Résumé biographique
À la fois écrivain, cinéaste et acteur, Cyril Collard a marqué le début des années 1990 en mettant à nu, sans détour, la jeunesse parisienne, la bisexualité et le VIH à travers une œuvre autobiographique devenue un repère du cinéma et de la littérature française.
Parcours
Né à Paris, Cyril Collard est l’unique enfant de Claude Collard et de Janine Chokier. Il fait ses premières classes à Versailles, puis étudie au collège privé de Passy-Buzenval à Rueil-Malmaison. Bachelier à 16 ans (mention bien), il poursuit des classes préparatoires au lycée Hoche. Reçu au concours Centrale-Supélec, il entre à l’Institut industriel du Nord (École centrale de Lille) et suit en parallèle des cours de filmologie à l’université Lille-III, tout en publiant des textes dans la revue étudiante Fourre-tout. En 1979, il abandonne l’ingénierie, voyage notamment à Porto Rico, puis tente le concours de l’IDHEC, qu’il échoue de peu. Revenu près de Paris, il rencontre l’attaché de presse Claude Davy, qui devient son mentor. Il rejoint alors Maurice Pialat comme assistant réalisateur sur Loulou et À nos amours, apparaît dans Police et tient le rôle de Jean-Pierre dans À nos amours.
À partir de 1982, il réalise ses propres courts métrages et se tourne aussi vers le clip, tout en participant à la création du groupe de rock CYR. En 1986, il coécrit et réalise le court métrage Alger la blanche, récompensé par le Prix Méliès 1987. En 1987, après avoir appris sa séropositivité, il publie Condamné Amour, suivi en 1989 du roman autobiographique Les Nuits fauves; le 24 octobre 1989, il rend sa séropositivité publique à la télévision. En 1988, il signe Les Raboteurs avec Angelin Preljocaj, inspiré d’un tableau de Gustave Caillebotte. À la fin des années 1980, il crée pour Antenne 2 la série Le Lyonnais, diffusée à partir de 1990. En 1992, il adapte Les Nuits fauves au cinéma; en 1993, le film reçoit quatre César, dont ceux du meilleur film et de la meilleure première œuvre.
Controverse
En 1994, une polémique médiatique éclate autour de son image publique, sur fond de débats liés au VIH/sida et à la prévention. Des affirmations circulent sur des pratiques sexuelles à risque et sur une possible transmission à des partenaires, dans un contexte où les dépistages et les discours de prévention ont fortement évolué entre le milieu et la fin des années 1980. La controverse s’inscrit aussi dans la réception de Les Nuits fauves, dont le récit met en scène des situations d’exposition au risque et interroge la responsabilité envers autrui, sans se présenter comme un modèle.
Repères chronologiques
1957 : naissance à Paris (16e)
1974 : baccalauréat obtenu à 16 ans, puis classes préparatoires au lycée Hoche
1977 : admission à l’Institut industriel du Nord (École centrale de Lille) et cours de filmologie à Lille-III
1979 : abandon des études d’ingénieur; voyage, puis tentative du concours de l’IDHEC
1980 : assistant réalisateur de Maurice Pialat sur Loulou
1983 : acteur dans À nos amours (Jean-Pierre, le mari)
1986 : réalisation du court métrage Alger la blanche
1987 : publication de Condamné Amour; Prix Méliès pour Alger la blanche
1989 : publication de Les Nuits fauves; révélation publique de sa séropositivité à la télévision (24 octobre)
1990 : diffusion de la série Le Lyonnais (Antenne 2) à partir de cette année
1992 : sortie du film Les Nuits fauves
1993 : Les Nuits fauves reçoit quatre César; décès à Versailles
Vie personnelle et engagements
Fils de Claude Collard, ingénieur et dirigeant sportif (président de la Fédération française de judo puis président-fondateur du Comité national olympique français), et de Janine Chokier, ex-mannequin, Cyril Collard est enfant unique. Il grandit entre Paris et Versailles et passe par un internat, expérience qu’il évoque ensuite de manière voilée dans Condamné Amour. Dans sa vie privée, il est publiquement identifié comme bisexuel. Il a eu une relation avec l’actrice Corine Blue, présente dans Les Nuits fauves, et une relation avec Erika Prou, petite-fille de l’écrivaine Suzanne Prou.
Son engagement public passe surtout par son œuvre et par une prise de parole rare à l’époque : le 24 octobre 1989, il révèle sa séropositivité à la télévision. Avec Les Nuits fauves, il met au premier plan la question du VIH/sida, de la prévention et de la responsabilité envers les partenaires, sans chercher l’exemplarité. Après sa mort, une fondation portant son nom est créée en 1994, sous l’égide de la Fondation de France, pour soutenir des actions liées notamment au VIH/sida et, plus largement, des projets en lien avec ses domaines de création.
Lieux de référence
Paris, où il naît et où se concentre l’essentiel de sa trajectoire artistique, reste le point d’ancrage le plus associé à Cyril Collard, notamment autour des milieux du cinéma et de l’édition. Versailles, liée à sa scolarité et à son décès, est un autre repère biographique. Pour l’histoire de Les Nuits fauves, le cap Espichel, au sud de Lisbonne, est mentionné comme lieu de tournage et de mémoire.
Contexte du décès
Atteint par le VIH, Cyril Collard meurt à 35 ans des suites du sida à Versailles, au matin, après une période de santé très dégradée. Sa disparition survient alors que Les Nuits fauves occupe encore une place centrale dans le débat public sur la maladie et sur la prévention. L’émotion est renforcée par la reconnaissance institutionnelle accordée au film peu après, lors de la saison des prix. Une cérémonie rassemble de nombreux proches et anonymes avant sa crémation au Père-Lachaise.
Où se recueillir ?
Il a été incinéré au crématorium du Père-Lachaise, à Paris, où sa cérémonie a eu lieu. Selon sa volonté, ses cendres ont été dispersées au cap Espichel, au sud de Lisbonne, lieu associé aux dernières scènes de Les Nuits fauves. Pour un hommage durable, la Fondation Cyril Collard, abritée par la Fondation de France, perpétue aussi sa mémoire par des actions publiques.
Anecdotes
1 - Avant d’être identifié comme écrivain et cinéaste, il suit une formation d’ingénieur à l’École centrale de Lille et complète ce parcours par des cours de filmologie, signe d’un basculement progressif vers la création.
2 - En 1988, il coréalise Les Raboteurs avec le chorégraphe Angelin Preljocaj, un court métrage inspiré du tableau Les Raboteurs de parquet de Gustave Caillebotte, rare dialogue entre danse et histoire de l’art.
3 - Son court métrage Alger la blanche, réalisé en 1986, reçoit le Prix Méliès 1987 du meilleur court métrage, une reconnaissance qui précède de plusieurs années la notoriété de Les Nuits fauves.
4 - À sa demande, ses cendres sont dispersées au cap Espichel, au sud de Lisbonne, endroit où il avait tourné les dernières scènes de Les Nuits fauves, liant explicitement sa mémoire au lieu de son film le plus connu.
Points clés
- Métier(s) : écrivain, réalisateur, scénariste, acteur, musicien
- Résidence principale : Paris (France)
- Relations : Corine Blue; Erika Prou
- Enfants : —
- Distinctions : Prix Méliès 1987; César du meilleur film 1993; César de la meilleure première œuvre 1993






