Résumé biographique

Le 7 novembre 1968 à Berlin, Beate Klarsfeld giflait en plein congrès le chancelier Kurt Georg Kiesinger, ancien propagandiste nazi. Cette action spectaculaire lance, avec son mari Serge, une traque internationale de criminels de guerre qui aboutit notamment à l’extradition de Klaus Barbie en 1987 et à la documentation exhaustive des 76 000 Juifs déportés de France. Figure incontournable de la mémoire de la Shoah, elle reste à 87 ans une militante antinazie déterminée.


Parcours

Née Beate Auguste Künzel le 13 février 1939 à Berlin, elle grandit dans une famille luthérienne modeste. Son père Kurt, employé d’assurances, est mobilisé dans la Wehrmacht dès l’été 1939. Après guerre, elle quitte l’Allemagne à 21 ans pour devenir jeune fille au pair à Paris. En mai 1960, sur le quai du métro Porte-de-Saint-Cloud, elle rencontre Serge Klarsfeld. Ils se marient en novembre 1963. Secrétaire bilingue à l’Office franco-allemand pour la jeunesse à partir de 1964, elle publie un guide pour jeunes Allemandes au pair. À partir de 1966, elle mène une campagne de presse contre le chancelier Kiesinger, ancien nazi. Licenciée en 1967, elle publie une brochure accablante. Le 7 novembre 1968, elle le gifle publiquement lors d’un congrès de la CDU à Berlin, criant « Nazi ! ». Condamnée à un an de prison (peine suspendue grâce à sa nationalité française), elle mène ensuite campagne contre lui aux élections fédérales de 1969.

Avec Serge, elle identifie Klaus Barbie en Bolivie en 1972, obtient son extradition et son procès en 1987. Ils documentent les 76 000 déportés juifs de France, poursuivent Kurt Lischka, Herbert Hagen, Ernst Achenbach et d’autres. En 1979, ils fondent la Beate Klarsfeld Foundation à New York. Beate devient ambassadrice honoraire de l’UNESCO pour l’enseignement de l’Holocauste en 2015 et reçoit la nationalité israélienne honorifique en 2016. Elle est promue grand officier de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron en 2024. Leur fils Arno participe régulièrement à leurs actions.


Controverse

En 2012, lors de sa candidature à la présidence allemande soutenue par Die Linke, des révélations sur ses contacts avec la Stasi est-allemande pour obtenir des documents sur Kurt Georg Kiesinger suscitent des critiques des partis conservateurs. En octobre 2022, l’acceptation d’une médaille de la ville de Perpignan remise par le maire RN Louis Aliot provoque une polémique, condamnée par la LICRA, SOS Racisme et plusieurs historiens.


Repères chronologiques

1939 : naissance à Berlin
1958 : jeune fille au pair à Paris
1960 : rencontre Serge Klarsfeld dans le métro
1963 : mariage avec Serge Klarsfeld
1967 : articles dans Combat contre Kiesinger et licenciement
1968 : gifle à Kurt Georg Kiesinger le 7 novembre
1969 : candidate aux élections fédérales contre Kiesinger
1971 : tentative d’enlèvement de Kurt Lischka
1972 : découverte de Klaus Barbie en Bolivie
1979 : fondation de la Beate Klarsfeld Foundation
1987 : procès et condamnation de Klaus Barbie
2015 : ambassadrice honoraire de l’UNESCO
2016 : nationalité israélienne honorifique
2022 : médaille de Perpignan
2024 : grand officier de la Légion d’honneur


Vie personnelle et engagements

Fille unique de Kurt Künzel, employé d’assurances puis comptable, et d’Hélène Scholz, Beate grandit à Berlin dans une famille luthérienne. Pendant la guerre, elle est brièvement hébergée en Pologne chez son parrain. À partir de 14 ans, elle reproche à ses parents leur silence sur le nazisme. Elle s’installe définitivement à Paris en 1958. Mariée à Serge Klarsfeld depuis novembre 1963, elle a deux enfants : Arno David, né le 27 août 1965 à Paris, et Lida Myriam, née en 1973.

Le couple forme une équipe indissociable dans la lutte pour la mémoire. Leur fils Arno s’implique dès l’enfance dans les manifestations et les actions. Beate reste proche de l’actrice Marlene Dietrich jusqu’au décès de cette dernière en 1992. Le couple échappe à deux attentats (colis piégé en 1972 et bombe en 1979).


Lieux de référence

Beate Klarsfeld réside à Paris depuis 1958.


Anecdotes

1 - Elle rencontre Serge Klarsfeld par hasard sur le quai du métro Porte-de-Saint-Cloud en mai 1960.
2 - Après avoir giflé Kiesinger, elle déclare au juge : « Je rappelle au juge ma double nationalité et je lui conseille de ne pas me jeter en prison. »
3 - Heinrich Böll lui fait livrer des roses rouges à Paris après l’action de 1968.
4 - Le couple survit à deux attentats : un colis piégé en mai 1972 et une bombe à retardement en juillet 1979.


Points clés

- Métier(s) : militante antinazie, chasseuse de nazis
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : mariée à Serge Klarsfeld depuis 1963
- Enfants : Arno (1965) et Lida (1973)
- Distinctions : grand officier de la Légion d’honneur (2024), commandeur de la Légion d’honneur (2014), ambassadrice honoraire de l’UNESCO (2015), nationalité israélienne honorifique (2016)