en 1961, Élie Kakou suit des études de prothésiste dentaire et obtient son diplôme avant de se tourner vers la scène. Il fait ses premiers pas comme animateur au Club Med, puis se produit au cabaret marseillais La Payotte. Le public national le découvre en 1991 dans l'émission La Classe, diffusée sur FR3 et produite par Guy Lux sous la houlette de Fabrice. En 1992, il rejoint le théâtre parisien du Point-Virgule, où il avait été repéré deux ans plus tôt par sa directrice Marie-Caroline Burnat. Il y construit une galerie de personnages qui deviennent sa signature : Madame Sarfati, caricature d'une mère juive tunisienne, l'attachée de presse, le professeur de sport ou encore Mongola. Sa participation aux soirées des Enfoirés, en 1993 et 1995, élargit son audience.
Sur scène, Élie Kakou enchaîne les salles parisiennes : l'Olympia en 1994, le Zénith en 1995, où il figure parmi les premiers humoristes à s'y produire, puis le Cirque d'Hiver en 1997, son dernier spectacle. En février 1995, il est nommé aux Victoires de la musique dans la catégorie meilleur humoriste. Ses spectacles, dont les chorégraphies sont signées Kamel Ouali, sont édités en vidéo et se vendent à plus de 230 000 exemplaires. En parallèle, il aborde le cinéma : en 1997, il interprète Rafi Styl'mode dans La Vérité si je mens ! de Thomas Gilou, son premier rôle au cinéma, qui rencontre un large succès public. Il tourne ensuite Monsieur Naphtali, réalisé par Olivier Schatzky, dont il tient le rôle principal. Le film sort en août 1999, deux mois après sa mort.
1960 : naissance le 12 janvier à Nabeul, en Tunisie
1961 : la famille Kakou s'installe à Marseille
1991 : révélation auprès du grand public dans La Classe sur FR3
1992 : débuts au théâtre parisien du Point-Virgule
1993 : première participation à la soirée des Enfoirés
1994 : spectacle à l'Olympia
1995 : spectacle au Zénith de Paris et nomination aux Victoires de la musique
1997 : spectacle au Cirque d'Hiver et rôle de Rafi Styl'mode dans La Vérité si je mens !
1999 : mort le 10 juin à Paris et sortie posthume de Monsieur Naphtali
2001 : Thomas Gilou lui dédie La Vérité si je mens ! 2
2016 : une rue du 16e arrondissement de Marseille reçoit son nom
2019 : pose d'une plaque commémorative et spectacle hommage au Cirque d'Hiver
Élie Kakou naît dans une famille séfarade. Son père, Joseph Kakou, originaire de Laghouat en Algérie, est sous-officier dans l'armée française ; sa mère, Suzy, née Valensi, est issue d'une famille juive de Nabeul d'origine italienne. La famille compte plusieurs enfants, parmi lesquels ses sœurs Nadine, Danièle, Brigitte et Michèle, et son frère Charles. Installé à Marseille, il fréquente le lycée Saint-Charles, où il côtoie le futur sénateur Bruno Gilles. Élie Kakou n'a jamais rendu publique de vie de couple ni d'enfants, préservant strictement sa sphère privée tout au long de sa carrière.
Sa jeunesse est marquée par une éducation juive et par son engagement dans le mouvement de jeunesse Hachomer Hatzaïr. Adolescent, il part vivre en Israël, où il effectue son service militaire avant de revenir vers la scène française. Après sa mort, sa sœur Brigitte Kakou, ancienne costumière de ses spectacles, fonde et dirige l'association Les Enfants d'Élie, qui finance des séjours de vacances pour des enfants défavorisés ; elle publie également une biographie intitulée Élie, mon frère, dont les bénéfices sont reversés à l'association. Plusieurs artistes, dont Gad Elmaleh et Kev Adams, ont participé aux hommages qui lui ont été rendus.
Élie Kakou meurt le 10 juin 1999 à son domicile parisien, dans le 11e arrondissement, des suites d'un cancer du poumon, à l'âge de 39 ans. Il avait tenu sa maladie secrète, y compris auprès d'une partie de ses proches. Ses obsèques se déroulent dans l'intimité familiale. La ministre de la Culture de l'époque, Catherine Trautmann, salue publiquement sa disparition. Sa carrière cinématographique connaît un prolongement posthume avec la sortie, en août 1999, de Monsieur Naphtali, dont il tenait le rôle principal.
Élie Kakou est inhumé au cimetière israélite des Trois-Lucs, dans le 12e arrondissement de Marseille, ville de son enfance. En 2016, la municipalité donne son nom à une rue du 16e arrondissement marseillais. Le 10 septembre 2019, une plaque commémorative est apposée rue Lacépède, dans le quartier des Cinq-Avenues où il a grandi.
1 - Avant la scène, Élie Kakou avait obtenu un diplôme de prothésiste dentaire, métier qu'il n'exercera jamais, lui préférant l'humour découvert comme animateur au Club Med à la fin des années 1980.
2 - Selon plusieurs sources, Élie Kakou fut le premier humoriste à se produire sur la scène du Zénith de Paris, où il enregistre en avril 1995 un spectacle resté cité comme référence du one-man-show français.
3 - Ses spectacles à grand déploiement faisaient appel à des danseurs, des trapézistes et des échassiers, avec des chorégraphies signées Kamel Ouali, qui deviendra ensuite un directeur artistique reconnu de comédies musicales.
4 - En 2001, Thomas Gilou dédie La Vérité si je mens ! 2 à la mémoire d'Élie Kakou, en hommage au personnage de Rafi Styl'mode qu'il avait incarné dans le premier volet sorti en 1997.
5 - Sa sœur Brigitte Kakou, qui fut sa costumière, a consacré une partie de son activité à entretenir sa mémoire, à travers l'association Les Enfants d'Élie et la publication d'une biographie reversant ses bénéfices à cette cause.
- Métier(s) : humoriste et acteur
- Résidence principale : Marseille (enfance et jeunesse), puis Paris
- Relations de couple : aucune vie de couple rendue publique
- Enfants : aucun enfant connu
- Distinctions : nomination aux Victoires de la musique 1995 (meilleur humoriste)