Aurélie Filippetti, née le 17 juin 1973 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle), est une femme politique et romancière française, petite-fille d'immigrés italiens antifascistes. Ancienne ministre de la Culture et de la Communication (2012-2014) sous François Hollande, elle dirige depuis 2022 les affaires culturelles de la Ville de Paris.
Après des classes préparatoires littéraires au lycée Georges-de-La-Tour à Metz, Aurélie Filippetti intègre en 1993 l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud. Elle y obtient un DEA de lettres modernes portant sur le jansénisme, puis passe l'agrégation de lettres classiques en 1995. Elle enseigne brièvement comme professeur de lettres dans l'académie de Versailles, notamment au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, avant de s'engager en politique. En 1999, elle adhère aux Verts et intègre le cabinet d'Yves Cochet, ministre de l'Environnement, de 2001 à 2002. Élue conseillère d'arrondissement dans le 5e arrondissement de Paris en 2001, elle prend ses distances avec les Verts en 2003 lors des débats sur la guerre en Irak, puis quitte définitivement le parti en 2006. Parallèlement, elle publie ses deux premiers romans chez Stock : Les Derniers Jours de la classe ouvrière en 2003, tiré de la mémoire ouvrière de sa famille lorraine, puis Un homme dans la poche en 2006.
En 2007, après avoir rejoint l'équipe de campagne de Ségolène Royal comme conseillère, Aurélie Filippetti est élue députée de la 8e circonscription de la Moselle sous l'étiquette socialiste, avec 50,96 % des voix. Elle est réélue en juin 2012 dans la 1re circonscription de la Moselle avec 59,04 % des voix. Le 16 mai 2012, François Hollande la nomme ministre de la Culture et de la Communication dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Elle y défend la protection des sources journalistiques (loi du 15 novembre 2013 relative à l'indépendance de l'audiovisuel public), promeut la féminisation des nominations culturelles et tente une réforme de la loi Hadopi, finalement abandonnée. Face aux coupes budgétaires (moins 2,8 % en 2014) et aux grèves des intermittents du spectacle lors des festivals d'été, elle refuse de participer au second gouvernement de Manuel Valls en août 2014. Elle est réélue députée de la Moselle de 2014 à 2017, puis se consacre à l'enseignement à Sciences Po Paris et Nancy à partir de septembre 2017, ainsi qu'à la présidence du Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier (Cinémed) de 2016 à 2020. En novembre 2022, Anne Hidalgo, maire de Paris, la nomme directrice des affaires culturelles de la Ville de Paris, à la tête d'une direction de près de 2 800 agents.
En février 2009, Aurélie Filippetti dépose plainte au commissariat de Paris contre Thomas Piketty, son compagnon de l'époque, pour des faits de violences conjugales ayant entraîné une incapacité totale de travail de moins de huit jours. L'économiste reçoit un rappel à la loi et rédige une lettre reconnaissant les faits et présentant ses excuses. La plainte est classée sans suite à la demande d'Aurélie Filippetti. En 2019, lors d'une conférence à l'IEP de Toulouse, Thomas Piketty accuse publiquement son ex-compagne d'avoir exercé des violences sur ses propres filles. Aurélie Filippetti porte plainte en diffamation. Le 25 mai 2022, la cour d'appel de Paris condamne Thomas Piketty pour diffamation et le contraint à verser un euro symbolique ainsi que 3 500 euros de frais de justice. Le 13 septembre 2023, la Cour de cassation rejette le pourvoi de l'économiste et confirme définitivement la condamnation pour "diffamation publique", avec un montant de 3 000 euros dus à Aurélie Filippetti.
1973 : naissance le 17 juin à Villerupt (Meurthe-et-Moselle)
1993 : admission à l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud
1995 : obtention de l'agrégation de lettres classiques
1999 : adhésion aux Verts ; intègre le cabinet d'Yves Cochet
2001 : élection comme conseillère d'arrondissement dans le 5e arrondissement de Paris
2003 : publication de Les Derniers Jours de la classe ouvrière (Stock)
2006 : publication d'Un homme dans la poche (Stock)
2007 : élection comme députée de la 8e circonscription de la Moselle
2009 : dépôt de plainte pour violences conjugales contre Thomas Piketty
2012 : réélection à la députation (1re circonscription Moselle) ; nomination comme ministre de la Culture et de la Communication le 16 mai
2013 : adoption de la loi du 15 novembre sur l'indépendance de l'audiovisuel public
2014 : refus de participer au second gouvernement Valls ; réélection comme députée
2016 : prise de présidence du Festival Cinémed de Montpellier
2017 : prise de fonction comme professeure à Sciences Po Paris et Nancy
2018 : publication de Les Idéaux (Fayard)
2022 : nomination comme directrice des affaires culturelles de la Ville de Paris en novembre ; condamnation de Thomas Piketty en diffamation le 25 mai
2023 : condamnation définitive de Thomas Piketty par la Cour de cassation le 13 septembre
2025 : adhésion au parti Place publique de Raphaël Glucksmann en septembre
Aurélie Filippetti est la fille d'Angelo (dit "Angel") Filippetti (1938-1992), mineur de fond et maire communiste d'Audun-le-Tiche de 1983 à 1992, et d'Odette Filippetti (née Rovere), intendante de collège. Ses grands-parents paternels étaient des immigrés italiens antifascistes venus en Lorraine dans les années 1920. Son grand-père paternel, résistant, a été arrêté par la Gestapo en février 1944 et déporté avec deux de ses frères au camp de Bergen-Belsen, où il est mort pour la France à la fin d'avril 1945. Aurélie Filippetti a eu une relation avec Thomas Piketty, puis avec Frédéric de Saint-Sernin de 2012 à 2014, et ensuite avec Arnaud Montebourg de septembre 2014 au début de 2017. Elle a deux filles : Clara, née d'une précédente relation, et Jeanne, née en septembre 2015 de sa relation avec Arnaud Montebourg.
