John Snow est un médecin britannique né le 15 mars 1813 à York (Angleterre) et mort le 16 juin 1858 à Londres, connu pour avoir cartographié l'épidémie de choléra de Soho en 1854, jetant les bases de l'épidémiologie moderne, et pour avoir administré le chloroforme à la reine Victoria lors de deux accouchements.
Né à York dans une famille ouvrière de neuf enfants dont le père, William Snow, est journalier dans un entrepôt de charbon, John Snow entame à quatorze ans un apprentissage auprès du chirurgien-apothicaire William Hardcastle à Newcastle upon Tyne. Hardcastle est alors le médecin de la famille de l'ingénieur George Stephenson, ce qui place le jeune Snow dans un environnement professionnel exigeant. C'est durant cette formation qu'il affronte seul, d'octobre 1831 à février 1832, une épidémie de choléra à Killingworth, premier contact déterminant avec la maladie qui structurera toute sa carrière. Après des stages successifs auprès d'un apothicaire rural appelé Watson à Burnopfield et de Joseph Warburton à Pateley Bridge, Snow gagne Londres à pied en 1836, s'inscrit à la Hunterian School of Medicine et commence à travailler au Westminster Hospital. Admis comme membre du Royal College of Surgeons of England en mai 1838, il obtient son doctorat en médecine de l'université de Londres en décembre 1844, puis est diplômé du Royal College of Physicians en 1850. Il ouvre son cabinet de généraliste au 54 Frith Street, dans le quartier de Soho, où il soigne des patients pauvres.
En décembre 1846, la première anesthésie générale à l'éther réalisée à Londres par le dentiste James Robinson suscite immédiatement l'intérêt de Snow. En quelques mois, il invente un inhalateur amélioré, publie ses travaux dans la London Medical Gazette et s'impose comme le praticien de référence des plus grands chirurgiens de la capitale. En 1847, il publie On the Inhalation of the Vapour of Ether. La même année, il s'intéresse au chloroforme découvert par l'obstétricien écossais James Young Simpson et établit des protocoles de dosage après avoir enquêté sur plusieurs décès iatrogènes, dont celui d'Hannah Greener, une patiente de quinze ans morte d'un arrêt cardiaque lors d'une opération de l'ongle en janvier 1848. En 1853, il administre le chloroforme à la reine Victoria lors de la naissance du prince Léopold, réalisant ainsi le premier accouchement sous anesthésie, puis renouvelle l'acte en 1857 pour la naissance de la princesse Béatrice. Parallèlement, ses travaux sur la transmission hydrique du choléra se heurtent aux partisans de la théorie des miasmes, défendue notamment par William Farr, autorité de l'épidémiologie de l'époque. Snow publie en 1849 la première édition de On the Mode of Communication of Cholera, remaniée et augmentée en 1855 après son enquête fondatrice à Broad Street, où la cartographie statistique des décès sur le plan d'Edmund Cooper lui permet d'identifier la pompe à eau contaminée comme foyer de l'épidémie de 1854. En 1855, la Medical Society de Londres le nomme son président. Ses résultats ne sont pleinement reconnus qu'après sa mort, notamment grâce à William Farr lui-même, qui adopte les vues de Snow en 1868, et à Wade Hampton Frost, qui republie ses travaux dans les années 1930.
1813 : naissance le 15 mars à York, Angleterre, aîné de neuf enfants.
1827 : début de l'apprentissage auprès de William Hardcastle, chirurgien-apothicaire à Newcastle upon Tyne.
1830 : devient végétarien à dix-sept ans après la lecture de Return to Nature de John Frank Newton ; rejoint les ligues de tempérance.
1831-1832 : confrontation solitaire à une épidémie de choléra à Killingworth pendant son apprentissage.
1836 : arrive à Londres à pied ; s'inscrit à la Hunterian School of Medicine ; cofonde avec son frère Thomas la York Temperance Society.
1838 : admis comme membre du Royal College of Surgeons of England le 2 mai.
1844 : doctorat en médecine de l'université de Londres ; ouvre son cabinet au 54 Frith Street, Soho.
1847 : publie On the Inhalation of the Vapour of Ether ; s'intéresse au chloroforme de James Young Simpson.
1849 : première édition de On the Mode of Communication of Cholera.
1850 : diplômé du Royal College of Physicians ; membre fondateur de l'Epidemiological Society of London.
1853 : administre le chloroforme à la reine Victoria pour la naissance du prince Léopold.
1854 : cartographie l'épidémie de choléra de Broad Street à Soho ; fait condamner la pompe à eau contaminée.
1855 : publie la deuxième édition remaniée de On the Mode of Communication of Cholera ; élu président de la Medical Society de Londres.
1857 : administre à nouveau le chloroforme à la reine Victoria pour la naissance de la princesse Béatrice ; publie un article dans The Lancet sur le rachitisme lié à l'altération du pain.
1858 : mort par apoplexie le 16 juin à Londres, à l'âge de 45 ans. On Chloroform and Other Anaesthetics paraît à titre posthume sous la direction de Benjamin Ward Richardson.
John Snow est le fils aîné de William Snow, journalier dans un entrepôt de charbon à York, et de Frances Empson. Son père quitte ensuite cet emploi pour devenir fermier et propriétaire terrien. Snow étudie à York jusqu'à ses quatorze ans, puis effectue son apprentissage médical à Newcastle upon Tyne auprès de William Hardcastle. Il ne s'est jamais marié et n'a pas eu d'enfants. A dix-sept ans, la lecture de l'ouvrage de John Frank Newton, Return to Nature, le convainc de devenir végétarien et de renoncer à l'alcool. Il milite dans les ligues de tempérance et cofonde avec son frère Thomas la York Temperance Society en 1836. Après une dizaine d'années, sa santé se détériorant, il réintroduit la viande et le vin sur conseil médical, tout en continuant à faire bouillir l'eau qu'il consomme sa vie entière.
