Alain Gillot-Pétré, de son nom complet Alain Charles Jean-Roger Pétré, est un journaliste français né le 16 juin 1950 à Versailles et décédé le 31 décembre 1999 à Issy-les-Moulineaux, célèbre pour avoir présenté la météo sur Antenne 2 puis TF1 pendant dix-huit ans avec un style humoristique qui a transformé le genre.
Après des études d'histoire et de géographie, Alain Gillot-Pétré entre à l'Office de radiodiffusion-télévision française en 1972 comme journaliste, d'abord affecté à la rédaction de politique étrangère pour les émissions 24 heures sur la 2 puis 24 heures sur la 1. De 1975 à 1977, il exerce en parallèle une activité de critique littéraire à France Inter, élargissant son registre au-delà du reportage télévisé. Le 4 février 1981, il prend en charge le bulletin météorologique d'Antenne 2 aux côtés du présentateur Bernard Rapp. Il y introduit une narration inédite, émaillée d'anecdotes et de traits d'humour, en rupture avec le commentaire monocorde alors en usage. Il intègre également les nouvelles techniques d'imagerie électronique, dont la photo satellitaire. Parallèlement, il tient la chronique météo du quotidien Libération de 1982 à 1986. Il fête son 2 000e bulletin le 17 décembre 1984 sur Antenne 2 et présente son 2 623e et dernier bulletin sur la chaîne le 7 février 1986 en compagnie de Claude Sérillon.
En début d'année 1986, Alain Gillot-Pétré rejoint la nouvelle chaîne privée La Cinq pour animer le jeu C'est beau la vie, diffusé du 21 février au 27 juin 1986. L'émission, adaptée d'un format italien voisin d'Une famille en or, n'obtient pas l'audience attendue et il est licencié au bout de quatre mois. En décembre 1987, il retrouve le petit écran sur TF1, devenue privée, pour y reprendre la présentation de la météo. Il y présente plus de 9 000 bulletins jusqu'à la fin de sa carrière. Le 1er juin 1998, alors qu'il anime son 8 986e bulletin en direct devant plus de cinq millions de téléspectateurs, il est victime d'un malaise. Après quatre mois d'arrêt, il revient irrégulièrement à l'antenne. Les téléspectateurs lui décernent à cinq reprises le trophée du meilleur présentateur météo. En dehors de la télévision, il publie douze ouvrages, dont Les charlatans du ciel (Michel Lafon, 1994), pamphlet contre les prévisionnistes à long terme sans base scientifique, et Du vent dans la tête (Belfond, 1989). Etienne Mougeotte, alors directeur général de TF1, lui avait promis de présenter le dernier bulletin de l'année 1999 et le premier de l'an 2000.
1950 : naissance le 16 juin à Versailles sous le nom d'Alain Charles Jean-Roger Pétré
1963 : part vivre en Guadeloupe à l'âge de 13 ans, où il réside cinq ans
1972 : entre à l'ORTF comme journaliste de politique étrangère
1975 : devient critique littéraire à France Inter, poste occupé jusqu'en 1977
1980 : publie Voir les Antilles (Hachette), son premier ouvrage
1981 : prend en charge le bulletin météo d'Antenne 2 le 4 février
1982 : débute la chronique météo dans le quotidien Libération
1984 : fête son 2 000e bulletin météo sur Antenne 2 le 17 décembre aux côtés de Bernard Rapp
1986 : anime le jeu C'est beau la vie sur La Cinq (février-juin) puis est licencié ; en décembre 1987 retrouve TF1 pour la météo
1989 : publie Du vent dans la tête (Belfond) et Hugo tel quel (Prime)
1994 : publie Les charlatans du ciel (Michel Lafon)
1998 : malaise en direct le 1er juin lors de son 8 986e bulletin ; retour partiel à l'antenne quatre mois plus tard
1999 : commente en voix off l'éclipse solaire du 11 août en direct sur TF1 depuis Reims ; présente son dernier bulletin le 17 août
1999 : décède le 31 décembre à Issy-les-Moulineaux à l'âge de 49 ans
Alain Gillot-Pétré grandit à Versailles avant de rejoindre la Guadeloupe à 13 ans avec sa famille, y résidant cinq ans. Cette période antillaise est à l'origine de sa fascination pour les cyclones, qu'il a poursuivie toute sa vie. Son père est absent de sa vie très tôt, ce qui, selon son épouse Marie-Claude Gillot-Pétré, l'a conduit à accorder une importance particulière à sa présence auprès de ses enfants. Il épouse Marie-Claude, avec qui il a trois enfants : Alexandra, Maximilien et Frédérica. La famille réside à Orgeval, dans les Yvelines. Journaliste de formation universitaire en histoire et géographie, Gillot-Pétré conserve de ses études une rigueur scientifique qu'il applique à la vulgarisation météorologique.
