Avocate pénaliste devenue figure centrale de la majorité présidentielle, Yaël Braun-Pivet est la première femme présidente de l’Assemblée nationale française, où elle conjugue culture de l’État de droit, expérience de terrain et volonté affichée de moderniser le fonctionnement parlementaire.
Née le 7 décembre 1970 à Nancy, Yaël Braun-Pivet suit des études de droit à l’université Paris-Nanterre avant de devenir avocate pénaliste au barreau de Paris puis des Hauts-de-Seine. Elle travaille d’abord plusieurs années au sein du cabinet d’Hervé Temime, où elle plaide en matière de droit pénal général, puis fonde son propre cabinet à Neuilly-sur-Seine. En 2003, elle met sa carrière entre parenthèses pour accompagner l’expatriation professionnelle de son mari en Asie et au Portugal. Installée successivement à Taïwan, au Japon puis au Portugal avec leurs cinq enfants, elle complète sa formation par un master de droit des affaires et crée une petite entreprise de courts séjours en chambres d’hôtes, avant de revenir en France en 2012 et de s’orienter vers l’engagement associatif.
À partir de 2014, elle s’investit aux Restos du Cœur des Yvelines, dirige un centre d’accueil, en crée un autre à Sartrouville et pilote au niveau national le développement de l’accès au droit pour les plus démunis. Elle rejoint En marche en 2016, est élue en 2017 députée de la 5e circonscription des Yvelines puis, la même année, présidente de la commission des Lois, où elle porte notamment la loi pour la confiance dans la vie politique et travaille sur la surpopulation carcérale, la justice antiterroriste et le suivi de la crise sanitaire. Brève ministre des Outre-mer en 2022, elle quitte le gouvernement après les législatives pour être élue présidente de l’Assemblée nationale, fonction à laquelle elle est reconduite en 2024. Elle incarne depuis une présidence active, marquée par des réformes du fonctionnement parlementaire et une parole parfois autonome vis-à-vis de l’exécutif.
Présidente de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla en 2018, Yaël Braun-Pivet est accusée par l’opposition de protéger l’exécutif en clôturant rapidement les auditions, ce qui ancre durablement l’image d’une gestion contestée de ce dossier. En 2023, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique lui reproche d’avoir omis dans sa déclaration d’intérêts un portefeuille significatif d’actions, l’obligeant à rectifier sa situation. Son déplacement en Israël à l’automne 2023, sur fond de guerre avec le Hamas, et l’expression de « soutien inconditionnel » à Israël suscitent de vives critiques, y compris dans la majorité ; elle reconnaît en 2025 avoir eu tort d’employer ce terme. En 2025 encore, une polémique médiatique éclate autour de la demande faite à des CRS affectés à la protection de son domicile de nourrir ses animaux de basse-cour, relançant le débat sur l’usage des moyens publics par les responsables politiques.
1970 : Naissance à Nancy, en Meurthe-et-Moselle, dans une famille marquée par l’exil d’un grand-père juif polonais fuyant l’antisémitisme des années 1930.
2003 : Départ à l’étranger avec son mari et leurs enfants, pour plusieurs années d’expatriation à Taïwan, au Japon puis au Portugal.
2012 : Retour en France, obtention d’un master en droit des affaires et création d’une petite entreprise de séjours en chambres d’hôtes avant un tournant associatif.
2014 : Engagement aux Restos du Cœur des Yvelines, direction d’un centre d’accueil et lancement d’un nouveau site à Sartrouville pour les publics les plus précaires.
2016 : Adhésion à En marche et prise de responsabilités nationales sur l’accès à la justice au sein des Restos du Cœur.
2017 : Élection comme députée de la 5e circonscription des Yvelines, puis comme présidente de la commission des Lois de l’Assemblée nationale.
2018 : Prend la tête de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla, qui la place au cœur d’une crise politique majeure du quinquennat.
2020 : Porte, avec d’autres députés, une proposition de loi sur les mesures de sûreté visant les personnes condamnées pour terrorisme à leur sortie de prison.