Sur le plan des engagements, Aurélie Filippetti a été présidente du conseil d'administration du Festival international de cinéma de Marseille (FID Marseille) de 2005 à mai 2012. Elle s'engage publiquement sur les questions de violences faites aux femmes, notamment à l'occasion du 5e anniversaire du mouvement #MeToo en octobre 2022, et contribue ainsi au débat féministe dans les milieux politiques. Passionnée de lettres classiques depuis sa formation, elle poursuit en parallèle une activité littéraire et académique, enseignant à Sciences Po et publiant essais et romans qui s'ancrent dans son histoire familiale et ses convictions politiques.
1 - Son grand-père paternel, résistant dans les mines de fer de Lorraine, a été dénoncé à la Gestapo et déporté avec deux de ses frères à Bergen-Belsen en 1944. Il est mort pour la France à la fin d'avril 1945, après la libération du camp. Aurélie Filippetti a raconté ce destin dans son premier roman.
2 - Avant de s'engager en politique, elle a enseigné le français comme titulaire sur zone de remplacement dans l'académie de Versailles, un statut précaire qui consistait à remplacer des professeurs absents dans plusieurs établissements, dont le lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine.
3 - Son DEA de lettres modernes portait sur le jansénisme, courant théologique austère du XVIIe siècle, choix académique en décalage apparent avec son engagement politique ultérieur en faveur de la culture populaire et de la mémoire ouvrière.
4 - Lors de l'affaire des violences conjugales avec Thomas Piketty (2009), la plainte a été classée sans suite à sa demande, après que l'économiste a rédigé une lettre de reconnaissance des faits et d'excuses. C'est seulement dix ans plus tard, lorsqu'il l'a publiquement accusée de violences sur ses enfants, qu'elle a engagé une procédure judiciaire pour diffamation, qu'elle a finalement remportée en cassation.
5 - Nommée directrice des affaires culturelles de la Ville de Paris en novembre 2022, elle prend la tête d'une des plus importantes directions culturelles municipales d'Europe, qui exerce notamment la tutelle des musées et conservatoires de la capitale, ainsi que celle du Théâtre du Châtelet, avec près de 2 800 agents sous sa responsabilité.
6 - Son roman Les Idéaux, publié en 2018, met en scène un couple de politiciens de bords opposés et puise dans sa propre expérience de la vie politique : les lecteurs y reconnaissent, à demi-voilée, la relation qu'elle avait entretenue avec Frédéric de Saint-Sernin, secrétaire d'État sous Jacques Raffarin.
- Métier(s) : femme politique, romancière, professeure agrégée de lettres classiques, directrice des affaires culturelles
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Thomas Piketty (jusqu'en 2009), Frédéric de Saint-Sernin (2012-2014), Arnaud Montebourg (2014-2017)
- Enfants : deux filles (Clara et Jeanne)
- Distinctions : Commandeure de l'ordre des Arts et des Lettres
« Je suis une femme, qui comme l'immense majorité, a été confrontée depuis l'âge de 19 ans à une série de violences sexistes et sexuelles. »
— Interview Le Journal du Dimanche, 9 octobre 2022
« Dans ma famille, la culture a toujours été considérée comme un moyen d'émancipation bien plus que d'ascension sociale. Dans la vie, il faut être libre, et l'on devient libre grâce à la culture. »
— Interview Arte, 2 avril 2012
« Au même titre que l'ensemble de la presse, l'audiovisuel public fait partie des piliers de la démocratie, et ce n'est pas un hasard si, partout où la démocratie est menacée, l'audiovisuel public est lui aussi attaqué. »
— Audition devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, Assemblée nationale, 4 février 2026