Sa passion documentée pour les phénomènes météorologiques extrêmes le conduit à cofonder l'ADO (Amicale des Ouragans), un groupe de neuf amateurs de cyclones dont chaque membre porte le nom d'un ouragan : le sien est "Hugo", en référence à l'ouragan de 1989 qui frappa notamment la Guadeloupe. Il se rend régulièrement aux Antilles en saison des pluies pour observer les phénomènes, et monte même à bord d'un avion militaire américain pour atteindre l'oeil d'un cyclone. Il s'attache également à un arbre à l'aide d'une chaine pour filmer des vents violents, anecdote rapportée par son épouse. Son voeu ultime, exprimé dans son testament, est que ses cendres soient dispersées dans un cyclone de force 5 au-dessus de la Guadeloupe.
Alain Gillot-Pétré décède le 31 décembre 1999 à Issy-les-Moulineaux des suites d'un cancer dont le type précis n'a pas été rendu public par sa famille. La maladie, diagnostiquée plusieurs années avant son décès, était tenue secrète : ce n'est qu'à l'annonce de sa mort que le grand public en apprend l'existence. Le 31 décembre 1999 à 13 h 45, sa collègue Catherine Laborde annonce son décès en direct sur TF1 lors de la présentation du bulletin météo qu'il devait présenter lui-même, déclarant qu'il "souhaitait tellement être là pour présenter cette émission du 31". La journaliste Isabelle Roberts signe dans Libération l'article nécrologique intitulé "Alain Gillot-Pétré, le pitre des nuages", notant que son décès éclipse le passage à l'an 2000 en ouverture des journaux de TF1 ce soir-là. PPDA et Evelyne Dhéliat figurent parmi les journalistes de la chaîne ayant rendu hommage. Il est incinéré.
Alain Gillot-Pétré est incinéré. Son testament exprime le souhait que ses cendres soient dispersées dans un cyclone de force 5 au-dessus de la Guadeloupe. Son épouse Marie-Claude confirme, plusieurs années après sa disparition, que ce voeu n'a pas encore pu être exaucé, aucun cyclone de cette intensité n'ayant frappé l'île depuis 1999. L'urne est conservée chez un ami en Guadeloupe.
1 - Alain Gillot-Pétré n'a jamais accepté de révéler publiquement l'origine précise de sa passion pour la météorologie, refus constant qu'il a maintenu tout au long de sa carrière malgré les questions des journalistes.
2 - Lors de son retour partiel à l'antenne en juillet 1998, après son malaise, il apparait sur le plateau de Catherine Laborde le crâne rasé en raison de son traitement, portant chapeau et cotillons pour masquer sa situation sous l'humour.
3 - Son livre Les charlatans du ciel (1994) est un pamphlet scientifique contre les astrologues et prévisionnistes météo à long terme : il y affirme que "voir plus loin que cinq jours" en météorologie relève de la supercherie.
4 - Au sein de l'ADO, le groupe de passionnés de cyclones qu'il anime, chaque membre porte le nom d'un ouragan célèbre. Lui-même choisit "Hugo" en référence à l'ouragan de 1989, l'un des plus destructeurs jamais enregistrés aux Antilles.
5 - Il publie en 1995 un ouvrage intitulé On achève bien les cheveux (Michel Lafon), consacré à la calvitie, phénomène qu'il vit personnellement à la fin de sa vie.
- Métier(s) : journaliste, présentateur météo, auteur
- Résidence principale : Orgeval (Yvelines)
- Relations de couple : Marie-Claude Gillot-Pétré (épouse)
- Enfants : Alexandra, Maximilien, Frédérica
- Distinctions : trophée du meilleur présentateur météo décerné par les téléspectateurs (cinq fois)
« Les rumeurs, je m'assois dessus ! »
— CitationsDe.com (attribuée à Alain Gillot-Pétré, source et contexte non précisés -- Niveau B)
« Dans ce livre je démontre que ces olibrius sont des menteurs, des ignorants et des escrocs intellectuels. Je défends les honnêtes gens qui leur font confiance par manque d'information, mais je les mets en garde : à les emmener ainsi sur les vaisseaux de l'imagination, on les mène en bateau. »
— 4e de couverture, Les charlatans du ciel, Michel Lafon, 1994