Résumé biographique

Figure marquante du cinéma populaire français du XXe siècle, André Hunebelle s’impose comme réalisateur, scénariste, producteur et maître verrier, associé aux films de cape et d’épée, aux adaptations de Fantômas et à la série OSS 117, qui marquent durablement l’histoire du cinéma de divertissement en France.


Parcours

Né le 1er septembre 1896 à Meudon, André Hunebelle suit une formation scientifique en préparant l’École polytechnique avant de s’engager dans l’artillerie pendant la Première Guerre mondiale, où il est décoré de la Croix de guerre. Après le conflit, il s’oriente vers la verrerie artistique, devient maître verrier et dirige une verrerie dès 1925, développant des pièces qui s’inscrivent dans le mouvement Art déco. Installé à Paris à partir de 1929, il abandonne progressivement la verrerie à la fin des années 1930 pour se reconvertir dans le cinéma. En 1941, il fonde la société P.A.C. (Production Artistique et Cinématographique) et débute comme producteur, avant de passer à la réalisation à partir de 1948, enchaînant comédies, films de cape et d’épée, puis films d’espionnage.


Repères de carrière

1925 : Prend la direction d’une verrerie et commence une production de pièces en verre de style Art déco.
1929 : S’installe à Paris et ouvre un magasin de verrerie sur les Champs-Élysées.
1941 : Devient producteur de films sous le label P.A.C., notamment avec le mélodrame Feu sacré.
1948 : Passe à la réalisation avec Métier de fous.
1953 : Réalise Les Trois Mousquetaires, qui installe son goût pour le film de cape et d’épée.
1954 : Succès de Cadet Rousselle.
1955 : Réalise L’Impossible Monsieur Pipelet.
1958 : Dirige Taxi, Roulotte et Corrida, où Louis de Funès tient un rôle important.
1959 : Réalise Le Bossu.
1960 : Met en scène Le Capitan.
1961 : Tourne le film historique Le Miracle des loups.
1962 : Adapte Les Mystères de Paris.
1963 : Lance la série d’espionnage avec OSS 117 se déchaîne.
1964 : Réalise Banco à Bangkok pour OSS 117 et Fantômas.
1968 : Achève Sous le signe de Monte-Cristo, puis poursuit sa carrière de producteur et de réalisateur pour la télévision et le cinéma jusque dans les années 1970.


Vie personnelle et engagements

Fils d’Édouard Benjamin Joseph Hunebelle et de Marie Thérèse Garambois, André Hunebelle grandit dans une famille engagée dans l’ingénierie, les affaires et la vie publique. Démobilisé en 1919, il s’installe à Staouéli, en Algérie, où il épouse en premières noces Lucie Mireille Faure le 28 mars 1919. Le couple a deux enfants, Jean-Marie et Anne-Marie. En 1936, il se marie à Alger avec Yvonne Aziza Chamberlain, dont il divorce en 1958 avant de l’épouser à nouveau en 1972 à Meudon. Son fils Jean-Marie, sous le nom de plume Jean Halain, devient scénariste et collaborateur régulier de ses films, tandis que sa fille Anne-Marie poursuit un temps une carrière d’actrice avant d’épouser le compositeur Jean Marion. Officier de la Légion d’honneur en 1953, il reste associé à la promotion d’un cinéma populaire accessible au grand public.


Anecdotes

1 – Avant le cinéma, André Hunebelle se fait connaître comme maître verrier, produisant des vases, lustres et services de table diffusés notamment via une boutique située sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris entre 1927 et 1931.
2 – Sa société P.A.C., créée pendant l’Occupation, produit dès 1941 le film Feu sacré, tourné en zone non occupée et interprété par Viviane Romance, marquant ses débuts dans l’industrie cinématographique comme producteur.
3 – Il contribue à la carrière de Louis de Funès en lui offrant des rôles récurrents, notamment dans Taxi, Roulotte et Corrida puis dans la trilogie Fantômas, où l’acteur s’impose comme figure centrale de la comédie populaire.
4 – La plupart des scénarios et dialogues de ses films sont écrits par son fils Jean-Marie sous le pseudonyme de Jean Halain, qui deviendra ensuite l’un des scénaristes réguliers de Louis de Funès, notamment sur Le Grand Restaurant, Oscar, La Soupe aux choux ou L’Avare.
5 – Lors du tournage de Le Miracle des loups près de la cité de Carcassonne, gêné par le passage d’avions à réaction au-dessus du décor médiéval, il aurait demandé par porte-voix aux pilotes de cesser leurs survols pour préserver l’illusion historique des scènes.
6 – Ses adaptations de la série littéraire OSS 117 dans les années 1960 participent à populariser le personnage d’espion français à l’écran et s’inscrivent dans le contexte international du succès des films d’espionnage de type James Bond.
7 – Sa fille Anne-Marie tourne notamment dans le film Leçon de conduite réalisé par Gilles Grangier, produit par André Hunebelle, avant de se retirer progressivement du métier pour accompagner la carrière de son mari Jean Marion, compositeur de musiques de films.


Lieux de mémoire

Né à Meudon, André Hunebelle réside après 1919 à Staouéli, en Algérie, puis s’installe durablement à Paris, où se trouvent sa verrerie, sa boutique des Champs-Élysées et le siège de P.A.C. à la rue Marbeuf. Ses tournages marquent des sites comme la cité de Carcassonne. Il meurt à Nice, où il est incinéré, en 1985.


Contexte du décès

André Hunebelle meurt le 27 novembre 1985 à Nice, dans le département des Alpes-Maritimes, à l’âge de 89 ans. Les sources indiquent une mort de cause naturelle. Il est incinéré, conformément aux informations disponibles, sans qu’un lieu précis de dépôt des cendres ne soit rendu public. Sa disparition clôt une carrière couvrant plus de trois décennies de cinéma français.


Points clés

• Métier(s) : réalisateur, scénariste, producteur, maître verrier
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Lucie Mireille Faure (mariage en 1919), Yvonne Aziza Chamberlain (mariage en 1936, divorce en 1958, remariage en 1972)
• Enfants : Jean-Marie (1920), Anne-Marie (1924)
• Distinctions : officier de la Légion d’honneur (1953)