Résumé biographique

Comédienne de cinéma, de théâtre et de télévision, Christine Dejoux s’est imposée dans le paysage français grâce à son jeu vif et nuancé, de ses débuts au café-théâtre avec Coluche jusqu’à son rôle culte dans La Soupe aux choux.


Parcours

Née le 11 décembre 1953 dans le 9e arrondissement de Paris, Christine Dejoux grandit dans un environnement artistique marqué par la figure de son père, le metteur en scène et chercheur Jean Dejoux. Après des études théâtrales, elle se forme auprès de maîtres reconnus et s’engage très tôt dans le café-théâtre, notamment au Café de la Gare, où elle joue dans les spectacles de Coluche. En 1971, elle incarne Ginette Lacaze, personnage emblématique d’une pièce écrite par l’humoriste, avant de participer au sketch télévisé du Schmilblick, qui parodie les jeux télévisés populaires. Parallèlement, elle contribue à la création de la salle de La Veuve Pichard, futur Point Virgule, avec Martin Lamotte et Jacques Delaporte, s’inscrivant ainsi au cœur de la nouvelle scène comique parisienne des années 1970.

Au cinéma, elle apparaît dès le début des années 1970 dans L’An 01, Juliette et Juliette ou encore Au long de rivière Fango, avant de trouver des rôles plus marquants dans L’Apprenti salaud de Michel Deville et surtout Un moment d’égarement de Claude Berri. Sa notoriété auprès du grand public est solidement ancrée en 1981 avec Francine, l’épouse ressuscitée de Louis de Funès dans La Soupe aux choux, rôle resté emblématique. Elle multiplie ensuite les personnages dans des films comme Les matous sont romantiques, Les Sacrifiés, Le Rescapé ou Max et Jérémie, et poursuit une activité soutenue à la télévision. Plus tard, elle se tourne davantage vers la mise en scène, la pédagogie théâtrale et le documentaire, notamment avec Sur la paille ... une aventure née en prison.


Controverse

Au début des années 1980, lors du tournage de La Soupe aux choux, Christine Dejoux s’oppose fermement à une scène de nudité qu’elle juge gratuite et injustifiée, refusant de se déshabiller devant la caméra. Plusieurs décennies plus tard, dans des entretiens publiés en 2025, elle revient publiquement sur cet épisode, dénonçant la pression exercée alors sur les comédiennes et le recours envisagé à une doublure nue pour contourner son refus. Ses déclarations, centrées sur son expérience personnelle et le rapport de force sur les plateaux de l’époque, nourrissent une réflexion plus large sur le consentement, la représentation du corps féminin et l’évolution des pratiques dans l’industrie audiovisuelle, sans remettre en cause son attachement au film ni son admiration pour Louis de Funès.


Repères chronologiques

1953 : Naissance à Paris, dans le 9e arrondissement, au sein d’une famille déjà ancrée dans le milieu artistique.
1971 : Débuts marquants au café-théâtre avec le personnage de Ginette Lacaze dans une pièce de Coluche.
1973 : Premiers rôles au cinéma, notamment dans L’An 01, film collectif de Jacques Doillon et ses collaborateurs.
1977 : Interprète Caroline Nattier dans la comédie L’Apprenti salaud et joue dans Un moment d’égarement de Claude Berri.
1981 : Accède à une forte popularité avec le rôle de Francine dans La Soupe aux choux, aux côtés de Louis de Funès.
1983 : Participe au film engagé Les Sacrifiés, présenté dans de grands festivals internationaux.
1993 : Apparaît dans Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes de Jean-Jacques Zilbermann.
2013 : Revient à la télévision dans un épisode de la série policière Section de recherches.
2016 : Réalise le documentaire Sur la paille ... une aventure née en prison, autour d’une expérience théâtrale en milieu carcéral.
2025 : Accorde de nouvelles interviews sur son parcours et le tournage de La Soupe aux choux, rappelant son exigence de respect des comédiennes.


Vie personnelle et engagements

Fille du metteur en scène, scénographe et chercheur Jean Dejoux, Christine Dejoux grandit dans un univers où le théâtre, l’expérimentation scénique et la réflexion artistique occupent une place centrale. Cette filiation nourrit très tôt son goût pour les plateaux, le travail collectif et la construction de personnages complexes. Si elle évoque volontiers l’influence décisive de son père sur sa sensibilité d’interprète et de metteuse en scène, elle préserve en revanche d’ordinaire la discrétion sur les détails de sa vie familiale, préférant laisser l’attention se concentrer sur ses choix artistiques et son parcours professionnel.

Au fil des années, elle développe un engagement constant en faveur de l’accès à la culture, de la transmission et de la pédagogie théâtrale. À travers ses activités de formatrice et les Ateliers Dejoux de la parole partagée, elle conçoit des dispositifs de jeu visant à renforcer la confiance en soi, la maîtrise de la langue et l’écoute de l’autre, auprès d’enfants comme d’adultes. Ses projets de mise en scène et ses travaux documentaires, notamment en lien avec le milieu carcéral ou des lieux culturels parisiens, s’inscrivent dans la volonté de faire du théâtre un vecteur d’émancipation, de dialogue social et de circulation des récits, au-delà des seuls plateaux professionnels.


Lieux de référence

Le parcours de Christine Dejoux reste étroitement lié à Paris, et plus particulièrement aux quartiers où se sont développées les scènes de café-théâtre des années 1970. Le Café de la Gare, La Veuve Pichard devenue le Point Virgule et d’autres salles de la capitale constituent des lieux clés de sa trajectoire, entre créations collectives et rôles marquants. On retrouve également son empreinte dans des espaces culturels parisiens investis pour ses mises en scène, ses ateliers de parole et ses projets pédagogiques, qui prolongent son rapport à la ville comme terrain de travail artistique et de transmission.


Anecdotes

1 - Lors du tournage de La Soupe aux choux, Christine Dejoux découvre Louis de Funès, qu’elle admire depuis l’enfance, dans un mélange d’intimidation et de fascination professionnelle, cette rencontre concrétisant le rêve qui l’avait en partie poussée vers le métier d’actrice.
2 - Avec Coluche, elle participe au sketch télévisé du Schmilblick, où elle incarne une assistante inspirée de Simone Garnier ; cette parodie de jeu télévisé devient l’un des moments cultes de la carrière de l’humoriste et contribue à la faire remarquer du grand public.
3 - Avant d’être choisie pour Francine dans La Soupe aux choux, le rôle avait été envisagé pour une autre comédienne ; le refus répété des actrices d’accepter certaines scènes de nudité a profondément marqué la mémoire de Christine Dejoux, qui en parle aujourd’hui comme d’un exemple des rapports de force de l’époque.
4 - En parallèle de ses activités d’actrice, elle signe une adaptation-traduction de la pièce The Rover / L’Écumeur d’Aphra Behn, confirmant son intérêt pour la dramaturgie et pour les circulations entre langues, et montrant une facette plus littéraire et théorique de son travail.


Points clés

- Métier(s) : Actrice, metteuse en scène, documentariste, pédagogue
- Résidence principale : Non communiqué
- Relations : Non communiqué
- Enfants : Non communiqué
- Distinctions : Présence au Festival de Venise pour Les Sacrifiés, prix et sélections en festivals pour ses projets de cinéma et de théâtre