Fabrice Luchini, né Robert Luchini le 1er novembre 1951 à Paris, est un acteur français d'origine italienne, révélé en 1990 par La Discrète et récompensé d'un César en 1994, qui s'est imposé comme l'un des plus singuliers interprètes de textes littéraires sur les scènes françaises.
Fils d'Adelmo Luchini, marchand de fruits et légumes d'origine italienne né à Villerupt, Robert grandit dans le quartier populaire de la Goutte-d'Or, dans le 18e arrondissement de Paris. Sans attrait pour l'école, il obtient difficilement son certificat d'études. À treize ans, sa mère Hélène Raulhac le place comme apprenti coiffeur chez Alexandre, un salon réputé de l'avenue Matignon — c'est là qu'il adopte le prénom de Fabrice. En autodidacte, il dévore Balzac, Flaubert, Proust et Céline, tout en fréquentant les discothèques par passion pour la soul music et James Brown. C'est sur la piste d'un drugstore d'Angoulême, en 1968, que le réalisateur Philippe Labro le repère et lui confie son premier rôle dans Tout peut arriver (1969). Cette rencontre déterminante ouvre une trajectoire cinématographique que Luchini ne cherchait pas. Il s'inscrit alors aux cours d'art dramatique de Jean-Laurent Cochet, où il découvre le théâtre comme sa véritable vocation.
Éric Rohmer l'intègre à son cercle d'acteurs fétiches : Luchini tourne Le Genou de Claire (1970) puis incarne le rôle-titre de Perceval le Gallois (1978), aux côtés d'Arielle Dombasle. Associé à un cinéma d'auteur exigeant qui limite sa notoriété, il doit, au début des années 1980, reprendre temporairement la coiffure et livrer des plats cuisinés pour subsister, avant de tourner quelques films alimentaires. Sa carrière prend un tournant décisif avec Les Nuits de la pleine lune (1984) de Rohmer, qui lui vaut une première nomination au César. La consécration publique arrive en 1990 avec La Discrète de Christian Vincent, où il compose un personnage de dandy manipulateur. Les années 1990 le voient enchaîner les collaborations : Cédric Klapisch pour Riens du tout (1992), Claude Lelouch pour Tout ça… pour ça ! (1993) — qui lui vaut le César du meilleur acteur dans un second rôle en 1994 —, Yves Angelo pour Le Colonel Chabert (1994) aux côtés de Gérard Depardieu et Fanny Ardant, et Édouard Molinaro pour Beaumarchais, l'insolent (1995).
1951 : naissance le 1er novembre à Paris (9e arrondissement)
1964 : placé comme apprenti coiffeur chez Alexandre, avenue Matignon à Paris ; adoption du prénom Fabrice
1969 : premier rôle au cinéma dans Tout peut arriver de Philippe Labro, après avoir été repéré par le réalisateur dans une discothèque
1970 : tourne Le Genou de Claire d'Éric Rohmer ; intègre les cours de Jean-Laurent Cochet
1978 : rôle-titre de Perceval le Gallois d'Éric Rohmer, avec Arielle Dombasle ; joue En attendant Godot au Festival d'Avignon
1979 : naissance de sa fille Emma, avec Cathy Debeauvais
1984 : Les Nuits de la pleine lune d'Éric Rohmer — première nomination au César
1985 : à la demande de Jean-Louis Barrault, lit pour la première fois un extrait du Voyage au bout de la nuit de Céline au Théâtre du Rond-Point
1990 : La Discrète de Christian Vincent — révélation au grand public, nomination au César du meilleur acteur
1994 : César du meilleur acteur dans un second rôle pour Tout ça… pour ça ! de Claude Lelouch ; fonde la société Assise Production
2000 : prix du Brigadier pour Knock de Jules Romains au Théâtre de l'Athénée
2015 : Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine au Festival de Venise pour L'Hermine de Christian Vincent
2016 : publication de l'autobiographie Comédie française. Ça a débuté comme ça… (Flammarion) ; prix La Coupole
2023 : lancement du spectacle Fabrice Luchini lit Victor Hugo, mise en scène Emmanuelle Garassino
2026 : sortie au cinéma de Victor comme tout le monde de Pascal Bonitzer (mars), sur un scénario posthume de Sophie Fillières
Fabrice Luchini est le fils d'Adelmo Luchini (1910-2008), marchand de fruits et légumes d'origine italienne, et d'Hélène Raulhac (1919-2008), native du 10e arrondissement de Paris. Ses parents sont inhumés au cimetière de Montmartre. Il a deux frères, Alain et Michel. En 1979, il devient père d'Emma Luchini, issue de sa relation avec Cathy Debeauvais, une secrétaire de rédaction rencontrée dans l'ashram du maître spirituel Prem Rawat en Inde. Depuis 2018, sa compagne est Emmanuelle Garassino, également metteuse en scène de ses spectacles théâtraux. Luchini réside principalement à Paris.
