Résumé biographique
Photographe et réalisatrice française née en 1991, Alice Moitié s’est imposée dans la mode, la musique et l’image contemporaine par un univers pop et ironique, mêlant couleurs saturées, humour décalé et portraits de la jeunesse connectée, entre commandes commerciales et projets d’auteur.
Parcours
Née en 1991 et de nationalité française, Alice Moitié grandit en région parisienne, où elle se passionne d’abord pour l’illustration et la bande dessinée avant de se tourner vers la photographie. À l’adolescence, elle commence à documenter son entourage en partageant ses images en ligne comme un journal visuel, sans ambition artistique affichée mais avec un sens déjà affirmé de la mise en scène. Un parrain lui offre son premier appareil argentique, l’obligeant à penser chaque image et à composer avec la contrainte de la pellicule. Après le baccalauréat, elle tente une classe préparatoire d’arts appliqués puis intègre la section photo de l’école des Gobelins, qu’elle quitte rapidement. Elle rejoint ensuite la société de production Iconoclast, où elle commence à développer un langage d’autrice entre photographie de mode, campagnes publicitaires et premières expérimentations filmées.
Dès le milieu des années 2010, Alice Moitié s’impose comme l’une des figures montantes de la photographie pop française. Elle signe en 2014 la pochette de l’album Shake Shook Shaken du duo The Dø, puis en 2017 une campagne majeure pour Mercedes-Benz, « Grow up. Get a job. Drive », qui marque son entrée dans la publicité internationale. Parallèlement, elle collabore avec le producteur Myd sur des clips et visuels, avant de travailler pour des marques comme Louis Vuitton, Givenchy, Nike, Adidas ou Converse. Son univers, nourri par la culture Internet, se caractérise par des couleurs très vives, une direction artistique volontairement kitsch et un goût pour les situations incongrues. En 2021, elle réalise l’épisode Jusqu’à Saint-Molars de la série 6 x confinés pour Canal+ et la couverture de l’album Civilisation d’Orelsan, confirmant une position singulière à la croisée de la mode, de la musique et de la fiction.
Repères chronologiques
2013 : premiers portraits repérés dans la presse et en ligne, profilée comme jeune photographe lifestyle
2014 : réalise la pochette de l’album Shake Shook Shaken du groupe The Dø
2015 : mise en avant comme « nouveau talent photographique » par la presse mode et culture
2017 : signe une campagne internationale Mercedes-Benz et la direction artistique d’un EP de Myd
2018 : réalise le clip Muchas pour Myd feat. Cola Boyy, diffusé dans des festivals de court métrage
2019 : photographie Miley Cyrus pour une campagne Converse autour de la sneaker et de la pop culture
2021 : tourne l’épisode Jusqu’à Saint-Molars de la série 6 x confinés et crée la couverture de Civilisation d’Orelsan
2022 : conçoit un calendrier en format NFT avec différentes personnalités, autour d’un jeu sur les codes de la masculinité
2023 : siège au grand jury du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême et joue dans Canis Familiaris puis Un stupéfiant Noël !
2024 : jurée de la compétition court métrage au festival international du film fantastique de Gérardmer
2025 : décrite comme « slasheuse à temps plein », elle multiplie campagnes, clips et projets personnels, dont le talk-show en ligne Alice Underground
Vie personnelle et engagements
Née en 1991 et élevée à Paris une partie de son enfance, Alice Moitié construit très tôt un rapport intime à l’image comme archive de sa vie quotidienne. Elle évoque volontiers son cheminement entre dessin, bande dessinée et photographie, qu’elle aborde d’abord comme un jeu avant d’en faire un métier. Son parcours d’études, ponctué d’un passage bref par une école d’art et par la section photo des Gobelins, témoigne d’un refus des cadres trop académiques et d’une préférence pour l’apprentissage par la pratique. Elle reste en revanche extrêmement discrète sur sa famille, ses relations affectives et toute dimension privée qui ne serait pas directement liée à son travail d’artiste.
Sur le plan public, Alice Moitié s’exprime davantage sur ses positions esthétiques et sur la manière dont elle représente les corps, les genres et les identités. À travers ses séries, ses clips et des projets comme un calendrier réalisé avec le média LGBT+ Têtu, elle joue avec les stéréotypes de la virilité et détourne les codes de la mode pour proposer des images plus fluides et ludiques. Ses interviews reviennent régulièrement sur sa place de femme dans la photographie de mode, sur les rapports de pouvoir sur les plateaux et sur la nécessité de créer des environnements de travail sécurisants pour les modèles. Très active en ligne, elle partage coulisses, lectures et influences sans exposer pour autant son cercle intime, maintenant une frontière claire entre persona professionnelle et vie personnelle.
Lieux de référence
Basée à Paris, Alice Moitié travaille principalement dans les quartiers créatifs de la capitale, entre studios photo, appartements transformés en décors et rues choisies pour leur potentiel visuel. Elle se déplace régulièrement pour des commandes ou des festivals, que ce soit dans d’autres grandes villes européennes ou aux États-Unis, tout en restant profondément ancrée dans la scène culturelle parisienne. Son talk-show en ligne et de nombreux projets personnels sont conçus depuis son domicile-studio, qui lui sert à la fois de lieu de vie, de laboratoire d’images et de point de ralliement pour ses collaborateurs.
Anecdotes
1 - Au début de sa carrière, Alice Moitié utilise la photographie surtout pour archiver des moments entre amis sur les réseaux sociaux, avant que ces images spontanées ne soient repérées par des labels, des magazines et des marques à la recherche d’un regard pop et générationnel.
2 - Elle aime dire qu’elle a besoin de contraintes pour être créative : le choix de l’argentique, les briefs très précis des marques ou les formats courts des clips deviennent pour elle des moteurs, au point qu’elle produit très peu d’images « pour elle » sans cadre imposé.
3 - Cinéphile déclarée, elle revendique un goût assumé pour les univers décalés et fantastiques, jusqu’à confier avoir un « kink » pour le monde des elfes dans Le Seigneur des Anneaux, qu’elle cite parmi les imaginaires qui nourrissent son sens de la mise en scène.
4 - En plus de ses activités de photographe et de réalisatrice, elle anime le talk-show en ligne Alice Underground, où elle reçoit artistes, amis et personnalités de la scène alternative dans un format volontairement décontracté, mêlant conversations, jeux et expérimentations visuelles.
Points clés
- Métier(s) : photographe, réalisatrice, directrice artistique
- Résidence principale : Paris, France
- Relations : non communiquées
- Enfants : non communiqués
- Distinctions : membre du grand jury du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2023 ; jurée court métrage au Festival international du film fantastique de Gérardmer 2024