2022 : Nommée ministre des Outre-mer au sein du gouvernement Borne, puis réélue députée et élue première femme présidente de l’Assemblée nationale.
2024 : Réélue députée après la dissolution de l’Assemblée et reconduite à la présidence du Palais-Bourbon à l’issue d’un scrutin interne serré.
2025 : Conduit des réformes internes, dont la suppression du vote par « assis et levé » pour favoriser l’accessibilité, et se positionne en faveur d’une évolution de la loi sur la fin de vie.
Née à Nancy, Yaël Braun-Pivet est la petite-fille d’un tailleur juif polonais réfugié en France avant la Seconde Guerre mondiale et décoré de la Résistance, héritage qui nourrit fortement son attachement à la République et à l’État de droit. Son père est cadre dans la publicité, sa mère sténodactylographe passée par la protection de l’enfance. Mariée à Vianney Pivet, cadre dirigeant chez L’Oréal, elle est mère de cinq enfants avec lesquels elle a vécu plusieurs années d’expatriation en Asie et au Portugal, expérience familiale qu’elle décrit comme structurante dans son rapport à l’altérité et aux mobilités contemporaines.
Revenue en France, elle ancre d’abord son engagement dans le tissu associatif, notamment aux Restos du Cœur, où elle organise l’accès au droit pour les publics les plus fragiles et défend une approche concrète de la solidarité. Victime à plusieurs reprises de menaces antisémites et sexistes, elle porte publiquement le combat contre la haine en ligne et participe à la sensibilisation sur l’antisémitisme contemporain. En 2025, elle révèle avoir été traitée pour un cancer du sein détecté lors d’un contrôle de routine et invite les femmes au dépistage régulier, articulant ainsi expérience personnelle et message de santé publique. Ses engagements publics mettent en avant la défense des institutions démocratiques, l’égalité devant la justice et la protection des plus vulnérables.
Nancy demeure le point d’ancrage originel de Yaël Braun-Pivet, souvent évoqué comme la ville où s’enracinent son histoire familiale et son rapport à la République. Son parcours politique se construit cependant dans les Yvelines, autour de la 5e circonscription et de communes comme Le Vésinet ou Sartrouville, où elle a longtemps vécu et milité. À Paris, son activité se concentre entre le Palais-Bourbon et l’Hôtel de Lassay, résidence officielle de la présidente de l’Assemblée nationale, lieux où se déploient ses responsabilités institutionnelles et diplomatiques au quotidien.
1 - Marquée par la trajectoire de son grand-père, tailleur juif polonais installé à Nancy pour fuir l’antisémitisme puis décoré de la Résistance, elle explique régulièrement que son engagement politique s’enracine dans la mémoire de la persécution et dans la gratitude envers les institutions républicaines françaises.
2 - Avant d’entrer à l’Assemblée nationale, elle a multiplié les expériences d’expatriation, siégeant au conseil de gestion d’une école française à Taïwan et s’impliquant dans la vie associative locale, ce qui nourrit ensuite sa sensibilité aux enjeux des Français de l’étranger et aux mobilités internationales.
3 - À la tête de la commission des Lois, elle fait des conditions de détention un axe de travail majeur, se rendant dans des prisons dites « ouvertes », en Corse et au Danemark, pour promouvoir des centres de réinsertion pénitentiaire à sécurité allégée, centrés sur la préparation à la sortie plutôt que sur la seule logique carcérale.
4 - Première femme élue au perchoir, elle traverse la dissolution de 2024 en affirmant publiquement ses réserves sur ce choix, tout en menant une campagne de terrain très locale dans les Yvelines ; sa réélection comme députée puis comme présidente confirme alors son poids politique propre au-delà du seul soutien de l’exécutif.
- Métier(s) : Avocate, femme politique, présidente de l’Assemblée nationale
- Résidence principale : Paris (Hôtel de Lassay, VIIe arrondissement)
- Relations : Mariée à Vianney Pivet
- Enfants : 5 enfants
- Distinctions : Première femme présidente de l’Assemblée nationale française