Résumé biographique
Daniel Cordier, né en 1920, était un résistant français, Compagnon de la Libération, historien de la Résistance et galeriste d'art. Figure majeure de la Résistance intérieure française, il est reconnu pour son rôle de secrétaire de Jean Moulin et son travail de mémoire sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Son parcours fut celui d'un patriote engagé, d'un témoin clé et d'un passionné d'art.
Parcours
Daniel Cordier, de son vrai nom Daniel Bouyjou, est né à Bordeaux dans une famille de la bourgeoisie catholique et royaliste. Très jeune, il est profondément marqué par le discours du Maréchal Pétain. Cependant, refusant l'armistice de 1940 et l'occupation allemande, il décide de rejoindre la France libre à Londres. Il part en bateau depuis Bayonne avec d'autres jeunes résistants, bravant les dangers pour rejoindre le Général de Gaulle. À Londres, il est formé aux techniques de renseignement et au parachutisme par le Bureau Central de Renseignements et d'Action (BCRA). En juillet 1942, il est parachuté en France et devient le secrétaire personnel et chef de cabinet de Jean Moulin, le représentant du Général de Gaulle pour la Résistance intérieure. Il travaille aux côtés de Moulin, organisant les réseaux, collectant des informations et coordonnant les mouvements de résistance, participant activement à l'unification de la Résistance française.
Après l'arrestation de Jean Moulin en juin 1943, Cordier échappe de peu à la capture et continue la lutte. Il est rappelé à Londres, puis en Algérie, où il termine la guerre. Après la Libération, il s'éloigne de la politique et se tourne vers sa passion pour l'art. Il ouvre une galerie d'art à Paris en 1956, devenant un galeriste influent et un promoteur de l'art contemporain, notamment des artistes abstraits et de l'art brut. Dans les années 1970, face aux controverses et aux mensonges sur Jean Moulin et l'histoire de la Résistance, il décide de consacrer sa vie au travail de mémoire. Il devient un historien rigoureux, publiant une monumentale biographie de Jean Moulin en plusieurs volumes (1989-1999) et de nombreux ouvrages sur la Résistance. Sa reconnaissance publique est immense, à la fois pour son rôle de résistant, son travail d'historien et son engagement artistique. Il est fait Compagnon de la Libération en 1944. Son héritage est celui d'un homme qui a marqué le XXe siècle par son courage, sa fidélité et son travail de mémoire essentiel.
Repères de carrière
1920 : Naissance de Daniel Bouyjou (Daniel Cordier) à Bordeaux, France.
1940 : Quitte la France pour rejoindre la France libre à Londres.
1942 : Parachuté en France, devient secrétaire et chef de cabinet de Jean Moulin.
1943 : Continue la lutte après l'arrestation de Jean Moulin.
1944 : Fait Compagnon de la Libération.
1956 : Ouvre sa galerie d'art à Paris.
Années 1970 : Commence son travail d'historien de la Résistance.
1989-1999 : Publication de sa biographie monumentale de Jean Moulin.
2000s : Continue de témoigner et de publier sur la Résistance.
2020 : Décès de Daniel Cordier.
Vie personnelle et engagements
Daniel Cordier a vécu une vie personnelle très riche, mais n'a jamais été marié et n'a pas eu d'enfants. Il a été ouvertement homosexuel, un aspect de sa vie qu'il a abordé avec franchise dans ses mémoires. Sa vie fut marquée par ses amitiés profondes, notamment avec Jean Moulin et les artistes qu'il a soutenus. Sur le plan des engagements, Daniel Cordier était un fervent défenseur des valeurs de la Résistance : la liberté, la justice et la démocratie. Il a lutté inlassablement contre les révisionnismes et les falsifications de l'histoire, considérant le travail de mémoire comme un devoir moral. Son engagement artistique a été parallèle à son engagement historique, voyant dans l'art une forme de résistance et d'expression de la liberté. Il a également été un défenseur des droits des homosexuels. Son héritage est celui d'un homme de conviction, dont le courage et la lucidité ont éclairé une période sombre de l'histoire.
Où se recueillir ?
Daniel Cordier est décédé le 20 novembre 2020. Il est décédé à Cannes, France. Il est inhumé au Caveau des Compagnons de la Libération au Mont Valérien, à Suresnes, en France. Son entrée dans ce lieu de mémoire national, aux côtés d'autres héros de la Résistance, est un hommage à son rôle exceptionnel et à son engagement. Sa tombe est un lieu de recueillement et de respect pour tous ceux qui se souviennent de son courage et de sa contribution à la liberté de la France.
Contexte du décès de Daniel Cordier
Daniel Cordier est décédé le 20 novembre 2020 à Cannes, France, à l'âge de 100 ans. Son décès est survenu de causes naturelles, après une vie exceptionnellement longue et riche en événements. Il était le dernier Compagnon de la Libération encore en vie, et sa disparition a marqué la fin d'une page de l'histoire de France. De nombreux hommages nationaux lui ont été rendus, saluant son courage, son intégrité et son travail inlassable de mémoire sur la Résistance. Sa mort a symbolisé la fin d'une génération de héros qui ont façonné la France contemporaine.
Anecdotes
1 - Le dernier Compagnon de la Libération : Daniel Cordier était le dernier survivant des 1038 Compagnons de la Libération, le plus haut titre honorifique de la Résistance.
2 - La relation avec Jean Moulin : Sa relation avec Jean Moulin, d'abord difficile, est devenue très forte et respectueuse, faisant de lui le principal témoin de son action.
3 - Un collectionneur d'art : Avant de devenir historien, il était un galeriste d'art réputé et un collectionneur passionné, notamment d'art abstrait et d'art brut.
4 - Son autobiographie poignante : Son livre Alias Caracalla retrace son parcours dans la Résistance et sa relation avec Jean Moulin de manière très personnelle et détaillée.
5 - Un travail de mémoire essentiel : Son œuvre historique a permis de rétablir la vérité sur la Résistance et de contrer les tentatives de révisionnisme.
6 - Une figure de l'homosexualité : Il a abordé son homosexualité avec franchise dans ses mémoires, contribuant à la visibilité et à la reconnaissance des droits LGBTQ+.
Points clés
Métier(s) : Résistant, Historien, Galeriste d'art
Distinctions : Compagnon de la Libération






