Carl Lewis, né le 1er juillet 1961 à Birmingham, en Alabama, est un athlète américain spécialiste du sprint et du saut en longueur, neuf fois médaillé d'or olympique entre 1984 et 1996, élu « sportif du siècle » par le Comité international olympique en 1999.
Frederick Carlton Lewis grandit à Willingboro, dans la banlieue de Philadelphie, au sein d'une famille entièrement vouée à l'athlétisme. Ses parents, William McKinley Lewis Jr. et Evelyn Lawler Lewis, tous deux enseignants, avaient pratiqué la compétition au Tuskegee Institute : son père était sprinteur et joueur de football américain, sa mère participante aux Jeux panaméricains de 1951 en haies. Lewis débute le saut en longueur à treize ans à la Willingboro High School. L'entraîneur Tom Tellez le repère en 1978 et l'oriente vers l'université de Houston, où il le convainc d'associer sprint et longueur. Dès 1979, Lewis bat le record scolaire de saut avec 8,13 m. En 1981, il figure en tête du classement mondial sur 100 m et au saut en longueur. En 1983, aux premiers Championnats du monde d'Helsinki, il décroche trois médailles d'or (100 m, saut en longueur, relais 4 x 100 m) et établit un record du monde du relais en 37 s 86 avec ses coéquipiers.
Aux Jeux de Los Angeles en 1984, Carl Lewis réalise l'exploit de Jesse Owens : quatre médailles d'or sur 100 m, 200 m, saut en longueur et relais 4 x 100 m. Malgré la disqualification de Ben Johnson au 100 m de Séoul en 1988, il conserve ses titres. En juillet 1990, il adopte un régime végétalien. Sa meilleure saison survient à trente ans : aux Championnats du monde de Tokyo en 1991, il bat le record du monde du 100 m en 9 s 86 et contribue au record mondial du relais 4 x 100 m en 37 s 50. Aux Jeux de Barcelone en 1992, il conserve son titre au saut en longueur devant Mike Powell et ancre le relais américain. À Atlanta en 1996, à trente-cinq ans, il conquiert sa neuvième médaille d'or au saut avec 8,50 m. Nommé entraîneur en chef à l'université de Houston en juillet 2022, il a conduit ses athlètes Shaun Maswanganyi et Louie Hinchliffe jusqu'aux podiums des Jeux de Paris en 2024.
En avril 2003, Wade Exum, ancien directeur du programme antidopage du Comité olympique américain (USOC) de 1991 à 2000, a rendu publics plus de 30 000 pages de documents attestant que Carl Lewis avait été contrôlé positif à trois reprises lors des sélections américaines de 1988 pour les Jeux de Séoul, à la pseudo-éphédrine, à l'éphédrine et à la phénylpropanolamine. L'USOC avait dans un premier temps disqualifié Lewis, avant d'accepter son appel invoquant une prise involontaire via un complément alimentaire à base de l'herbe chinoise Ma Huang. Lewis a reconnu les contrôles positifs dans le quotidien californien Orange County Register tout en maintenant le caractère non intentionnel de l'ingestion. Le président de l'Agence mondiale antidopage, Dick Pound, a déclaré publiquement qu'un double standard avait été appliqué. Aucune sanction officielle n'a été prononcée par une instance sportive internationale.
