Cette année marque le 150ᵉ anniversaire de sa naissance.
Née Margaretha Geertruida Zelle, Mata Hari est une danseuse, courtisane et espionne présumée néerlandaise, devenue l'archétype de la femme fatale après son exécution par la France en 1917 pour intelligence avec l'ennemi, malgré des preuves jugées aujourd'hui très fragiles.
Margaretha Geertruida Zelle naît le 7 août 1876 à Leeuwarden, aux Pays-Bas, fille du chapelier Adam Zelle. La faillite de l'entreprise paternelle en 1889, puis la séparation de ses parents et la mort de sa mère en 1891 dispersent la fratrie ; la jeune fille est recueillie par un oncle à La Haye et entame une formation d'institutrice. En 1895, elle répond à une petite annonce matrimoniale publiée par le capitaine Rudolf MacLeod, officier de l'armée coloniale néerlandaise de vingt et un ans son aîné, qu'elle épouse à Amsterdam le 11 juillet. Le couple s'installe à Java puis à Sumatra, où naissent leurs deux enfants, Norman-John en 1897 et Jeanne Louise, dite « Non », en 1898. En 1899, les deux enfants sont empoisonnés, probablement par un domestique ; Norman-John n'y survit pas. Rongé par les infidélités et la violence de Rudolf MacLeod, le couple rentre en Europe en 1902 et divorce en 1906, la garde de Jeanne Louise revenant finalement à son père.
Après son divorce, Margaretha Zelle gagne Paris et se réinvente sous le nom de Mata Hari, dansant pour la première fois au musée Guimet en mars 1905 dans un numéro inspiré des danses javanaises, qui la rend célèbre dans toute l'Europe. Sa carrière de danseuse décline après 1912, mais elle poursuit une vie de courtisane fréquentant de nombreux officiers. Au début de la Grande Guerre, elle est approchée par les services allemands, puis recrutée en 1916 par le capitaine Georges Ladoux, chef du contre-espionnage français. Éprise du pilote russe Vadim de Masloff, elle multiplie les voyages entre la France et l'Espagne, où elle fréquente l'attaché militaire allemand Arnold Kalle. Un télégramme allemand intercepté par les services français désigne l'agent « H-21 » dans des termes qui la trahissent ; elle est arrêtée à Paris le 13 février 1917.
Le procès de Mata Hari s'ouvre à huis clos le 24 juillet 1917 devant le 3e conseil de guerre, au Palais de justice de Paris. L'accusation, portée par le commandant Pierre Bouchardon, lui reproche d'avoir livré des renseignements à l'Allemagne sous le matricule « H-21 » et d'avoir ainsi contribué à la mort de dizaines de milliers de soldats, un chiffre que les historiens jugent aujourd'hui largement surévalué. Condamnée à mort le 25 juillet 1917, elle voit son recours en grâce rejeté par le président Raymond Poincaré. Le dossier judiciaire de l'affaire, resté officiellement scellé jusqu'en 2017, cent ans après son exécution, a nourri la thèse d'un procès mené davantage sur sa réputation de courtisane que sur des faits clairement établis.
1876 : Naissance de Margaretha Geertruida Zelle à Leeuwarden, aux Pays-Bas.
1889 : Faillite de l'entreprise de son père, Adam Zelle.
1891 : Mort de sa mère ; dispersion de la fratrie.
1895 : Mariage avec le capitaine Rudolf MacLeod à Amsterdam.
1897 : Naissance de son fils, Norman-John, à Java.
1898 : Naissance de sa fille, Jeanne Louise « Non ».
1899 : Empoisonnement de ses deux enfants à Sumatra ; mort de Norman-John.
1905 : Premier numéro de danse sous le nom de Mata Hari, au musée Guimet à Paris.
1906 : Divorce d'avec Rudolf MacLeod.
1916 : Recrutement par le capitaine Georges Ladoux pour le renseignement français.
1917 : Arrestation à Paris le 13 février, procès à huis clos le 24 juillet, condamnation à mort le 25 juillet et exécution à Vincennes le 15 octobre.
1931 : Greta Garbo l'incarne au cinéma, popularisant sa légende.
2000 : Disparition constatée de sa tête embaumée, conservée au musée d'Anatomie de Paris.
2017 : Ouverture officielle des archives judiciaires de son procès, cent ans après son exécution.
2026 : Cent cinquantième anniversaire de sa naissance, célébré à Leeuwarden par une installation lumineuse et une exposition.
