Edoardo Mangiarotti (1919-2012) est un escrimeur italien né à Renate en Lombardie, détenteur du record de 39 médailles en Jeux olympiques et Championnats du monde d'escrime, dont 13 médailles olympiques remportées entre Berlin 1936 et Rome 1960, palmarès absolu dans l'histoire de ce sport.
Edoardo Mangiarotti naît dans une famille consacrée à l'escrime : son père, Giuseppe Mangiarotti (1883-1970), maître d'armes milanais et 17 fois champion d'Italie à l'épée, fonde en 1909 la Sala Mangiarotti à Milan et initie ses fils à la discipline dès leur plus jeune âge. Convaincu que les gauchers déstabilisent leurs adversaires sur la piste, Giuseppe décide de transformer ce droitier naturel en tireur gaucher. Champion d'Italie junior de fleuret à 11 ans, Edoardo intègre l'équipe nationale sénior à 16 ans et participe à ses premiers Championnats du monde en 1935. À 17 ans, il remporte avec la délégation italienne la médaille d'or par équipes à l'épée aux Jeux de Berlin 1936. En 1937, il s'impose à Paris avec l'équipe nationale en épée par équipes. Le calendrier olympique est ensuite interrompu pendant douze ans par la Seconde Guerre mondiale, sans que Mangiarotti cesse son entraînement à la Sala Mangiarotti. Son père lui impose en parallèle la pratique de la natation, du cyclisme et de la course à pied afin de développer ses qualités athlétiques.
Aux Jeux de Londres 1948, Mangiarotti récolte trois médailles (un bronze individuel à l'épée, deux argents par équipes). Aux Jeux d'Helsinki 1952, il dispute quatre finales et monte à chaque fois sur le podium, décrochant l'or individuel à l'épée face à un plateau record de 76 adversaires, son frère aîné Dario Mangiarotti finissant second. Les deux frères cumulent six médailles lors de ces Jeux, exploitant une complicité familiale rappelant celle des frères Nedo Nadi et Aldo Nadi aux Jeux de 1920. Aux Jeux de Melbourne 1956, porte-drapeau de l'Italie à la cérémonie d'ouverture, Mangiarotti obtient deux ors par équipes et un bronze à l'épée individuelle après un barrage nocturne face à Giuseppe Delfino et Carlo Pavesi. À Rome 1960, de nouveau porte-drapeau à 41 ans, il signe sa 13e et dernière médaille olympique, surpassant le record de 12 médailles du Finlandais Paavo Nurmi. Retraité en 1961 après vingt-cinq ans de compétition internationale, il accède ensuite à la direction de la Fédération internationale d'escrime (FIE), dont il est nommé secrétaire général en 1980.
1919 : Naissance le 7 avril à Renate, en Lombardie.
1930 : Champion d'Italie junior de fleuret à 11 ans.
1935 : Premiers Championnats du monde à Budapest, à 16 ans.
1936 : Or par équipes à l'épée aux Jeux de Berlin, à 17 ans.
1937 : Or par équipes à l'épée aux Championnats du monde de Paris.
1948 : Trois médailles aux Jeux de Londres : bronze individuel à l'épée et deux argents par équipes.
1951 : Premier titre de champion du monde individuel à l'épée, à Stockholm.
1952 : Quatre podiums aux Jeux d'Helsinki, dont l'or individuel à l'épée et l'argent au fleuret individuel.
1954 : Deuxième titre de champion du monde individuel à l'épée, à Luxembourg.
1956 : Porte-drapeau de l'Italie aux Jeux de Melbourne ; deux ors par équipes et bronze individuel à l'épée.
1960 : Porte-drapeau de l'Italie aux Jeux de Rome à 41 ans ; 13e médaille olympique, record mondial.
1961 : Retraite sportive après vingt-cinq ans de compétition internationale.
1966 : Publication de La Vera Scherma, manuel technique coécrit avec A. Cerchiari.
1980 : Nommé secrétaire général de la FIE par Gian Carlo Brusati ; membre d'honneur de la FIE en 1984.
2012 : Décès le 25 mai à Milan, à son domicile au 24 Via Solferino.
Edoardo Mangiarotti est issu d'une famille originaire de Renate, en Brianza lombarde. Son père, Giuseppe Mangiarotti (1883-1970), ancien vendeur d'automobiles à Milan avant de se consacrer à l'enseignement de l'escrime, épouse en 1917 Rosa Pirola dite Rosetta, native de Renate et escrimeuse elle-même. Edoardo grandit avec son frère cadet Mario Mangiarotti (1920-2019), futur médecin cardiologue à Bergame, et avec son frère aîné Dario Mangiarotti (1915-2010). Il épouse Camilla, surnommée Mimì, avec qui il aura une fille, Carola Mangiarotti, née le 2 mai 1952 à Milan. Gauchère comme son père, Carola se forme à l'escrime et participe aux Jeux olympiques de Montréal 1976 et de Moscou 1980, portant la tradition familiale à quatre générations olympiques.