1961 : naissance le 1er juillet à Birmingham, Alabama
1973 : remporte le championnat de saut en longueur de sa catégorie lors d'une compétition commémorative en hommage à Jesse Owens
1979 : diplômé de la Willingboro High School ; entre à l'université de Houston sous la direction de Tom Tellez
1980 : qualifié pour les Jeux de Moscou, non disputés en raison du boycott américain
1981 : numéro un mondial sur 100 m et au saut en longueur
1983 : triple champion du monde à Helsinki (100 m, saut en longueur, relais 4 x 100 m) ; record du monde du relais en 37 s 86
1984 : quatre médailles d'or aux Jeux de Los Angeles ; sélectionné par les Bulls de Chicago lors de la draft NBA (208e choix) et par les Cowboys de Dallas en NFL (12e tour), sans jamais rejoindre ces franchises
1987 : décès de son père Bill Lewis d'un cancer
1988 : deux médailles d'or à Séoul (100 m, saut en longueur) après la disqualification de Ben Johnson
1990 : adoption d'un régime végétalien en juillet
1991 : record du monde du 100 m en 9 s 86 et record mondial du relais 4 x 100 m aux Championnats du monde de Tokyo
1992 : médaille d'or au saut en longueur et record mondial du relais 4 x 100 m aux Jeux de Barcelone
1996 : neuvième médaille d'or olympique au saut en longueur à Atlanta ; retraite sportive l'année suivante
1999 : élu « sportif du siècle » par le CIO et « olympien du siècle » par Sports Illustrated
2001 : création de la Carl Lewis Foundation
2009 : nommé ambassadeur de bonne volonté de la FAO
2013 : rejoint le staff d'entraîneurs de l'athlétisme à l'université de Houston
2022 : nommé entraîneur en chef du programme d'athlétisme de l'université de Houston
2024 : participe à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris ; ses athlètes Shaun Maswanganyi et Louie Hinchliffe décrochent des podiums
Carl Lewis est le troisième des quatre enfants de William McKinley Lewis Jr. et d'Evelyn Lawler Lewis. Sa soeur Carol Lewis a remporté quatre championnats nationaux américains au saut en longueur et participé aux Jeux de 1984 ; elle est aujourd'hui entraîneuse adjointe à l'université de Houston. Son père Bill Lewis est décédé d'un cancer en 1987 ; Carl lui a dédié ses médailles de Séoul en 1988. Sa vie sentimentale est demeurée très privée. Il a épousé Maria Lewis, avec qui il a un fils, Bakim Lewis, entré dans l'armée américaine après son diplôme de formation militaire en 2015.
Établi à Houston, Lewis dirige le programme d'athlétisme de l'université locale. Militant du végétalisme depuis juillet 1990, il a rédigé un témoignage de référence pour l'organisation EarthSave. Il a fondé en 2001 la Carl Lewis Foundation, consacrée à la promotion de la forme physique et de l'éducation des jeunes, soutenant notamment le United Negro College Fund et le programme Best Buddies. Nommé ambassadeur de bonne volonté de la FAO en 2009, il a également tenté une candidature au Sénat du New Jersey en 2011 sous les couleurs du Parti démocrate, rejetée pour défaut de résidence.
1 - En 1973, à douze ans, Lewis remporta le championnat de saut en longueur de sa catégorie lors d'une compétition commémorative en hommage à Jesse Owens, recevant les encouragements d'Owens lui-même en personne.
2 - Lors de la draft NBA de 1984, les Bulls de Chicago sélectionnèrent Carl Lewis en 208e position au 10e tour, le même soir où ils choisissaient Michael Jordan en troisième choix. Lewis n'intégra jamais la franchise.
3 - En juillet 1990, Lewis décida de devenir végétalien en cours de compétition en Europe : le samedi il consommait de la saucisse espagnole, le lundi suivant il avait totalement modifié son alimentation, décision prise sans transition progressive.
4 - Lewis est aussi le seul athlète à avoir été sélectionné la même année par une franchise NBA (les Bulls de Chicago) et une franchise NFL (les Cowboys de Dallas) sans jamais pratiquer l'un ou l'autre sport en compétition.
5 - En 1983, Lewis refusa délibérément de courir le 200 m aux Championnats du monde d'Helsinki, alors qu'il venait d'établir le record du monde au niveau de la mer en 19 s 75, préférant concentrer ses efforts sur les autres épreuves engagées.
- Métier(s) : athlète (sprinteur, sauteur en longueur), entraîneur, acteur
- Résidence principale : Houston, Texas
- Relations de couple : époux de Maria Lewis
- Enfants : Bakim Lewis
- Distinctions : 9 médailles d'or olympiques (1984, 1988, 1992, 1996), 8 médailles d'or aux Championnats du monde, élu « sportif du siècle » par le CIO (1999), « olympien du siècle » par Sports Illustrated (1999), « athlète du siècle » par l'IAAF
« Je veux devenir millionnaire et ne veux jamais avoir un emploi ordinaire. »
— Déclaration à Tom Tellez lors de son arrivée à l'université de Houston, 1979 (rapportée par Wikipédia fr, citant le site officiel de Carl Lewis)
« Ma meilleure année de compétition a été la première année où j'ai mangé végétalien. »
— Témoignage publié sur earthsave.org, EarthSave International (traduit de l'anglais)
« La plus belle course de ma vie. La meilleure techniquement et la plus rapide. Et je l'ai faite à trente ans. »
— Déclaration après la finale du 100 m aux Championnats du monde de Tokyo, 1991 (rapportée par Wikipédia fr et ESPN)
« L'amateurisme est la forme la plus forte de discrimination dans le sport. Parce qu'il discrimine les défavorisés, il discrimine les pauvres. »
— BrainyQuote / interviews publiques (traduit de l'anglais)