Sur le plan de l'engagement scientifique et civique, Snow participe à la fondation de l'Epidemiological Society of London en 1850, aux côtés de praticiens reconnus tels que Thomas Addison, Richard Bright, Benjamin Brodie et Charles Hastings. Il entretient une amitié étroite avec le médecin Benjamin Ward Richardson, qui rédige sa biographie posthume, The Life of John Snow M. D., jointe à l'édition de On Chloroform and Other Anaesthetics en 1858. La biographie de référence moderne, Cholera, Chloroform, and the Science of Medicine : A Life of John Snow, est publiée en 2003 par Peter Vinten-Johansen et ses co-auteurs Howard Brody, Nigel Paneth, Stephen Rachman et Michael Rip. Snow pratique la natation et l'exercice physique dans sa jeunesse. Ses nombreuses auto-expériences sur les gaz anesthésiants, conduites pendant environ neuf ans entre 1845 et 1855, sont suspectées par des chercheurs contemporains d'avoir contribué à ses lésions rénales et à sa mort prématurée.
John Snow meurt d'apoplexie (hémorragie cérébrale) le 16 juin 1858 à Londres, à l'âge de 45 ans. La nature exacte des causes sous-jacentes est débattue parmi les historiens de la médecine : une tuberculose pulmonaire contractée dans les années 1840, une probable carence nutritionnelle liée à son régime végétalien prolongé, et surtout les auto-expériences répétées sur des gaz anesthésiants (éther, chloroforme, disulfure de carbone, benzène, bromoform, entre autres) pendant environ neuf ans sont avancées comme facteurs aggravants. Il décède alors que son dernier ouvrage majeur est en cours d'impression. Aucune cérémonie publique officielle n'est documentée ; ses obsèques se tiennent dans un cadre privé. Benjamin Ward Richardson, son ami proche, lui rend hommage dans la biographie qu'il joint à l'édition posthume de On Chloroform and Other Anaesthetics.
John Snow est inhumé au cimetière Brompton de Londres. Une réplique de la pompe de Broad Street, inaugurée en 2017 à York, sa ville natale, et deux autres répliques installées à Soho (Londres) près de l'actuel pub John Snow, 39 Broadwick Street, lui rendent hommage. La John Snow Society, fondée en 1993, organise chaque année la Pumphandle Lecture en sa mémoire.
1 - A dix-sept ans, Snow devient végétarien et abstinent après la lecture d'un ouvrage de John Frank Newton. Il reviendra à la viande une dizaine d'années plus tard sur prescription médicale, mais boira de l'eau bouillie jusqu'à la fin de sa vie, convaincu de sa nécessité hygiénique.
2 - Pour établir les dosages sécuritaires de l'éther et du chloroforme, Snow s'expérimente lui-même pendant environ neuf ans (1845-1855) en inhalant tour à tour huit substances narcotiques différentes. Des chercheurs estiment aujourd'hui que ces auto-expériences ont causé les lésions rénales à l'origine de sa mort à 45 ans.
3 - Durant ses études à la Hunterian School of Medicine, Snow remarque que des étudiants tombent malades après avoir disséqué des cadavres conservés à l'arsenic. Il reproduit le phénomène en laboratoire, isole de l'arsenic métallique dans les gaz dégagés par les tissus, et convainc la direction de cesser la pratique, sauvant probablement plusieurs condisciples d'une intoxication grave.
4 - En 1854, lors de l'épidémie de Soho, Snow s'appuie sur la carte de Londres dressée par l'ingénieur Edmund Cooper pour superposer les adresses des victimes et identifier visuellement la pompe de Broad Street comme foyer unique. Le révérend Henry Whitehead, d'abord persuadé que Snow faisait fausse route, confirme malgré lui la thèse en retrouvant la source exacte de la contamination : l'eau d'une couche de nourrisson déversée à moins d'un mètre de la pompe.
5 - Bien que ses théories sur la transmission hydrique du choléra aient été critiquées par The Lancet jusqu'à sa mort, Snow publie en 1858 dans le Medical Times and Gazette un ultime article résumant ses convictions sur la propagation des maladies contagieuses. Il décède quelques semaines après la remise du manuscrit, sans avoir vu la reconnaissance de ses travaux.
- Métier(s) : médecin, épidémiologiste, anesthésiste
- Résidence principale : Londres (Soho, 54 Frith Street)
- Relations de couple : célibataire
- Enfants : aucun
- Distinctions : président de la Medical Society de Londres (1855) ; membre fondateur de l'Epidemiological Society of London (1850) ; membre du Royal College of Physicians (1850) ; membre du Royal College of Surgeons of England (1838)
« Il est recommandé que l'eau soit filtrée et bouillie avant d'être consommée. »
— On the Mode of Communication of Cholera", 1re édition, Londres, Churchill, 1849 (traduit de l'anglais)
« J'exprimai ma conviction que ce mode d'injection était dangereux, et on cessa de l'utiliser à l'école. »
— Cité dans la biographie de Benjamin Ward Richardson, "The Life of John Snow M. D.", jointe à l'édition posthume de "On Chloroform and Other Anaesthetics", Londres, Churchill, 1858 (traduit de l'anglais)
« La matière morbide du choléra, ayant la propriété de reproduire sa propre espèce, doit nécessairement posséder une sorte de structure, très vraisemblablement celle d'une cellule. »
— On the Mode of Communication of Cholera", 2e édition, Londres, Churchill, 1855 (traduit de l'anglais)