Mata Hari grandit à Leeuwarden dans la maison de son père, le chapelier Adam Zelle, et de sa mère, Antje van der Meulen, aînée d'une fratrie de quatre enfants avec trois frères cadets. Après la ruine puis la mort de ses parents, elle est admise dans un institut de formation d'institutrices à Leyde, avant d'être recueillie par un oncle à La Haye. Le 11 juillet 1895, elle épouse à Amsterdam le capitaine Rudolf MacLeod, dont elle a deux enfants : Norman-John, né en 1897 et mort empoisonné en 1899, et Jeanne Louise « Non », née en 1898, morte à vingt et un ans en 1919.
Reconnue pour son aisance en plusieurs langues et sa connaissance des cultures d'Extrême-Orient acquise à Java, Mata Hari évolue dans les cercles mondains de la Belle Époque, entre bienfaiteurs fortunés et officiers de haut rang, dont le pilote russe Vadim de Masloff, son dernier grand amour. Lors de son procès, elle est défendue par l'avocat Édouard Clunet, qui aurait également compté parmi ses amants. Aucun engagement associatif ou militant ne lui est documenté : sa vie privée se concentre sur la danse, qu'elle a contribué à réinventer en Europe en y introduisant un répertoire d'inspiration javanaise, et sur une succession de liaisons avec des hommes influents, de l'industrie à l'armée.
Condamnée à mort pour intelligence avec l'ennemi, Mata Hari est fusillée à l'aube du 15 octobre 1917 au fort de Vincennes, dans la banlieue de Paris, après le rejet de son recours en grâce par le président Raymond Poincaré. Elle refuse le bandeau et salue le peloton d'exécution avant d'être abattue. Aucune cérémonie funéraire publique n'est organisée : son corps, réclamé par personne, est remis à la faculté de médecine de Paris. Son exécution, rapportée par la presse française comme celle d'une espionne démasquée, est rapidement contestée par certains observateurs qui y voient le procès d'une réputation plus que d'une culpabilité démontrée.
N'ayant pas de sépulture connue (son corps ayant été cédé à la science), Mata Hari n'a pas de tombe à proprement parler. Sa mémoire est conservée au Fries Museum de Leeuwarden, sa ville natale, qui lui consacre une salle permanente. En 2026, pour le cent cinquantième anniversaire de sa naissance, la ville propose l'installation lumineuse « Echoes of Mata Hari » ainsi qu'une exposition à la gare centrale.
1 - Son corps n'ayant jamais été réclamé, la tête embaumée de Mata Hari fut longtemps conservée au musée d'Anatomie de Paris. Lors d'un inventaire mené en 2000, les conservateurs constatèrent sa disparition : elle demeure introuvable à ce jour.
2 - Des décennies plus tard, le commandant Pierre Bouchardon, qui instruisit le dossier à charge, aurait confié qu'il n'y avait « pas de quoi fouetter un chat », reconnaissant implicitement la fragilité des preuves retenues contre elle.
3 - En 1999, la déclassification d'archives des services secrets britanniques révéla qu'aucune preuve tangible ne venait étayer l'accusation d'espionnage portée contre elle au profit de l'Allemagne, renforçant la thèse d'un jugement hâtif rendu en pleine fièvre patriotique.
4 - Avant d'adopter le nom de Mata Hari, Margaretha Zelle se produisit d'abord sous le pseudonyme de Lady MacLeod, empruntant le nom de son ex-mari avant de s'en inventer un entièrement nouveau.
5 - Alors que le dossier judiciaire du procès devait rester scellé jusqu'en 2017, une autorisation spéciale du ministère de la Défense permit à un éditeur d'y accéder dès 2001, seize ans avant l'échéance prévue.
6 - Lors d'une réception privée organisée par un riche mécène, Mata Hari se produisit presque entièrement nue sur un cheval blanc, un numéro resté célèbre parmi les témoins de la Belle Époque parisienne.
- Métier(s) : Danseuse, courtisane, espionne présumée
- Résidence principale : Paris (de 1903 à son arrestation en 1917)
- Relations de couple : Mariée à Rudolf MacLeod (1895-1906) ; liaison avec Vadim de Masloff
- Enfants : Norman-John MacLeod (1897-1899), Jeanne Louise « Non » MacLeod (1898-1919)
- Distinctions : Aucune distinction officielle connue
Courtisane, oui, je l'avoue. Mais traîtresse, jamais !
— Déclaration attribuée à Mata Hari lors de son procès, rapportée par Bill Hoffmann, « Mata Hari Heads Off », New York Post, 14 juillet 2000 (traduit de l'anglais)
Vous savez, il n'y avait pas de quoi fouetter un chat !
— Propos tardifs attribués au commandant Pierre Bouchardon, rapportés par Herodote.net
Quelle étrange coutume des Français que d'exécuter les gens à l'aube !
— Propos tenus avant son exécution, cités dans Michel Klen, « Femmes de guerre : une histoire millénaire », Ellipses, 2010, p. 266