Fabrice Luchini entretient des liens d'amitié documentés avec des personnalités proches du monde politique et intellectuel, notamment Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, bien qu'il se définisse comme étranger aux partis. Sa fille Emma Luchini, devenue réalisatrice, l'a dirigé dans Un début prometteur (2015), aux côtés de Manu Payet. Luchini n'a jamais adhéré à une formation associative ou militante, mais s'est impliqué ponctuellement dans des causes culturelles : en 2016, il est parrain de la 56e promotion de la Fondation de la Vocation, présidée par Élisabeth Badinter. Ses passions déclarées sont la littérature — Céline, Balzac, Victor Hugo — et la musique soul.
1 - Luchini a exercé le métier de coiffeur pour femmes après ses débuts au cinéma : contraint par l'échec commercial de Perceval le Gallois (1978), il reprit la coiffure et livra des plats cuisinés entre 1979 et 1982 pour subsister, selon ses propres déclarations.
2 - C'est un inconnu qui lui offrit un exemplaire du Voyage au bout de la nuit alors qu'il était apprenti coiffeur. Cette lecture, à dix-sept ans, fut selon lui « le début d'une histoire d'amour » avec Céline, auteur qu'il déclamait encore quatre décennies plus tard sur scène.
3 - Repéré par Philippe Labro non pas à Paris mais sur la piste d'un drugstore d'Angoulême en 1968, il n'avait aucune formation d'acteur : Labro le choisit pour sa présence physique et sa manière de parler, non pour un quelconque bagage dramatique.
4 - Son autobiographie de 2016, Comédie française. Ça a débuté comme ça…, emprunte son titre à l'incipit du Voyage au bout de la nuit
5 - Dans Victor comme tout le monde (2026) de Pascal Bonitzer, le personnage qu'il incarne s'appelle Robert Zucchini — prénom réel de l'acteur (Robert Luchini) combiné à une variation italianisante de son patronyme, jeu de miroir voulu dès la première version du scénario de Sophie Fillières.
- Métier(s) : acteur, producteur (Assise Production)
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Cathy Debeauvais (relation dans les années 1970) ; Emmanuelle Garassino (depuis 2018)
- Enfants : Emma Luchini (née en 1979)
- Distinctions : César du meilleur acteur dans un second rôle (1994, Tout ça… pour ça !) ; Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine, Festival de Venise (2015, L'Hermine) ; prix du Brigadier (2000) ; prix La Coupole (2016) ; onze nominations aux César ; quatre nominations aux Molières
Portrait mis à jour le 12 avril 2026.
Parler de soi est une impasse absolue.
Ça donne des ailes une bonne petite névrose harmonieuse.
Il n'y a rien de mieux que l'argent. C'est une manière de traduire concrètement le désir qu'on a pour vous.
Dans un monde sans femmes, on serait tous à comparer nos attributs inutiles et à se demander lequel de nous pissera le plus loin.
Quand je vois tous ces gens qui se promènent ou mangent en téléphonant, tout en gardant un oeil sur la Bourse, ça me paraît l'image même de la barbarie.
Parler de soi est une impasse absolue.
Ça donne des ailes une bonne petite névrose harmonieuse.
Il n'y a rien de mieux que l'argent. C'est une manière de traduire concrètement le désir qu'on a pour vous.
Dans un monde sans femmes, on serait tous à comparer nos attributs inutiles et à se demander lequel de nous pissera le plus loin.
Quand je vois tous ces gens qui se promènent ou mangent en téléphonant, tout en gardant un oeil sur la Bourse, ça me paraît l'image même de la barbarie.