Avocat et homme d'État français, Alexandre Ledru-Rollin (1807-1874) joua un rôle déterminant dans l'instauration du suffrage universel masculin en France lors de la Révolution de 1848, en tant que ministre de l'Intérieur du Gouvernement provisoire.
Issu d'une lignée bourgeoise, Alexandre Ledru-Rollin s'inscrit au barreau de Paris en 1830. Il forge sa réputation en défendant des journalistes républicains et des insurgés politiques sous la Monarchie de Juillet. Élu député de la Sarthe en 1841, il prend la tête de l'extrême gauche parlementaire. En 1843, il participe à la création du journal La Réforme, organe d'idées démocratiques et sociales. Son implication dans la Campagne des Banquets contribue à la Révolution de février 1848 et à l'abdication de Louis-Philippe.
Désigné ministre de l'Intérieur au sein du Gouvernement provisoire de 1848, il signe le décret instaurant le suffrage universel masculin le 5 mars 1848. Membre de la Commission exécutive, il peine à s'imposer face aux forces conservatrices. Son échec à l'élection présidentielle de décembre 1848, remportée par Louis-Napoléon Bonaparte, marque le début de son déclin. En juin 1849, après avoir tenté d'organiser une insurrection contre l'expédition de Rome, il s'exile au Royaume-Uni pour échapper à une condamnation pour complot. Il ne rentre en France qu'en 1870, après la chute du Second Empire, et termine sa carrière comme député du Vaucluse.
La carrière d'Alexandre Ledru-Rollin est entachée par sa gestion des Journées de Juin 1848. En tant que membre de la Commission exécutive, il est tenu pour coresponsable de la répression des ouvriers parisiens insurgés contre la fermeture des Ateliers nationaux. Son incapacité à empêcher le massacre de travailleurs par l'armée rompit durablement le lien entre républicains radicaux et mouvement ouvrier. En juin 1849, sa tentative de soulèvement au Conservatoire des Arts et Métiers est qualifiée de tentative de coup d'État, ce qui entraîne sa condamnation par contumace par la Haute Cour de justice de Versailles.
1830 : Inscription au barreau de Paris.
1841 : Élection comme député de la Sarthe.
1843 : Fondation du journal La Réforme.
1848 : Nommé ministre de l'Intérieur le 24 février.
1848 : Promulgation du suffrage universel masculin le 5 mars.
1848 : Répression des Journées de Juin.
1848 : Candidat à l'élection présidentielle du 10 décembre.
1849 : Échec de la manifestation du 13 juin et fuite vers Londres.
1870 : Retour d'exil suite à la proclamation de la Troisième République.
1871 : Élection comme député à l'Assemblée nationale.
1874 : Décès à Fontenay-aux-Roses.
Alexandre Ledru-Rollin adjoint le patronyme maternel Rollin par héritage familial. Fils d'un médecin aisé, Jacques-Auguste Ledru, il bénéficie d'une éducation intellectuelle solide à Paris. En 1843, il s'unit à Harriet Sharp, une Anglaise rencontrée lors d'un séjour outre-Manche, union qui facilita son exil londonien. En exil, il fonde le Comité central démocratique européen et tisse des liens avec Giuseppe Mazzini, soutenant les causes nationalistes en Pologne et en Italie. Ses amitiés intellectuelles incluent Victor Hugo et George Sand.
Décédé à 67 ans dans sa résidence de Fontenay-aux-Roses, Alexandre Ledru-Rollin est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Ses obsèques donnent lieu à un rassemblement de militants républicains. Sa sépulture, ornée d'un buste en bronze, est financée par une souscription publique nationale.
Sa sépulture se situe dans la 4e division du cimetière du Père-Lachaise à Paris. La ville de Fontenay-aux-Roses conserve la mémoire de sa dernière demeure. Son nom est attaché à une avenue et une station de métro parisiennes.
1 - Durant les tumultes de 1848, il aurait justifié son suivisme par la formule : « Je suis leur chef, il faut bien que je les suive ! »
2 - Son grand-père maternel était le physicien Nicolas-Philippe Ledru, dont la fortune héritée finança ses publications radicales sous la Monarchie de Juillet.
3 - Pour échapper à son arrestation après l'échec de juin 1849, Ledru-Rollin s'enfuit par une fenêtre du Conservatoire des Arts et Métiers, puis traversa Paris caché dans la charrette d'un blanchisseur.
4 - Bien qu'il eût instauré le suffrage universel masculin, il s'opposa au droit de vote des femmes, craignant l'influence du clergé sur l'électorat féminin.
- Métier(s) : Avocat, ministre, député
- Résidence principale : Paris (France)
- Relations de couple : Harriet Sharp (épousée en 1843)
- Enfants : Sans postérité
- Distinctions : Père du suffrage universel masculin en France
Il faut bien que je les suive, puisque je suis leur chef.
Il faut bien que je les suive, puisque je suis leur chef.