Après sa retraite sportive, Mangiarotti exerce des responsabilités au sein des instances de l'escrime internationale, notamment la présidence de la commission de discipline de la FIE de 2000 à 2008. Il continue de dispenser des cours d'escrime à Milan jusqu'aux dernières années de sa vie. Après son décès, son épouse Camilla, sa fille Carola et son petit-fils Carlo Mangiarotti créent le Prix international Edoardo Mangiarotti, récompensant annuellement un jeune athlète exemplaire sous l'égide du CONI, de la Fédération italienne d'escrime et de la Fondazione Cariplo. Parmi les premières lauréates : Martina Caironi en 2013 et Bebe Vio, double championne paralympique.
Edoardo Mangiarotti décède le 25 mai 2012 à son domicile, au 24 Via Solferino à Milan, à l'âge de 93 ans. La presse italienne rapporte un problème cardiaque comme cause du décès. La Fédération internationale d'escrime (FIE) publie le même jour une lettre officielle de condoléances, saluant simultanément son palmarès d'athlète et ses responsabilités de dirigeant. Le président de la République italienne Giorgio Napolitano lui rend hommage, déclarant qu'il avait tracé des pages inoubliables de l'histoire du sport national et qu'il resterait un exemple pour les générations futures d'athlètes. L'escrimeuse Valentina Vezzali exprime également ses condoléances. Mangiarotti décède quelques mois avant les Jeux de Londres 2012, auxquels il souhaitait assister à titre officiel.
En juillet 2023, lors des Championnats du monde d'escrime accueillis à Milan, une plaque commémorative est dévoilée au 24 Via Solferino, adresse où Mangiarotti vécut, s'entraîna et mourut. La cérémonie réunit le maire de Milan Giuseppe Sala, Carola Mangiarotti et le président du CONI Giovanni Malagò. Une tuile en son honneur figure au Walk of Fame du sport italien, inauguré au Foro Italico de Rome. Son lieu d'inhumation n'est pas documenté dans les sources consultées.
1 - Son père Giuseppe Mangiarotti, convaincu que les gauchers déstabilisent leurs adversaires, impose à ce droitier naturel d'apprendre l'escrime de la main gauche. Cette reconversion, acquise avant ses dix ans, est créditée par ses biographes comme un avantage tactique décisif tout au long de sa carrière.
2 - Lors des Jeux d'Helsinki 1952, Mangiarotti assure simultanément la correspondance sportive de la Gazzetta dello Sport sur les épreuves d'escrime tout en étant lui-même concurrent. La rédaction attend son article jusque tard dans la nuit, une fois ses propres finales disputées.
3 - Mangiarotti est le seul athlète de l'histoire à avoir porté le drapeau de la délégation italienne à deux Jeux olympiques consécutifs : Melbourne 1956 et Rome 1960. Il accomplit cet honneur une deuxième fois à 41 ans, en tant que doyen de l'équipe nationale.
4 - Lors du barrage à l'épée individuelle aux Jeux de Melbourne 1956, Mangiarotti, Giuseppe Delfino et Carlo Pavesi terminent à égalité parfaite. Un second barrage est organisé après minuit. Mangiarotti, fatigué, perd ses deux assauts. Pavesi remporte l'or, Delfino l'argent, Mangiarotti le bronze.
5 - En 2003, le Comité international olympique remet à Mangiarotti une Branche de platine accompagnée d'un document officiel le consacrant meilleur escrimeur de l'histoire du sport, au titre de ses 39 médailles en Jeux olympiques et Championnats du monde combinés.
6 - Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Jeux olympiques étant suspendus, Mangiarotti vend des pommes de pin à Milan pour subvenir à ses besoins, poursuivant son entraînement à la Sala Mangiarotti malgré l'interruption du calendrier international pendant douze ans.
- Métier(s) : Escrimeur (épée et fleuret), dirigeant sportif
- Résidence principale : Milan, Italie
- Relations de couple : Camilla Mangiarotti (surnommée Mimì)
- Enfants : Carola Mangiarotti (née le 2 mai 1952 à Milan)
- Distinctions : Ordre olympique de bronze (1977), Membre d'honneur de la FIE (1984), Ordre olympique du CIO (2002), Branche de platine du CIO (2003)